Adel Sbaa, le nouveau "jet-ball" du couloir droit habaysien
Sept ans après son frère aîné Kevin, ancien joueur de Marloie et désormais coach de l'Union Dinantaise, Adel Sbaa, 25 ans, a fait ses premiers pas dans un club luxembourgeois cet été. Et ce latéral droit passé par Ciney, Rochefort et Namur n'a pas tardé à convaincre les observateurs. Notamment par sa capacité à arpenter son couloir sans relâche et par une qualité de centre qui a déjà amené pas mal de danger dans les surfaces adverses. Auteur de deux assists en préparation, de deux autres en Coupe face à Onhaye, le citoyen d'Assesse aurait pu en ajouter quatre autres à son tableau de chasse mercredi si ses partenaires s'étaient montrés plus efficaces à la conclusion.
"J'en parle à mon père depuis hier, confiait-il lorsque nous l'avons sollicité jeudi matin. Pas tant pour mes stats que pour ce sentiment d'avoir raté le coche face à ces Molenbeekois qu'on a peut-être un peu trop respectés. Nous avions bien commencé pourtant, mais, et c'est un constat déjà établi en préparation, parfois nous reculons sans véritable raison et nous subissons trop. Nous sommes meilleurs quand nous maintenons un bon pressing. Il faudra tenter de corriger le tir à Rochefort ce samedi."
Écarté à Rochefort
Rochefort, un nom qui résonne de manière pour le moins familière dans l'oreille du néo-Habaysien. Il en a porté les couleurs de 2020 à 2023, avec une promotion en D2 au bout du parcours, mais aussi un gros sentiment de frustration, lié à une éviction qu'il ne s'explique toujours pas à l'heure actuelle. "Je jouais régulièrement, puis en février, comme d'autres éléments, je me suis retrouvé en tribune, sans réel motif. Le coach (NDLR: Geoffrey Rentmeister) a préféré des joueurs plus expérimentés. Au terme de la saison, j'ai rejoint Namur qui me faisait les yeux doux depuis un certain temps. Si je vais défier Rochefort avec un sentiment revanchard ? Non, du tout. J'ai déjà rejoué contre les Marcassins la saison passée (NDLR: succès des Merles 0-3 à l'aller, défaite 0-2 au match retour qu'il n'a pas disputé),il m'arrive d'aller les voir et j'ai conservé plein de bons contacts de mon passage au Parc des Roches. Avec Mathieu Cornet par exemple. Tandis que Lucas Baudot a joué avec moi à Namur."
Soulier d'or à Namur et expérience pro avortée
Namur où il s'est notamment distingué au cours de sa deuxième campagne, conclue avec un total de 12 passes décisives, par une distinction individuelle, le Soulier d'or de la province de Namur, et par un appel du pied de Tubize-Braine, contrat pro à la clé. Mais l'expérience a tourné court. Fin juillet, il était déjà de retour chez les Merles. En cause, une pubalgie tenace, mais pas seulement. "Après cinq-six semaines de préparation, je sens que ce n'est pas encore le moment, confiait-il à l'époque. Les entraînements ont lieu en soirée et je tournais en rond toute la journée jusqu'à 17 h. Avec mon boulot précédent, j'avais du contact social toute la journée."
Retour donc à son travail dans le département logistique de l'hôpital de Mont-Godinne et au stade Adeps de Jambes pour une troisième saison plus compliquée avec les Merles, qui s'est soldée par une place de lanterne rouge puis ce nouveau pas en avant qui l'a mené chez des Habaysiens aussi ambitieux que lui. Sans nécessairement mettre au placard ses rêves de passer dans le football professionnel. "J'ai toujours cette idée en tête, dit-il, ça peut aller vite. Habay peut être un bon tremplin ou même un bon projet pour l'avenir puisque ce club a de l'ambition et veut continuer à évoluer. J'y apprécie aussi la philosophie du coach."
Un coach qui, avec ce 3-5-2 qui lui tient à cœur, permet à Adel Sbaa de laisser libre cours à son tempérament offensif sur ce flanc droit où il peut notamment faire valoir une VMA élevée, l'une des meilleures du groupe habaysien avec celle de Ngoumou, pour répéter les courses et user ses adversaires directs. "J'ai toujours aimé courir. Entre deux saisons, il m'arrive fréquemment de partir pour des joggings de 20 km", ajoute ce garçon originaire d'Yvoir, qui espère désormais que ses centres, et pas seulement les siens, seront mieux exploités. "Si on parvient à concrétiser nos occasions, on sera un bon candidat au top 6", conclut-il.
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