Augmenter dès 2027 le "salaire-poche" des policiers en uniforme : les syndicats consultent leur base après une proposition à 30 millions d'euros

Augmenter dès 2027 le "salaire-poche" des policiers en uniforme : les syndicats consultent leur base après une proposition à 30 millions d'euros

Les différents syndicats policiers, qui rencontraient ce jeudi 10 septembre 2026 le ministre de l'Intérieur Bernard Quintin, vont désormais se tourner vers leur base au sujet d'une proposition faite par le ministre libéral, qui vise à augmenter dès 2027 le "salaire-poche" des policiers en uniforme. Les réactions syndicales sont mitigées, mais le ministre salue des discussions qui se déroulent "dans un esprit constructif", et une première mesure concrète (à confirmer) qui "illustre le respect que nous portons à celles et ceux qui enfilent chaque jour l'uniforme pour nous protéger".

Depuis plusieurs mois, les négociations sectorielles avancent cahin-caha, avec d'une part un volet quantitatif (financier) et de l'autre un volet qualitatif (statut des policiers). Les syndicats policiers s'étaient inquiétés, en juillet, d'une enveloppe promise (60 millions d'euros) qui ne semblait finalement pas si certaine que cela. Mais le ministre compétent a entre-temps assuré que les fonds, sur budget propre, étaient bien "débloqués" dans le but d'augmenter la rémunération des policiers et de renforcer l'attractivité du métier.

"Près de 700 euros net par an"

L'enveloppe serait cependant scindée en deux parts, deux moitiés. La proposition avancée jeudi par Bernard Quintin concerne la première tranche de 30 millions, qui permettrait dès l'an prochain d'ajouter 58 euros net par mois à la rémunération des agents opérationnels de la police intégrée. "Ce qui représente près de 700 euros net par an", souligne le cabinet.

Cette augmentation ne concernerait que le personnel en uniforme : concrètement, on augmenterait l'indemnité d'entretien de l'uniforme.

La deuxième tranche de 30 millions pourrait intervenir à partir de 2029, et resterait liée à un accord sur l'aspect "qualitatif" (qui compte neuf "chantiers"), malgré le souhait des syndicats de sortir de l'exigence d'un accord "global".

Dans cette seconde phase, on discutera entre autres d'une augmentation des chèques-repas, ce qui concerne cette fois l'ensemble du personnel des polices fédérale et locales, et d'ailleurs l'ensemble de la fonction publique.

Dans les rangs syndicaux, le SNPS (Syndicat National du Personnel de Police et de Securité) réagit avec nuances. "Nous devons être conscients que ces négociations s'inscrivent dans une enveloppe budgétaire fixée à l'avance", rappelle par exemple le syndicat. "Le ministre de l'Intérieur a clairement indiqué qu'il n'était pas disposé à dépasser cette enveloppe". Les 58 euros sont un "montant net fiscalement avantageux", mais qui ont aussi pour inconvénient de ne pas entrer dans le calcul de la pension, comme le soulignent d'autres syndicats.

"Nous sommes conscients qu'il ne s'agit pas ici de montants importants et que la mise en œuvre complète (deuxième volet des chèques-repas) se fera en plusieurs étapes. Toutefois, nous devons également tenir compte du contexte budgétaire actuel, dans lequel il sera important que la première partie soit finalisée avant le conclave budgétaire afin de garantir la mise en œuvre de l'augmentation de 58 euros", expose le SNPS.

Selon le cabinet Quintin, SNPS et SLFP ont indiqué soutenir la proposition "et la défendront auprès de leur base". Ce que confirme vendredi Vincent Houssin pour le SLFP Police. Mais CSC et CGSP sont également dans la danse.

Du côté de la CSC Services publics, groupe Police, on accueille la proposition "avec réserve", indique vendredi Anthony Turra. "Un montant net est proposé", mais l'augmentation mise sur la table "passe par une indemnité, qui n'entre pas en ligne de compte pour le calcul de la pension", nuance-t-il. Le syndicaliste regrette également que le personnel "civil" ne soit pas concerné.

De manière globale, le groupe Police du syndicat chrétien n'est pas réellement satisfait de la manière dont les discussions se déroulent : Anthony Turra déplore un manque de mandat clair du côté des autorités, selon lui, et des réformes qui s'accumulent avec leur lot d'incertitude du côté du personnel. Pour certaines mesures, il est difficile de voir quel sera l'impact réel sur les conditions de travail des policiers.

La CSC communiquera la réponse des membres dès lundi au ministre, précise-t-il. Le SNPS demande quant à lui à ses membres de voter avant mercredi prochain à midi.