Affaire Jubillar : "Si on n’a que ça comme ossement, déterminer les causes de la mort est impossible", l’enquête à nouveau au point mort après la découverte de deux fémurs appartenant à Delphine ?
Les circonstances de la mort de Delphine Jubillar restent inconnues. Les deux fémurs retrouvés lors des fouilles ne permettent pas de résoudre ce point crucial de l’enquête.
Les ossements retrouvés lors des fouilles dans un champ agricole à Mailhoc, dans le Tarn, jeudi 17 juillet sont bien ceux de Delphine Jubillar. Les deux fémurs analysés n’apportent pas pour autant toutes les réponses aux questions des enquêteurs. Dont celle sur les circonstances de la mort de l’infirmière de 33 ans. "Nous savons dans quelles conditions atroces Cédric Jubillar s’est séparé du corps de son épouse. Cette façon de faire permet d’éluder toute idée de mort par imprudence", selon Me Philippe Pressecq, avocat de Lolita, une des cousines de Delphine, cité par La Dépêche. "Aujourd’hui, ils (la famille, NDLR) vont pouvoir se recueillir sur une partie du corps de Delphine. Malheureusement, on devra se contenter de deux fémurs", ajoute Me Mourad Battikh, avocat de l’oncle et de la tante de Delphine Jubillar.
Les recherches ont été définitivement arrêtées vendredi et sans le reste du corps, difficile de dire comment Cédric Jubillar a tué son épouse fin 2020. "On aura très peu de réponses", poursuit Me Battikh. "Si on n’a que ça comme ossements, pouvoir déterminer les causes de la mort, c’est impossible. Quand bien même on aurait des traces d’impact, de fractures, il ne s’agit que de membres inférieurs…", assure Karine Dabadie, médecin légiste sur franceinfo. Elle explique : "On ne sait pas ce qu’il s’est passé au niveau du tronc, au niveau du membre supérieur. Déterminer la cause de la mort à ce stade sur ces seuls éléments, ce ne sera pas possible. Normalement pour déterminer la cause de la mort, il faut avoir un corps entier, savoir ce qui se passe partout. Il faut aussi avoir le tissu mou, les organes. Je crois qu’il (Cédric Jubillar, NDLR) a ainsi évoqué qu’il l’aurait étranglée. Si on n’a pas l’os hyoïde ou le larynx, on ne peut pas répondre à cette question. On peut éventuellement retrouver des traces de violences, des fractures ante mortem, des traces d’impact balistiques ou d’objets contondants. Ce type de lésion sur des ossements de membres inférieurs ne pourrait pas permettre de déterminer les causes de la mort."
Le corps de Delphine Jubillar pourrait avoir été éparpillé de manière accidentelle lors de travaux agricoles.
Rappelons que Cédric Jubillar a été condamné en octobre 2025 à 30 ans de prison après un procès qui avait duré quatre semaines. Il doit être rejugé en appel devant la cour d’assises de Haute-Garonne à partir du 21 septembre 2026. Le peintre-plaquiste avait toujours nié sa responsabilité dans la disparition de son épouse, mère de leurs deux enfants avant d’avouer à ses avocats l’avoir tuée et enterrée en décembre 2020.