À Molenbaix, l'art contemporain s'invite dans les rues et les champs et attire des visiteurs de toute la Wallonie
Le centre du village et le hameau de Butor voient passer de nombreux visiteurs, depuis quelques semaines. Ils viennent de différents coins de Wallonie, mais aussi des Flandres et de France.
"Butor" et douceur
Marcher de la ferme d'Ecavée au centre du village permet de découvrir un sentier singulier, en céramique gravée de mots. "De Molenbeek à Molenbaix", "Ce chemin est celui de tous" ... Citadins et ruraux se souviennent de venelles, sentes, petites voies, ruelles, chemins de pavés et de liens. Les enfants apprécient particulièrement cette oeuvre de Various Artists, un collectif également auteur d'un totem et de quelques interventions insolites.
"C'est ma petite-fille !" annonce fièrement Christian Collie quand des visiteurs s'approchent du terrain de foot. Léa - en miroir - est peinte par Charlotte Beaudry sur bois chantourné, aux couleurs du club. La jeune footballeuse de quinze ans joue à présent à Avelgem, elle est de plus, vu son talent, reprise dans la sélection nationale des Jeunes à Mons. Son grand-père, qui évolua au Racing de Tournai, fait partie du comité de foot de Molenbaix.
Biennale "Butor" à Molenbaix : nos artistes à ciel ouvertUn pas plus loin, Raphaël De Coster a créé une "zone de rupture potentielle", en utilisant un cordeau. Ligne droites et penchées, tendues vers la cime d'une structure qui puise son énergie dans un geste géométrique résolu. Chemin du centre, Lise Duclaux a placé des affiches porteuses de slogans courts, limpides : "Nous ne sommes que les autres". L'église Saint-Ghislain abrite des recherches picturales de Charlotte Beaudry, un autel à sainte Rita (Jacques Charlier) et une étonnante sculpture de Maaerten Vanden Eynde : un tronc d'arbre scié, posé sur une ancienne balance en fonte. L'oeuvre interroge l'équilibre, la fragilité, la pesanteur.
Lieux et liens
"C'est un choc, ce jaillissement !", s'exclame Frédérique, venue de Lasne à la rencontre de l'exposition. Devant "La terre saigne", fontaine de Laurence Dervaux, elle évoque son réflexe de "juguler la plaie", "voir arriver une ambulance" "une énorme puissance suggestive" . "Des visiteurs parlent ici autant de vie que de mort, songeant aux guerres comme aux souffrances infligées à la planète", souligne Caroline, l'une des guides de l'exposition.
Des groupes et duos se croisent, échangeant leurs impressions à propos du parcours, de la campagne, des nombreuses haltes proposées. Aucun artiste n'est oublié dans les conversations, les précisions et questions. Les interventions en extérieur comme en intérieur ouvrent des perspectives, déclenchent la surprise, l'admiration, la réflexion collective. Et cette certitude d'être au coeur d'une approche que l'on dit contemporaine : l'intégration au paysage, à la nature, l'assurance d'une discrétion privilégiée, la présence du symbole et de la beauté.
"Butor", au départ de la ferme d'Ecavée à Molenbaix, du jeudi au dimanche, de 10h30 à 18h. Possibilité de visites guidées. Jusqu'au 4 octobre.
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