Antoine Snyders s'offre le doublé royal 100-200m lors des championnats de Belgique d'athlétisme: "J'en profite, c'est super bien"
Ne cherchez plus l'homme le plus rapide du Royaume actuellement. Il a 29 ans, est originaire de Waremme, porte la tunique sérésienne et se nomme Antoine Snyders. Alors oui, certains viendront chicaner en disant que la meilleure performance belge de l'année sur 100m est l'œuvre de Bright Itiora. Mais le frère de Camille a, lui, mis tout le monde d'accord avec un 20.24 sur le demi-tour de piste il y a deux semaines alors qu'il a amélioré son record personnel sur la ligne droite à deux reprises ce week-end pour le porter à un intéressant 10.20. Une performance de premier plan qui lui a permis de décrocher le titre national sur la distance reine pour tous les sprinteurs du pays tout en assurant l'essentiel sur le 200m afin de décrocher son deuxième titre sur la distance après celui de 2023.
Et pourtant, à deux semaines de l'Euro, où s'alignera à la fois sur le 200m et le relais 4X100m, le protégé de François Gourmet n'avait, logiquement, pas axé sa préparation sur ce week-end à Kessel-Lo. "D'autant que cela tombait après un long cycle de compétition durant lequel j'avais couru chaque week-end et même parfois en semaine, confirme l'intéressé. Cette année, contrairement aux précédentes, je n'avais pas pris de repos avant ces Nationaux. En plus de ça, je sortais de semaines avec du volume afin de préparer l'Euro. Alors, oui, je voulais bien prester, mais je ne voyais pas ça comme l'aboutissement ultime de ma saison. Il n'empêche, je sentais que j'avais quand même de bonnes jambes. Sur le 200m, quand j'ai vu la liste des inscrits, hormis Amine Kasmi, personne ne pouvait normalement rivaliser. Quant au 100, je voulais performer car je restais sur quatre courses avec trop de vent, que ce soit de face ou de dos. Dès lors, je savais que j'avais les jambes pour battre mon record personnel, pour autant que le vent soit bon. "
Un week-end géré à la perfection
Le week-end chargé d'Antoine Snyders commençait, donc, samedi peu avant 17h, par les séries du 100m. Et le Waremmien avait une tactique bien claire pour celles-ci. "Les conditions étaient super, avec un vent dans le dos sans qu'il ne soit trop fort. La consigne était de m'économiser pour ne pas me cramer. Mon départ n'est pas terrible, mais je sens que j'ai des jambes de feu et je réalise un chrono de 10.27, soit un nouveau record personnel (NDLR: l'ancien étant de 10.29). Cela me donnait forcément confiance pour la finale même si les autres séries avaient été aussi très rapides. Pour moi, le titre allait se jouer entre cinq athlètes, c'était très serré."
Une heure et demi plus tard, les sprinteurs étaient de retour sur le tartan pour en découdre et se disputer ce titre prestigieux. Cette fois, le Waremmien prenait un excellent départ, mais Emiel Botterman était à sa hauteur alors qu'on entrait dans la deuxième partie de la course. "À ce même stade, l'année passée, je m'étais crispé, se souvient Antoine Snyders.Là, j'ai gardé la tête froide car je sais qu'Emiel n'a pas mon endurance. J'ai encore gagné en vitesse et je vois un chrono de 10.22 quand je passe la ligne. J'étais vraiment content, mais j'ai directement pensé au vent. Heureusement, il n'était pas trop fort et le chrono a été descendu à 10.20. Etre champion de Belgique avec un tel chrono, c'est encore mieux même si je savais que je l'avais dans les jambes au vu de ce que j'avais montré lors de mes sorties précédentes."
Sur 200m, seule la place comptait
Le lendemain, les conditions avaient bien changé et les athlètes devaient composer avec un vent bien plus présent et, surtout, relativement défavorable pour les spécialistes du 200m. Alors, après des séries maîtrisées en toute décontraction, une seule chose comptait pour Antoine Snyders au moment de prendre le départ de la finale: aller décrocher le titre, peu importe le chrono. "D'autant que le vent était encore plus de face que durant les séries. Je savais que mon chrono n'allait pas être bon, rigole-t-il. Je voulais au moins passer sous la barre des 21 secondes et, au moment de passer, la ligne, je vois 20.99. Mon temps a finalement été corrigé en 20.95, mais l'essentiel était acquis avec le titre. Après avoir décroché celui du 100m le samedi, ne pas avoir celui du 200m m'aurait laissé un goût amer, d'autant que j'étais favori."
Ainsi, alors qu'il ne comptait qu'un seul sacre national en outdoor jusqu'ici (sur 200m en 2023), Antoine Snyders a vu sa collection tripler avec ces deux nouveaux titres acquis ce week-end. Mais pas de quoi le faire planer alors que son regard est déjà tourné vers Birmingham, où il aura de grandes ambitions à l'occasion des championnats d'Europe. "Bien sûr, je profite de ces deux titres, c'est super bien, mais ce qui me rassure et me booste, ce sont les performances que je fais. Sur 100m, c'était très bien, oui, mais le 200m n'était tout de même pas top malgré le vent, corrige l'athlète de 29 ans. Maintenant, il me reste quinze jours avant l'Euro, ce qui n'est pas énorme. Vu que je participerai aussi au relais, je dois faire deux entraînements spécifiques avec mes coéquipiers. Mais aussi des séances pour préparer le 200m. Le tout sans en faire de trop histoire d'avoir min pic de forme pour la demi-finale du 200m. " Rendez-vous, donc, le jeudi 13 août prochain sur le coup de 20h05 pour l'entrée en lice d'Antoine Snyders !
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.