"Aujourd'hui, le problème de la CDU s’appelle Friedrich Merz" : à quatre jours d'un nouveau scrutin régional, l’AFD cible le chancelier allemand

"Aujourd'hui, le problème de la CDU s’appelle Friedrich Merz" : à quatre jours d'un nouveau scrutin régional, l’AFD cible le chancelier allemand

Après le triomphe de l’AFD en Saxe-Anhalt, le chancelier allemand Friedrich Merz apparaît de plus en plus fragilisé. Il est la cible du parti d’extrême droite, qui agrège les colères lors de ses rassemblements dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale.

Radio France

Publié le 17/09/2026 21:30

Temps de lecture : 2min

Leif-Erik Holm, député allemand du parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) lors d'une séance du Bundestag, le 13 mars 2020 à Berlin. (ODD ANDERSEN / AFP)
Leif-Erik Holm, député allemand du parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) lors d'une séance du Bundestag, le 13 mars 2020 à Berlin. (ODD ANDERSEN / AFP)

À quatre jours d'un nouveau scrutin régional, Friedrich Merz est sous pression. Le chancelier allemand est confronté à une impopularité record : entre 10 et 13% des personnes interrogées se déclarent satisfaites de son action à la tête du gouvernement. Il doit également faire face à la nouvelle flambée des prix des carburants. Un problème supplémentaire pour le chef de la coalition au pouvoir, composée de son parti conservateur, la CDU, et des sociaux-démocrates du SPD.

Sur la petite place du marché, à peine monté à la tribune, Leif Erik Holm, le chef de l'AFD dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, sort son portable : "C'est de la folie, 2,60 euros le litre d'essence, j'ai vu ça à la station-service, je me suis arrêté pour prendre une photo. L'État vous arnaque sur le prix du carburant ! Comment se fait-il qu'il encaisse autant d'argent auprès des automobilistes qui sont vraiment dépendants de leur voiture ici ?"

Pour le candidat à la présidence du parlement régional, l'État, c'est Friedrich Merz à lui tout seul. Le chancelier allemand vient d'annoncer que son gouvernement prendrait bientôt des mesures face à la flambée des prix du carburant. "Mais oui, le chancelier a parlé ! Vous le savez bien, il dit toujours la vérité. Mais son nez est devenu si long que bientôt, il va basculer en avant", ironise Leif-Erik Holm.

Daniel applaudit. Le manutentionnaire a même trouvé un surnom au chancelier : "Pinocchio Merz". "Il ment encore plus ouvertement que ses prédécesseurs. Même la personne la plus bête au monde peut voir à quel point il ment." Il ajoute : "C'est pour ça que je vais choisir l'AFD, ils ont l'air plus honnêtes. Et j'espère qu'une fois qu'ils seront au pouvoir, les choses vont un peu s'améliorer pour moi."

Catherine, sa grande sœur, assistante sociale, opine du chef : "Beaucoup de promesses n'ont pas été tenues et l'AFD parle exactement de ce dont nous avons besoin, de ce que nous voulons. On veut pouvoir se sentir en sécurité dans notre propre pays, pouvoir payer la nourriture, le loyer, l'essence, l'électricité et le gaz. En ce moment, c'est très difficile." Thomas, constructeur de bateaux, raconte avoir rendu sa carte de la CDU. Il résume les choses ainsi : "Aujourd'hui, le problème de la CDU s'appelle Friedrich Merz."

Selon des estimations, en Saxe-Anhalt, l'AFD a récupéré près de 83 000 électeurs de la CDU, soit environ un électeur AFD sur sept. Thomas de Jesus Fernandes, autre candidat du parti d'extrême droite, espère retrouver la même dynamique dimanche. "La CDU est terminée, ici elle frôle les 5% dans les sondages. Friedrich Merz est devenu sans importance, plus personne ne s'intéresse à lui, son soutien a chuté même dans ses propres rangs", affirme-t-il.

Mais la veille, les huit ministres-présidents des régions dirigées par la CDU ont publié une lettre ouverte pour mettre fin au débat sur l'avenir de Friedrich Merz et appeler à faire bloc autour de lui.

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