« A ce moment on pourra se réexposer » : faut-il vraiment attendre octobre 2026 pour réinvestir dans le Bitcoin ?
Depuis plusieurs semaines, le bitcoin oscille autour de 60 000 dollars. Si ce montant paraissait très élevé il y a deux ans, il fait aujourd’hui pâle figure face à son record atteint le 5 octobre 2025 : 125 689 dollars. Et maintenant ? « Bien malin celui qui pourra dire si ça va augmenter ou diminuer », sourit Jean Meyer, directeur général et fondateur de Deblock, une néobanque agréée où il est possible d’acheter des cryptos. Tout ce qu’il est possible de faire aujourd’hui, c’est de regarder le passé et le présent pour tenter de se forger une conviction.
Depuis 2009, le bitcoin semble fonctionner par cycle de quatre ans. Il monte pendant trois ans puis redescend pendant une année. Dans cette logique le point le plus bas devrait arriver d’ici octobre 2026. « A ce moment on pourra se réexposer », commente Stéphane Ifrah, le responsable des investissements chez Coinhouse, plateforme d’investissement en cryptomonnaie. Mais « cela reste de la spéculation », prévient Stéphane Ifrah.
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Un prix plancher atteint ?
Aujourd’hui, peu importent les nouvelles du marché, la valeur du bitcoin ne chute pas. « Malgré la bouderie des investisseurs, le prix bouge peu depuis plusieurs mois, ça montre que le bitcoin reste solide », analyse Jean Meyer. Michael Saylor, dont l’entreprise Strategy est le premier détenteur mondial avec plusieurs centaines de milliers d’unités, a commencé à vendre quelques milliers de bitcoins. Sur le marché ? Pas de réaction. Pour Jean Meyer, c’est la preuve d’une demande toujours solide autour de 63 000 dollars.
Le CLARITY Act, texte examiné au Sénat américain pour réguler le marché des cryptomonnaies, n’a finalement pas été soumis au vote avant la trêve estivale. Le marché ne réagit toujours pas. Ce texte est pourtant attendu par les acteurs du secteur, car il pourrait rassurer de potentiels investisseurs. « Quand on clarifie les règles du jeu, c’est toujours bien », assure Stéphane Ifrah. Mais faute d’accord, les démocrates réclamant des garde-fous éthiques plus stricts sur les avoirs crypto des élus, Donald Trump en tête, le vote de procédure a été reporté à la mi-septembre, après le retour de vacances des sénateurs.
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Ce projet de loi arrive sur la table après les multiples interventions de Donald Trump dans ce secteur encore peu régulé. Pendant sa campagne, le milliardaire s’était présenté comme le promoteur de cette technologie. Au début de son mandat, le chef de l’État a tenu sa promesse, en libéralisant le marché et en donnant aux investisseurs institutionnels — banques traditionnelles, compagnies d’assurances… — la confiance nécessaire pour se lancer. En mars 2025, notamment, le président des États-Unis a créé une « réserve stratégique de bitcoins », constituée à partir des unités saisies par la justice fédérale, estimées à environ 200 000. De quoi permettre à l’actif de gagner en crédibilité.
Plus d’un milliard de dollars pour Donald Trump grâce aux cryptomonnaies
Mais le sauveur est aussi le premier bénéficiaire. Donald Trump a profité de sa position pour développer ses propres activités dans la cryptomonnaie. Selon sa déclaration de revenus publiée fin juin, le président a tiré profit de ses liens avec la start-up World Liberty Financial (WLF), cofondée à l’automne 2024 par ses fils et ceux de l’envoyé spécial américain Steve Witkoff.
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La plateforme a émis sa propre cryptomonnaie, le WLFI, dont la vente initiale a rapporté 550 millions de dollars. En plus, Donald Trump a également touché 636 millions de dollars grâce à un accord de licence lié à $TRUMP – une cryptomonnaie commercialisée quelques heures seulement avant son investiture, en janvier 2025. « Donald Trump a fait très mal au marché, il a aspiré plus d’un milliard de dollars », regrette Jean Meyer.
Une décision de Donald Trump, moins 19 milliards de dollars pour de liquidités
Une autre décision de Donald Trump a fait vaciller le marché. Quelques jours après le record du bitcoin, le président des États-Unis a annoncé une hausse des tarifs douaniers contre la Chine. Face au risque d’une guerre commerciale sino-américaine, les investisseurs ont cherché à retrouver de la liquidité et se sont délestés de leurs cryptomonnaies. En l’espace de quelques heures, près de 19 milliards de dollars de positions ont été liquidées. D’autres chocs géopolitiques, comme le conflit en Iran, ont eu un effet similaire.
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Depuis octobre, la guerre commerciale totale a été évitée. Mais les investisseurs institutionnels ne sont toujours pas revenus. Stéphane Ifrah, responsable des investissements chez Coinhouse, plateforme spécialisée dans les cryptomonnaies, estime qu’ils ont préféré miser sur l’intelligence artificielle.
« Les entreprises ont un fort besoin de capitaux, c’est plus dans l’air du temps et moins confidentiel, détaille celui qui a commencé sa carrière chez BNP Paribas. Ils cherchent le meilleur couple rendement/risque. » Une fois le CLARITY Act adopté, le risque serait plus limité et les institutionnels pourraient y revenir. Pour l’heure, tout le monde reste attentiste.