14 juillet 2015 : la sonde New Horizons avait vu un détail sur Plut...
Comme Futura l'avait rappelé dans un précédent article récent (voir ci-après), lorsque le 14 juillet 2015 la sonde New Horizons de la Nasa a survolé Pluton à une distance d'environ 12 500 kilomètres, plusieurs des membres de la génération X, c'est-à-dire ceux nés en gros entre 1960 et 1980, ont dû penser à La Guerre éternelle (titre original en anglais : The Forever War), le célèbre roman de science-fiction de l'écrivain états-unien Joe Haldeman, paru en 1974.
L’image qui a stupéfié le monde : 14 juillet 2015, Pluton a cessé d’être un simple point lumineux
Futura fête ses 25 ans cet été. Chaque journaliste de la rédaction partage les photos qui les ont plus marquées et pourquoi elles sont importantes.Les passionnées de Science-fiction rêvent que la réalité soit proche de la fiction lors de certaines découvertes. Celle de 'Oumuamua, l'objet interstellaire, pouvait laisser espérer que le roman Rendez-vous avec Rama d'Arthur Clarke soit sur le point de prendre vie dans un avenir proche. Le survol de Pluton en 2015, suivi par Futura, n'échappait pas à cette règle.... Lire la suite
Il est possible que nous retournions visiter Pluton d'ici la fin du XXIe siècle, par exemple pour mettre une sonde en orbite autour de cette planète naine, afin de l'étudier attentivement avec son satellite Charon, comme nous l'avons fait pour des sondes telles que Cassini et Galileo autour des géantes gazeuses du Système solaire.
On pourrait aussi imaginer une mission habitée, voire une série de missions visant à établir une colonie. Mais il faudrait probablement pour cela une nouvelle génération de vaisseaux spatiaux. On pourrait penser qu'on finira alors peut-être par réaliser le fameux projet Orion utilisant des explosions nucléaires pour atteindre des vitesses de l'ordre de 1 000 km/s, concrétisant ainsi les rêves de Stanislaw Ulam et Freeman Dyson. Pour mémoire, les sondes New Horizons et Voyager 2 ne vont qu'à environ 16 km/s.
Orion était un projet développé dans le secret par General Atomic pour concevoir un vaisseau spatial à propulsion nucléaire pulsée. Il aurait permis des voyages bien plus courts que dans le cas des fusées actuelles dans le Système solaire. © Hugo Lisoir
Une avalanche de débris sur 130 kilomètres carrés
Toujours est-il que l'on aurait tort de penser qu'une colonie sur Pluton ne risquerait aucune catastrophe issue de cette planète, au prétexte qu'elle est géologiquement inactive en raison de sa petitesse et de son éloignement du Soleil, qui l'ont transformée en un astre mort et gelé depuis des milliards d'années.
En effet, une équipe de planétologues, dirigée par le géologue Marco Emanuele Discenza, vient de publier un article dans le célèbre journal Icarus. Ils y annoncent qu'en fouillant dans les archives des données et images capturées par l'instrument Lorri (Long-Range Reconnaissance Imager) de la sonde New Horizons, ils ont identifié rien de moins que des traces de six glissements de terrain capables d'ensevelir parfois l'équivalent d'une ville.
Pluton : de nouvelles cartes très détaillées grâce à New Horizons
Trois ans après le survol historique de Pluton par la sonde New Horizons, des chercheurs dévoilent les cartes officielles de la planète naine et de son compagnon Charon. Deux ans de travail méticuleux pour produire ces cartes topographiques très détaillées. Grâce à elles, les scientifiques peuvent mieux comprendre ce qui a façonné ce monde glacé à la grande diversité des reliefs.... Lire la suite
Ces six glissements de terrain sont survenus le long des parois internes de trois cratères situés à la bordure ouest de la plaine Spoutnik (Sputnik Planitia), cette vaste zone en forme de cœur. Ils sont à l'origine de vastes dépôts de débris s'étalant sur des distances comprises entre 10,1 et 14,5 kilomètres. La plus vaste de ces zones de dépôt couvre 130 kilomètres carrés.
On ne sait pas très bien ce qui aurait causé ces glissements de terrain, peut-être des impacts de petits corps célestes ou alors l'énergie dissipée dans Pluton par des effets de marée sur la Planète au fil de son orbite elliptique. On sait que Pluton se rapproche alors légèrement du Soleil - traversant l'orbite de Neptune - avant de s'en éloigner à nouveau.