Au Palais Lascaris, l’artiste niçois Coun « libère l’art » et nous fait bien rire avec ses œuvres inspirées par la BD et le pop art

Au Palais Lascaris, l’artiste niçois Coun « libère l’art » et nous fait bien rire avec ses œuvres inspirées par la BD et le pop art

Dans un de ses dessins aux traits empruntant à la BD franco-belge, une statue ne cache pas sa colère à l’intention de l’une de ses « voisines ». « Je ne sais pas ce qui me retient de te casser la gueule ! », clame l’homme de pierre.

Il est comme ça, Coun, souvent pas le dernier à déconner. Il aime ça, sans doute autant que sa ville, sa cuisine, son folklore et son OGC Nice.

En 2022, son club de cœur, en meilleure forme qu’aujourd’hui, l’avait d’ailleurs contacté pour réaliser un visuel annonçant la finale de Coupe de France entre le Gym et le FC Nantes.

Deux ans après, c’était au tour du Palais Lascaris de proposer à Pierre Franco (le vrai nom de Coun) une collaboration, à travers une médiation par l’image.

L’artiste né en 1987 a réalisé des guides de visite illustrés, afin de rendre plus accessibles la compréhension de l’architecture baroque du lieu installé dans le Vieux-Nice, édifié au XVIIe siècle, pour les Lascaris-Vintimille.

Né en 1987, l’artiste niçois Coun s’est d’abord illustré dans le design produit.
Né en 1987, l’artiste niçois Coun s’est d’abord illustré dans le design produit.
David NOUY

Sublime, le Palais en serait presque intimidant, avec ses collections de tapisseries, peintures, de sculptures et d’objets d’art, mais aussi sa riche collection d’instruments de musique et son fonds d’ethnographie régionale.

Avec Libera l’art, une exposition à découvrir jusqu’au 17 janvier 2027, Coun offre un coup de peps à l’ensemble.

Avec autant de respect que d’irrévérence, il profite de la carte blanche qui lui a été confiée pour instiller de l’humour, tout en travaillant sur le thème de la mémoire et des symboles de la mythologie.

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David NOUY

Technique inspirée des carnavaliers…

Celui qui a été formé au design produit à Turin, un temps spécialisé dans la conception de pièces haut de gamme en carbone pour les VTT, a changé de braquet.

Désormais, son dada, c’est le papier collé et moulé. Un savoir-faire directement hérité de l’histoire du Carnaval de Nice.

Grâce à ce matériau de base, Coun donne vie à des sculptures représentant une danseuse traditionnelle soulevant son jupon pour dévoiler un tatouage M’en bati sieu nissarda, ou un Coun’gourdon dont la panse est garnie de pan-bagnat.

L’une des oeuvres de l’expo Coun libera l’art, à découvrir jusqu’au 17 janvier 2027 au Palais Lascaris.
L’une des oeuvres de l’expo Coun libera l’art, à découvrir jusqu’au 17 janvier 2027 au Palais Lascaris.
Jimmy Boursicot

Sur ses tableaux, on retrouve aussi ce papier collé-moulé, donnant du relief à des œuvres dédiées à Neptune, dieu de la mer ou des océans. Ou encore à Vénus, déesse de l’amour.

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David NOUY

Celui dépeignant Zeus emprunte pour sa part la palette graphique de l’univers de Superman.

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Jimmy Boursicot

… Et dérision

Influencé par le pop art, Matisse, dont la visite du musée niçois l’avait enchanté durant son enfance, mais aussi Ben, l’un de ses voisins, Coun a digéré tout cela pour essayer de dynamiser la culture niçoise, loin de vouloir la transformer en relique ou en carte postale.

Une fois encore, pas question d’être tiède, ni trop sérieux. Ici, on distingue une illustration où un pan-bagnat doté de bras et de jambes réclame du respect, surplombé par une liste d’ingrédients « interdits » comme la mayo, le maïs, le poulet ou les carottes râpées.

Plus loin, son cher Gym n’est pas épargné. Sur une carte à jouer, les joueurs ont deux faces : une d’aigle, avec trophée et lauriers à l’arrière-plan. Et une de chèvre, avec papier et brosse W.-C pour l’accompagner.

Rens. https://www.nice.fr/agenda/coun-libera-lart-au-palais-lascaris/