Le 4 août, puis le 12 octobre 1946. Il y a 80 ans cette année, deux trains sanitaires arrivaient en gare de Commercy, sous-préfecture de la Meuse, avec à leur bord 66 jeunes enfants, rapatriés d’Allemagne. Le département avait été le premier à répondre pour les accueillir dans la perspective de les faire adopter. En Meuse, on leur donnera une autre identité et on modifiera leur date et leur lieu de naissance.
Parmi ces 66 enfants, on sait qu’une quinzaine était issue d’un Lebensborn, terme désignant des maternités créées dans les années 30 par les Nazis, promues par Himmler, le chef des SS, dans le cadre d’un programme terrifiant de sélection des nourrissons selon des critères morphologiques et raciaux afin de créer une race aryenne « pure ». Ils avaient été découverts à Steinhöring, en Bavière, maison mère des Lebensborn, où avant la débâcle allemande de 1945, on avait rassemblé tous ceux qui avaient été pris en charge dans d’autres Lebensborn ouverts aux quatre coins de l’Europe.