Des copies du livret de famille, de l’acte de naissance ou du jugement d’homologation de la garde alternée : en tant que mère célibataire n’ayant pas le même nom que ses deux enfants, Mathilde, 40 ans et habitante de Colmar (Haut-Rhin), est régulièrement sommée de présenter moult justificatifs lorsqu’elle les emmène chez le médecin, les inscrit dans un club de sport, à l’école ou à la cantine, ou leur fait passer des frontières. « C’est fou d’être sans cesse obligée de prouver quelque chose d’aussi naturel et magnifique que le lien qui fait que je suis la mère de mes enfants ! », déplore-t-elle. Car à leur naissance, ses enfants - aujourd’hui neuf et 11 ans - ont reçu le nom de leur père, comme encore 78 % des bébés nés aujourd’hui, d’après l’Insee. Et ce malgré les réserves de Mathilde : « Ça m’ennuyait un peu, mais nos deux noms alsaciens étaient compliqués à prononcer. Donc accolés, ils devenaient indigestes. »