Abattoir d'Ath : une fermeture impactante, un avenir indéterminé
Alors que le député fédéral Patrick Prévot (PS) a tiré la sonnette d'alarme voilà quelques jours, le dossier de l'abattoir d'Ath est revenu au Parlement wallon au début de cette semaine. En commission des affaires générales, du budget, des relations internationales et du bien-être animal, Loris Resinelli (Les Engagés) et Özlem Özen (PS) ont interrogé le ministre-président Adrien Dolimont (MR), s'inquiétant de la situation actuelle et des perspectives d'avenir, et en évoquant aussi la piste des abattages à la ferme.
"Une perquisition a été menée début septembre à l'abattoir d'Ath dans le cadre de l'instruction judiciaire ouverte à la suite de la plainte de l'association GAIA" confirme Adrien Dolimont. "J'ai appris que la juge d'instruction en charge du dossier a ordonné la suspension des abattages et la mise sous scellés de l'établissement. Je peux confirmer que l'Unité du bien-être animal est partie prenante de ce dossier et a participé à cette perquisition, au même titre que d'autres administrations. Au-delà de ces éléments, le dossier est couvert par le secret de l'instruction, que je me dois de respecter strictement afin de ne pas compromettre les investigations. La Wallonie s'étant déclarée personne lésée, elle en suivra par ailleurs attentivement l'évolution."
"Le jour de la diffusion publique des images de maltraitance animale, l'UBEA a procédé à la réquisition des images de vidéosurveillance de l'abattoir et dans les jours suivants a mené deux contrôles sur place. Les infractions constatées ont été portées à la connaissance de la juge d'instruction. À ce stade, les volets administratif et judiciaire ne peuvent être dissociés. Les faits étant instruits, leur qualification et leur sanction relèvent de l'autorité judiciaire."
La filière ovine très impactée
"L'organisation du réseau d'abattoirs, l'évaluation de leurs capacités et le soutien aux outils d'abattage de proximité relèvent des compétences de la ministre de l'Agriculture, l'agrément sanitaire des établissements étant pour sa part du ressort de l'AFSCA" poursuit le ministre-président. "Les questions relatives aux solutions de substitution, aux capacités disponibles et aux contacts pris avec les autres abattoirs pourront donc utilement lui être adressées."
"Je peux néanmoins partager les données d'abattage disponibles, qui éclairent l'enjeu : en 2025, il me revient que l'abattoir d'Ath a traité en moyenne 240 bovins, 535 porcs et 2 020 ovins et caprins par mois" précise Adrien Dolimont. "C'est pour la filière ovine que la suspension pèse le plus lourdement, car les abattoirs agréés pour cette espèce sont éloignés de la Région. Cela confirme la fragilité de l'abattage ovin en Wallonie, déjà relevée en 2021 par une enquête du Collège des producteurs."
L'abattage à la ferme nécessite toujours un abattoir fixe
"Sur le plan du bien-être animal, qui relève de mes compétences, les trajets allongés restent compatibles avec le règlement européen à l'échelle du territoire belge, mais il est évident que toute augmentation du temps de transport constitue une source de stress pour les animaux" note M. Dolimont. "S'agissant de l'abattage à la ferme, les études menées par l'ULiège ont conclu à l'intérêt d'un modèle associant l'étourdissement et la saignée sur le lieu d'exploitation au transport de la carcasse vers un abattoir agréé au moyen d'une unité mobile d'abattage."
"En collaboration avec la ministre de l'Agriculture, j'ai octroyé un financement à l'ULiège pour finaliser ces recherches. Des contacts sont actuellement établis avec des abattoirs partenaires désireux de participer à la phase expérimentale. Une réunion avec les services de l'AFSCA et certains abattoirs intéressés a eu lieu en juillet dernier en vue de valider les aspects sanitaires du système. Le rapport devrait être disponible en juillet 2027. Ce modèle ne remplacera toutefois pas les abattoirs fixes, puisque la carcasse doit être prise en charge par un établissement agréé proche. Le maintien d'un maillage d'abattoirs de proximité respectueux du bien-être animal en reste donc une condition indispensable."
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