Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz joue son avenir aux élections régionales ce dimanche

Allemagne. Le chancelier Friedrich Merz joue son avenir aux élections régionales ce dimanche

Le chancelier allemand Friedrich Merz survivra-t-il aux scrutins régionaux de ce dimanche ? Le débat est ouvert après le récent échec électoral de son parti conservateur en Saxe-Anhalt où l’extrême droite a obtenu une écrasante victoire. Signe des temps, Friedrich Merz a convoqué pour dimanche soir une réunion de crise des cadres de son parti, la CDU, a annulé son déplacement prévu dans la semaine à New York en vue de l’Assemblée générale des Nations unies et a répondu avec mauvaise humeur à un journaliste l’interrogeant sur son avenir politique. Son sort pourrait être suspendu à ce que décideront près de quatre millions d’électeurs allemands, appelés aux urnes à Berlin et dans le Land (État régional) rural et côtier du Mecklembourg-Poméranie Occidentale (nord-est). 

Comme une dernière carte abattue pour s’attirer les faveurs des électeurs, le gouvernement allemand a annoncé vendredi des mesures d’allègement du prix du carburant. Celles-ci prévoient un rabais fiscal sur le prix du carburant qui doit s’appliquer à partir du 1er octobre et jusqu’à la fin de l’année. Il est également prévu que « le gouvernement allemand mène des discussions avec l’industrie pétrolière avec pour objectif d’introduire, au plus tard le 1er janvier 2027, un plafonnement du prix du carburant sur le modèle du Luxembourg ou de la Belgique ».

Vers un nouveau revers pour la CDU

La nouvelle flambée des prix des carburants est un problème de plus pour le chancelier Friedrich Merz, à l’impopularité record et fragilisé par le récent triomphe de l’extrême droite au scrutin régional de Saxe-Anhalt le 6 septembre dernier. Quinze jours après cette lourde défaite infligée à la CDU, et alors que les Allemands sont étranglés par les prix à la pompe, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) devrait de nouveau fortement progresser aux deux scrutins de ce dimanche. 

Le chancelier allemand affiche une impopularité record, à 88 %. Photo Sipa/Stefan Boness

Le chancelier allemand affiche une impopularité record, à 88 %. Photo Sipa/Stefan Boness

Dans la capitale, les choses s’annoncent difficiles : le parti du chancelier, dont le maire est issu, est au coude-à-coude avec la gauche radicale Die Linke (autour de 20 % chacun) et talonné, selon les sondages, par l’AfD (18 %). Dans le nord-est, l’AfD devance d’une courte tête, dans les enquêtes d’opinion, les sociaux-démocrates (37 contre 35 %). La CDU (7 %) est complètement distancée, dangereusement proche des 5 % nécessaires pour être représentée au Parlement régional.

Une telle non-qualification serait une première dans l’Allemagne d’après-guerre, une humiliation pour Friedrich Merz et une victoire pour l’extrême droite qui, se présentant comme la seule véritable force politique conservatrice, veut la tête du chancelier. « Dramatique est un mot trop faible » pour qualifier « un échec de cette ampleur » s’il devait se produire, estime Ursula Münch, politologue à l’Académie de formation politique de Tutzing. Friedrich Merz a pour l’heure exclu de démissionner, alors même que les conjectures sur son départ prématuré et l’identité d’éventuels successeurs proviennent de son camp.