"À nos yeux, cela n'a aucun sens": malgré les protestations de pays alliés, Donald Trump reconstruit son mur tarifaire en ciblant 60 économies, dont l'Union européenne, avec des taxes entre 10% et 12,5%

"À nos yeux, cela n'a aucun sens": malgré les protestations de pays alliés, Donald Trump reconstruit son mur tarifaire en ciblant 60 économies, dont l'Union européenne, avec des taxes entre 10% et 12,5%

"À nos yeux, cela n'a aucun sens": malgré les protestations de pays alliés, Donald Trump reconstruit son mur tarifaire en ciblant 60 économies, dont l'Union européenne, avec des taxes entre 10% et 12,5%

Publié aujourd'hui à 06h43

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Depuis vendredi matin, l'administration américaine applique de nouveaux droits de douane, à 10% pour la France et l'UE, qui prennent le relais des taxes temporaires adoptées en urgence en février dernier après la décision de la Cour suprême. L'Australie, le Japon ou la Nouvelle-Zélande dénoncent ces barrières et leur justification par Washington.

Le couperet est tombé. Après le Canada et le Brésil, une soixantaine d'économies, dont l'Union européenne, se retrouvent à leur tour visées par de nouveaux droits de douane, au moment où les surtaxes temporaires mises en place par Donald Trump en février arrivent à échéance. Depuis 6h01 ce vendredi matin (0h01 à l'heure de New-York), ces pays voient en effet une surtaxe de 10% ou 12,5% s'appliquer à un certain nombre de leurs produits entrant aux États-Unis, a confirmé l'administration Trump jeudi soir.

Avant même leur entrée en vigueur, l'Australie, le Japon et la Nouvelle-Zélande - trois alliés des États-Unis en Asie - ont vivement dénoncé ces nouvelles barrières tarifaires. Canberra les trouve "injustifiés", Wellington "extrêmement décevants" et Tokyo les "regrette".

Ces surtaxes prennent le relais des droits de douane de 10% imposés en février dernier, arrivés à échéance à la même heure. Ces droits de douane temporaires, d'une durée de 150 jours, avaient été mis en place par Donald Trump dans la foulée de la décision de la Cour suprême d'annuler la majorité des surtaxes implantées depuis son retour à la Maison Blanche.

De 12,5% à 10%

Cette nouvelle surtaxe est le résultat d'une enquête, lancée mi-mars par le représentant de la Maison Blanche au Commerce (USTR), Jamieson Greer, afin de déterminer si les partenaires commerciaux des États-Unis avaient totalement éliminé de leur chaîne d'approvisionnement les produits issus du travail forcé. "Nous cherchons à mettre fin au commerce de ce type de produits", a expliqué sur CNN M. Greer.

Les pays disposant d'une législation que les États-Unis estiment incomplète se voient imposer 10% sur un certain nombre de leurs produits. Ce sera notamment le cas des pays de l'Union européenne (UE), du Royaume-Uni, du Mexique ou du Canada, soit certains des plus importants partenaires commerciaux des États-Unis.

Les Experts : Des surtaxes liées au travail forcé possibles - 03/06

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Pour les autres, soit une quarantaine de pays, les produits se verront appliquer 12,5%.

La Chine, le Japon, la Suisse ou la Corée du Sud sont par exemple concernés. L'énergie et les matières premières qui ne sont pas produites aux États-Unis devraient toutefois être exclues de la liste des produits concernés.

"Pas de preuves significatives"

Certains pays ont déjà réfuté les accusations de l'administration Trump. "L’Australie est un pays qui prend au sérieux la question de l’esclavage moderne. L’imposition de droits de douane plus élevés sur les produits australiens est injustifiée et nous continuerons à faire pression sur le représentant américain au commerce pour qu’il supprime tous les droits de douane sur les produits australiens", a répondu le ministre australien du Commerce, Don Farrell, tandis que celui de la Défense affirme que ces taxes "n'ont aucun sens". 

L'administration américaine "n'a pas fourni de preuves significatives pour étayer les allégations relatives au travail forcé", a également protesté le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon.

"L'industrie et le commerce japonais sont conduits conformément aux règles internationales. Le Japon regrette que cette dernière mesure lui impose des droits de douane au seul motif qu'il n'existe aucune interdiction d'importer des produits issus du travail forcé", a déclaré de son côté le porte-parole du gouvernement japonais, Minoru Kihara.

En réalité, selon Greta Peisch, avocate spécialiste en commerce international, l'objectif de Washington est surtout "de garder la main et de maintenir la pression pour que les pays continuent d'appliquer les accords commerciaux qui ont été signés, et peut-être en négocier d'autres dans le futur".

"Il y a ce fil rouge, même si les droits de douane varient fortement et changent de justification entre-temps", a-t-elle ajouté.

"Le président a reconnu que le marché américain est un atout majeur qu'il peut utiliser auprès de ces pays pour atteindre les objectifs qu'il désire", a reconnu un responsable américain auprès de la presse.

D'autres enquêtes en cours

La Maison Blanche espère que cette nouvelle surtaxe ne connaîtra pas le même sort que celle mise en place l'année dernière. Afin de s'assurer de leur viabilité, l'USTR s'est basé sur la même loi que celle qui a permis jusqu'ici de justifier les droits de douane sectoriels, sur l'acier et l'aluminium, le cuivre, le bois de construction ou l'automobile notamment, et qui n'avaient pas été retoqués par la Cour suprême.

Plusieurs autres enquêtes sont également en cours, toujours en se basant sur ce même texte, notamment concernant une possible surcapacité industrielle. L'Union européenne (UE), visée par la surtaxe sur le travail forcé, est également concernée par cette enquête. Peu de temps avant cette nouvelle salve de droits de douane, le gouvernement américain avait annoncé des surtaxes contre le Brésil, concerné depuis mercredi par 25% de droits de douane sur près de la moitié de ses exportations vers les États-Unis.

Lundi, le Canada a été à son tour visé par une surtaxe de 50% supplémentaire, qui doit entrer en vigueur dans un mois. Mais dans les deux cas, le gouvernement américain a déjà fait évoluer sa stratégie: plutôt que de viser l'ensemble des produits provenant de ces pays, les surtaxes ne concernent qu'une partie d'entre eux.