94 ans, 54 nominations et 5 Oscars : cette légende d'Hollywood a un avis bien tranché sur un aspect fondamental du cinéma

94 ans, 54 nominations et 5 Oscars : cette légende d'Hollywood a un avis bien tranché sur un aspect fondamental du cinéma

Il a composé certaines des musiques les plus célèbres du cinéma et remporté 5 Oscars. Pourtant John Williams porte un regard très sévère sur son art, qu’il estime loin d’égaler les grandes œuvres du répertoire classique.

Quelques notes de John Williams suffisent souvent à faire surgir tout un film dans l’esprit des spectateurs. Le danger rôde immédiatement avec le thème des Dents de la mer, tandis que ceux de Jurassic Park, d’Indiana Jones ou de Star Wars ont largement dépassé les frontières du grand écran.

On pourrait donc penser que le compositeur défendrait ardemment la place de la musique de film parmi les grandes œuvres du répertoire. Pourtant, son opinion sur le sujet se révèle bien plus tranchée.

Un regard impitoyable sur la musique de cinéma

À 93 ans au moment de cet entretien accordé au Guardian, John Williams préparait la publication de John Williams: A Composer’s Life, la biographie que lui a consacrée le journaliste Tim Greiving. C’est dans ce contexte qu’il a livré une réflexion inattendue sur l’art auquel il a consacré une grande partie de sa carrière.

Je n’ai jamais beaucoup aimé la musique de film. L’idée même que la musique de film occupe la même place dans les salles de concert que la meilleure musique classique est une valeur erronée”, a-t-il déclaré.

Selon lui, les bandes originales restent avant tout conçues pour accompagner des images et ne peuvent pas toujours exister de manière autonome.

Une grande partie de la musique de cinéma est éphémère. Elle est certainement fragmentaire et, jusqu’à ce que quelqu’un la reconstitue, elle ne peut même pas être considérée comme une œuvre de concert”, a-t-il ajouté.

Le compositeur estime également que l’attachement du public à certaines partitions tient parfois davantage aux souvenirs associés aux films qu’à la qualité intrinsèque de la musique : “La musique de film, aussi bonne puisse-t-elle être, et elle ne l’est généralement pas, à part peut-être 8 minutes par-ci par-là, n’est pas à la hauteur. Si nous considérons si précieuse et magnifique une musique de film, c’est parce que nous nous en souvenons d’une manière quelque peu nostalgique.

Cette exigence, John Williams l’applique aussi à son propre parcours. Malgré les innombrables mélodies entrées dans la culture populaire, il ne semble pas pleinement satisfait du travail accompli : “Si je devais tout recommencer, je ferais un travail plus soigné”, a-t-il affirmé.

Une sévérité parfaitement sincère

Pour Tim Greiving, ces déclarations ne relèvent aucunement d’une modestie de circonstance. Le biographe assure que John Williams pense réellement ce qu’il avance.

Ses commentaires sont assez choquants, et ce n’est pas de la fausse modestie. Il est sincèrement dépréciatif envers lui-même et envers la musique de film en général”, a-t-il déclaré.

Un jugement d’autant plus surprenant que l’artiste possède l’un des palmarès les plus impressionnants de l’histoire d’Hollywood. Avec 54 nominations, il est la personnalité vivante la plus nommée aux Oscars. Il a remporté cinq statuettes pour Un violon sur le toit, Les Dents de la mer, Star Wars : Un nouvel espoir, E.T. et La Liste de Schindler.

Steven Spielberg défend son partenaire de toujours

S’il se montre extrêmement critique envers son œuvre, John Williams peut compter sur le soutien de Steven Spielberg. Leur collaboration, entamée dans les années 1970, a profondément façonné l’identité musicale des films du réalisateur.

À l’avant-première de Music by John Williams, documentaire réalisé par Laurent Bouzereau, Steven Spielberg avait rendu un hommage appuyé à son partenaire artistique :

C’est le miracle de la musique de film et c’est le miracle constant de John Williams : ce qu’il a apporté à tous nos films, la manière dont il les a élevés et vous les a fait découvrir à tous. Souvent, vous pouvez même sortir d’un film dont John Williams a composé la musique et, une semaine plus tard, vous oublierez peut-être le film, mais jamais sa musique.

Bestimage

Des thèmes qui continuent de traverser les générations

Les réserves exprimées par John Williams n’empêchent évidemment pas ses compositions de vivre loin des écrans. Régulièrement jouées dans les salles de concert du monde entier, elles continuent d’émouvoir un public de plusieurs générations.

Le compositeur a encore retrouvé Steven Spielberg pour la bande originale de The Fabelmans, avant de travailler avec James Mangold sur Indiana Jones et le Cadran de la Destinée.

En juillet 2025, certaines de ses créations les plus célèbres ont également résonné de nouveau au cinéma. Des versions réorchestrées des thèmes de Jurassic Park et de Superman ont accompagné Jurassic World : Renaissance et le Superman de James Gunn, nouvelle preuve de l’influence intacte de John Williams sur l’imaginaire collectif.

On vous laisse avec cette petite pépite ci-dessous...

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