À 20 milliards de kilomètres de la Terre, le coup de poker électrique de la NASA a payé

À 20 milliards de kilomètres de la Terre, le coup de poker électrique de la NASA a payé

Pari gagné à 21 milliards de kilomètres de la Terre. La manœuvre électrique « Big Bang » a fonctionné sur Voyager 2, sauvant l’un de ses derniers instruments et offrant au moins un an de répit à la sonde avant le tour de Voyager 1.

C’était un pari osé, effectué à plus de 20 milliards de kilomètres de la Terre, mais il a payé. La NASA a confirmé, dans un point d’étape du 4 août 2026, le succès complet de sa manœuvre délicate sur Voyager 2, baptisée projet « Big Bang ». Ce faisant, la sonde interstellaire gagne un précieux sursis pour poursuivre ses mesures aux confins du Système solaire.

Tout part d’une équation difficile pour le Jet Propulsion Laboratory (JPL), qui supervise le programme Voyager. Les générateurs thermoélectriques au plutonium des deux sondes perdent environ 4 watts par an, ce qui réduit inexorablement les options électriques à disposition du JPL pour gérer des engins se trouvant à presque un jour-lumière.

Un recâblage logique

Jusqu’à présent, un début de réponse résidait dans la désactivation de tous les processus ou instruments scientifiques n’étant plus jugés nécessaires pour analyser le cosmos et communiquer avec la Terre. Mais plutôt que de continuer ainsi jusqu’à l’extinction finale, les ingénieurs ont fini par miser sur une réorganisation totale de la consommation à bord.

Vue d'artiste de Voyager 1. // Source : NASA/JPL-Caltech (image recadrée)
Vue d’artiste de Voyager 1. // Source : NASA/JPL-Caltech (image recadrée)

Le plan impliquait donc d’éteindre en même temps un ensemble d’équipements énergivores pour les remplacer dans la foulée par des sous-systèmes équivalents, mais bien plus sobres. Avec, pour rajouter une petite difficulté, un enjeu thermique : continuer d’économiser du courant tout en évitant que la sonde ne refroidisse de trop, au point de geler ses conduites de carburant.

L’opération s’est finalement déroulée sans accroc. Surtout, ce « recâblage logique » évite de devoir sacrifier les désormais rares outils de mesure qui sont encore opérationnels. La NASA aurait normalement été confrontée à la nécessité de couper un autre instrument avant fin 2026. Mais ici, l’énergie libérée permet de garder les trois actifs pendant un an, au moins.

Voyager 2 essuie les plâtres pour sa jumelle

Dans toute cette affaire, Voyager 2 a également servi de cobaye. Comme la sonde dispose d’une meilleure réserve énergétique que sa jumelle, et qu’elle est en outre plus proche de la Terre, elle a été choisie pour essuyer les plâtres afin de valider la méthode, sans mettre en péril Voyager 1, si les choses avaient mal tourné.

Dorénavant, la voie est libre pour reproduire le plan sur l’autre sonde dans les mois à venir.

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