Passionnée, poète, dessinatrice, artiste et "âme errante", comme elle se décrivit lors de leur rencontre, Nadja (1902-1941) se donnait tout entière à son amour, André Breton (1896-1966). Une fulgurance, une errance amoureuse de quelques jours, du 4 au 13 octobre 1926, dans les rues de Paris, une page qu'elle ne parvient pas à tourner comme en témoignent ses lettres, fougueuses, amères, désespérées. "Que te dire, André, la vie est insupportable sans tes yeux. Tu ne veux pas me revoir…"lira-t-on entre autres missives qui disent l'amour sans réserve d'une femme pour un homme, qui lui dit être à lui comme jamais, qui veut vivre pour lui. "Je te sens… Tu vis en moi mais ne m'accapare pas. Tu sais bien que ta griffe laisse des traces, comme ta pensée qui me plonge dans les ténèbres."