Alex Baudin, après la 8e étape du Tour de France : «Si les équipes du général commencent à contrôler ces étapes, on ne regarde plus la télé»

Alex Baudin, après la 8e étape du Tour de France : «Si les équipes du général commencent à contrôler ces étapes, on ne regarde plus la télé»

Sur son home-trainer, installé derrière le bus quelques minutes après sa quatrième place ce dimanche à Ussel, le souffle encore en vrac, Alex Baudin (EF Education-EasyPost) n'avait pas vraiment récupéré de sa journée. Déjà à l'avant vers Les Angles une semaine plus tôt, le Français (25 ans) a remis ça en Corrèze dans une étape de « costauds », marquée aussi par la stratégie des coureurs d'UAE Emirates-XRG qui l'a laissé perplexe.

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« Comment avez-vous vécu cette journée à l'avant ?
C'était à bloc toute la journée. Il n'y a pas eu un moment de répit, c'était une journée de costauds (il reprend son souffle).

À 50 kilomètres, le peloton mené par les UAE est revenu à une quarantaine de secondes. Vous avez compris ce qu'il se passait derrière ?
Quand on nous a dit que les coureurs d'UAE roulaient derrière, pfff... On ne comprenait pas. Des mecs comme (Tom) Pidcock et (Tobias) Johannessen sont à dix minutes au général. Ils nous ont laissés une minute toute la journée ! Du coup, on n'a jamais eu un moment de répit. On a dû se battre tout le long. C'était aussi dur de s'organiser parce qu'après, les Lidl-Trek (Quinn Simmons et Derek Gee) ne voulaient plus rouler pour Mads Pedersen, qui était derrière. Quand tu as le peloton à une minute, tu sais que tes chances ne sont pas énormes. Tout le monde commençait à se regarder, c'était un peu le bordel.

« Si les équipes du général commencent à contrôler ces étapes, on ne regarde plus la télé »

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Au bout du compte, c'est presque un soulagement de voir cette échappée aller au bout ?
À la fin, je me suis dit qu'il fallait faire en sorte qu'on reste organisés pour aller au bout. D'avoir fait tout ça pour rien, ça m'aurait vraiment fait chier. Même si je suis battu aujourd'hui (dimanche), je suis quand même content que ce soit (Mathieu) Van der Poel qui gagne et pas un mec du peloton. On s'est mis une belle session toute la journée.

Voir une échappée aller au bout confirme aussi que ce genre d'étapes reste une vraie opportunité pour les baroudeurs ?
Oui, c'est sûr. C'est la première fois sur ce Tour que je pensais que ça pouvait marcher. Aujourd'hui (dimanche), pendant un moment, j'ai cru qu'on allait se faire reprendre. C'était un peu dur dans la tête. Je suis vraiment content que ça aille au bout. Des étapes comme ça, c'est fait pour les baroudeurs. Si les équipes du général commencent à contrôler ces étapes, on ne regarde plus la télé.

Dans ces conditions de chaleur extrême, comment avez-vous vécu cette bataille pour sortir ?
Pour prendre l'échappée sur le Tour, il faut être super fort. Souvent, il faut faire des sprints de trente secondes ou une minute pour sauter dans un groupe. Quand il fait 40 degrés, ce genre d'effort, on le paie après. On l'a vu quand notre gros groupe est parti : on n'avançait pas, tout le monde était mort. On a mis vraiment longtemps à récupérer. Moi, je n'étais pas très bien. Une fois que la voiture est arrivée, j'ai pu avoir de la glace, me refroidir, et les jambes sont revenues. On a dû se battre toute la journée. Les relais, ce n'était jamais en dessous de 350 watts. Il fallait y aller aujourd'hui. »