IPTV illégale : l'Arcom veut accélérer en janvier 2027 et bloque des sites et adresses IP pour la Ligue des Champions

IPTV illégale : l'Arcom veut accélérer en janvier 2027 et bloque des sites et adresses IP pour la Ligue des Champions

À presque chaque événement sportif majeur, l'Arcom tente de rappeler son existence et de muscler son jeu pour lutter contre le piratage de contenu. Pas d'exception avec le redémarrage de la Ligue des champions de football ce mardi 8 septembre 2026. Dans un entretien aux Échos, Martin Ajdari, le président de l'Arcom, a indiqué ce que comptait faire l'organisme pour cette période, mais aussi évoqué l'avenir avec des promesses ambitieuses.

Un blocage en progrès, mais toujours à la traîne

Tout d'abord, au-delà de normalement bloquer 175 sites pirates le jour de l'événement, l'Arcom a cherché à bloquer le lendemain 139 adresses IP illégales. Cette pratique, qui permet de gêner plus efficacement différents sites et sources de flux illégaux, est assez récente. Le premier essai a eu lieu en mai dernier avec Roland-Garros, tandis qu'il a été réappliqué pour Wimbledon et surtout pour la Coupe du monde de football. Il était alors question de 10, 290 et 350 blocages respectifs.

Ce blocage d'adresses IP, bien qu'encore modeste par rapport au nombre estimé de personnes qui s'adonnent au piratage d'un côté comme de l'autre de la pratique, permet de "bloquer au plus près de la source des programmes illicites, et plus seulement les sites qui diffusent les directs des compétitions sportives," d'après Martin Ajdari. Cette nouvelle méthode a demandé de la conciliation et des investissements entre fournisseurs d'accès et ayants droit, tandis que le manque à gagner à cause du piratage serait de 290 millions d'euros.

Ce chiffre serait aujourd'hui notamment dû à l'IPTV illégale, qui concernerait 7 % des foyers aujourd'hui, contre 5 % il y a quatre ans. Il faut dire que la chute des sites de streaming de 70 % depuis 2022, grâce notamment à un blocage de 8 325 sites en 2026, a obligé les utilisateurs à trouver d'autres méthodes pour consommer du contenu sportif ou autre à moins cher ou gratuitement.

Plus de rapidité en 2027, mais prudence

Cependant, pour l'Arcom ces blocages, qui nécessitent aujourd'hui quelques heures voire quelques jours pour recueillir toutes les autorisations nécessaires, ne vont pas assez vite, surtout par rapport aux méthodes de certains pays voisins en Europe. Cependant, grâce à la loi sur le sport adoptée en juillet dernier qui permet aux ayants droit de demander un blocage directement aux FAI sans attendre le feu vert de l'Arcom, les choses pourraient bientôt s'accélérer.

Des travaux sur les modalités techniques exactes sont en cours, mais "l'objectif est que tout soit bouclé d'ici à la fin de l'année et que la France soit prête à débuter les blocages en temps réel en janvier 2027, le tout de manière transparente, opérationnelle et sécurisante pour tous." Ainsi, le blocage d'adresses IP illégales devrait être beaucoup plus rapide, pour le sport mais aussi tout contenu jugé illégal.

Une répression rapide qui peut faire peur, avec par exemple des blocages par erreur de services légaux, mais le président de l'Arcom précise : "Nous mettons en place l'ensemble des précautions et des garanties qui vont éviter que l'efficacité soit au détriment de la liberté de communication." Tout ayant droit qui abuserait de ce système pourrait d'ailleurs y perdre l'accès.

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