Alpes-de-Haute-Provence. Crash de la Germanwings : l'Allemagne attaquée en justice par des proches de victimes
Ce sont 30 personnes qui demandent justice. 30 proches de victimes du crash de l’Airbus A320 de la Germanwings dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui a fait 150 morts le 24 mars 2015. Onze ans plus tard, ils ont attaqué en justice l'État allemand, il y a quelques jours, rapporte le média allemand Bild.
L'entourage des victimes a réclamé des dommages et intérêts à l'Office fédéral allemand de l'aviation civile allant jusqu'à 110 000 euros. Leur argument : l'agence, qui dépend de l'État allemand, n'a selon eux pas surveillé l'aptitude au vol du copilote Andreas Lubitz, qui a délibérément provoqué la catastrophe dans ce qui est qualifié de « suicide-homicide ». Ils soulèvent aussi que « l'état psychique de Lubitz n'a pas été suffisamment pris en compte » lors de l'examen médical obligatoire pour les pilotes.
Toujours selon Bild, l'action en justice se base sur la « responsabilité administrative » au sens de l'article 839 du Code civil allemand. Mais la procédure intentée par ces 30 proches de victimes a peu de chances d'aboutir, précise le tribunal de Brunswick (Basse-Saxe), qui devrait examiner la plainte d'ici fin août. La raison : une autre entité que la République fédérale d'Allemagne peut être considérée comme responsable, en l'occurrence la compagnie aérienne Lufthansa.
Un combat judiciaire sans succès jusqu'à présent
L'entreprise, société mère de Germanwings, avait déjà été poursuivie en 2020, sans succès. Le tribunal d'Essen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie) avait alors argumenté que la responsabilité du contrôle aérien... était celle de l'État, et non de Lufthansa.
Depuis la tragédie, les familles de victimes ont mené un long combat judiciaire. Des plaintes ont été déposées contre les deux sociétés, mais aussi l'école de pilotage d'Andreas Lubitz. Désormais, c'est donc l'État qui est dans le viseur des familles. Celles-ci, qui ont reçu 11,2 millions d’euros de compensations directes de Lufthansa selon Air Journal, estiment que ces indemnisations sont insuffisantes et que les responsabilités n'ont pas été établies au-delà de celle du copilote.
Le 24 mars 2015, le vol 4U9525 reliant Barcelone (Espagne) à Düsseldorf (Allemagne) s’écrasait dans les Alpes françaises. Un désastre provoqué par le copilote Andreas Lubitz, 27 ans, atteint de dépression et de psychoses, ce qu'il n'avait pas révélé à la compagnie de peur de perdre sa licence de pilote.
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Lubitz s'est enfermé dans le cockpit pendant que le pilote était parti aux toilettes. Le copilote a ensuite amorcé la descente, avant de s'écraser à 700 km/h contre un pan de montagne sur les hauteurs de Prads-Haute-Bléone, dans les Alpes-de-Haute-Provence. L'avion de ligne a été pulvérisé. 144 passagers et 6 membres d’équipage ont perdu la vie.