Aux États-Unis, le gouvernement prévoit d’équiper les agents de l’ICE de gants à impulsion électrique
Le ministère de la Sécurité intérieure prévoit de dépenser entre 10 et 20 millions de dollars pour équiper les agents de l'ICE de gants à impulsion électrique.
© REUTERS / REUTERS
D’après des médias américains, le ministère de la Sécurité intérieure de Donald Trump prévoit de dépenser entre 10 et 20 millions de dollars auprès de Compliant Technologies pour équiper les agents de gants à impulsion électrique. Ce dispositif a suscité de nombreuses critiques côté démocrate.
Alors qu’aux États-Unis, la police de l’immigration (ICE) a battu un nouveau record en juillet en arrêtant plus de 51 000 personnes à travers le pays – le plus haut chiffre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche -, ses moyens devraient être encore renforcés. D’après des médias américains, dont la chaîne NPR, le ministère de la Sécurité intérieure prévoit de dépenser entre 10 et 20 millions de dollars pour équiper les agents de gants à impulsion électrique.
L’ICE « évalue en permanence les besoins de (ses) agents sur le terrain afin de s’assurer qu’ils disposent des outils et de l’équipement nécessaires pour procéder en toute sécurité à l’arrestation et à l’expulsion des étrangers délinquants en situation irrégulière », s’est ainsi justifié le ministère.
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Fabriqués par Compliant Technologies, une entreprise basée au Kentucky, ces appareils ont été baptisés GLOVE, pour « Generated Low Output Voltage Emitter [émetteur de tension de faible puissance] ». Le principe est simple : lorsqu’on active un bouton situé sur le gant au niveau du poignet, il délivre une décharge électrique au contact de la peau. À noter que le choc électrique transmis est moins fort qu’un Taser, et que de nombreuses forces de police et agents pénitentiaires utilisent déjà cet outil à travers le pays.
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Sur son compte Instagram, Compliant Technologies a d’ailleurs fait la promotion de leur fonctionnement. Est mis en scène un agent de l’ICE, lors d’une altercation physique, qui applique son gant sur le bras d’une personne, qui tombe immédiatement au sol, sonnée. « On me l’a déjà fait subir. Ça a fait mal », a affirmé Kenneth Corey, qui a passé plus de trente ans au sein de la police de New York, au micro de NPR. Ce dernier, mesurant 1,90m pour 113 kg, assure avoir « flanché », alors que « quelqu’un [l’a] simplement attrapé le poignet alors qu’il portait le gant ».
De vives critiques côté démocrate
Mais cette nouvelle arme - censée aider les agents de l’ICE à « gérer des situations dangereuses avec confiance et maîtrise », comme l’indique le site web de son fabriquant -, est loin de faire l’unanimité. Notamment chez les démocrates, tel que le député Maxwell Frost : « Comme si agresser les gens ou leur tirer dessus dans la rue ne suffisait pas. Ils dépensent désormais 20 millions de dollars de la poche du contribuable pour équiper de gants à impulsion électrique douloureuse leurs hommes de main, masqués, sans foi ni loi », a-t-il déploré.
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Si le travail des agents de l’immigration est « très difficile », « déployer cette technologie non-létale au moment où vous n’êtes pas vraiment intéressé à former les agents pour utiliser cette technologie, c’est vraiment inquiétant », a déclaré John Sandweg, un ancien directeur par intérim de l’ICE sous Barack Obama.
« Il n’en faut pas beaucoup pour imaginer cet outil être utilisé contre une mère qui résiste un petit peu parce qu’elle est séparée de son enfant », s’est-il inquiété sur la chaîne MS NOW, prévenant de possibles dérives « trop faciles » contre « une population qui ne pose aucun danger ». Cet outil « ne va protéger personne et juste donner à l’ICE un nouvel outil dangereux pour s’en prendre à la fois aux citoyens américains et aux immigrants », a dénoncé de son côté la députée démocrate Pramila Jayapal.
Et si les réactions sont aussi vives côté démocrate, c’est parce que l’ICE symbolise la politique d’expulsion massive de sans-papiers de Donald Trump. En janvier, la mort de deux manifestants en janvier à Minneapolis sous les balles d’agents de l’ICE avait provoqué une indignation nationale. L’ACLU (l’Union américaine pour les libertés civiles), la grande association américaine de défense des libertés publiques, a dit en juillet avoir déposé plus de 50 plaintes portant sur des potentiels abus des policiers de l’immigration à travers le pays.