Avis de tempête sur le MR : près d'un électeur sur deux menace d'aller voir ailleurs (+ infographies)

Avis de tempête sur le MR : près d'un électeur sur deux menace d'aller voir ailleurs (+ infographies)

Les chiffres ont de quoi interpeller. Seuls 67 % des Belges se disent prêts à formuler le même vote que celui exprimé il y a à peine deux ans si de nouvelles élections législatives venaient à être organisées dans le pays demain. Si 16 % de Belges avouent quant à eux ne pas être en mesure, à ce stade, de se positionner, 17 % expriment, eux, formellement leur intention de modifier leur vote par rapport à juin 2024.

Il s'agit là du principal enseignement qui ressort d'un sondage publié ce mardi 15 septembre 2026 par LN24 et réalisé au mois d'août par l'agence Dedicated auprès de 1502 personnes (marge d'erreur : 2,53 %).

Les électeurs du MR divisés

Parmi les grands perdants, on retrouve du côté francophone le MR : moins d'un électeur sur deux (46 %) ayant plébiscité le parti réformateur en juin 2024 y affirme son intention de voter à nouveau "certainement" (27 %) ou "probablement" (19 %) pour ce même parti en cas de nouvelles élections.

Plus marquant encore, un électeur du MR sur quatre (24 %) choisirait de ne "certainement pas" voter pour ce parti lors de prochaines élections. Au total, ce sont 45 % des électeurs du MR de juin 2024 qui envisageraient de modifier leur vote. Presque un électeur libéral sur deux !

Les Engagés entre deux chaises

Présents aux côtés des réformateurs dans l'ensemble des majorités législatives du pays accessibles aux francophones, Les Engagés limitent mieux la casse que leur partenaire.

Yvan Verougstraete président des engagés
Parmi les deux partenaires de majorité du côté francophone, Les Engagés d'Yvan Verougstraete se maintiennent mieux que le MR.

Deux de leurs électeurs de juin 2024 sur trois (63 %) envisageraient ainsi "probablement" (40 %), voire "certainement" (23 %) de voter à nouveau pour le mouvement de centre-droite en cas de nouvelles élections. Et si 24 % d'entre eux expriment leur intention de changer leur vote, cette perte serait en partie compensée par l'apport de nouvelles voix, principalement en provenance du MR (13 %) et de DéFI (9 %).

La gauche, le vent en poupe

De l'autre côté de l'échiquier politique, PS et PTB apparaissent comme les deux grands gagnants du sondage, vraisemblablement portés par le vent de la contestation populaire vis-à-vis des gouvernements actuellement en place.

Un électeur socialiste sur deux (49 %) indique ainsi son intention de "certainement" voter à nouveau pour le PS en cas de nouvelles élections, tandis que seuls 9 % d'entre eux envisageraient de modifier leur vote. Le constat est encore plus marquant pour le parti de gauche radicale : plus de quatre électeurs du PTB/PVDA sur cinq (84 %) affirment leur intention de voter "certainement" (55 %) ou "probablement" (29 %) pour ce même parti lors de prochaines élections.

Interview Paul Magnette
Le PS de Paul Magnette obtient le meilleur résultat en termes de fidélité des électeurs : 94% d'entre eux ayant déjà arrêté leur choix pour de futures élections envisagent de voter à nouveau pour le parti socialiste. ©EDA

En d'autres termes, PS (94 %) et PTB/PVDA (91 %) sont les deux partis qui présentent les plus hauts taux de fidélité électorale, tandis que Les Engagés (76 %) et le MR (55 %) arrivent en bout de liste.

Du MR… au PTB

Les deux partis catalogués à gauche bénéficient par ailleurs d'un report de voix relativement conséquent. Dans le chef du PS, c'est principalement de chez DéFI (12 %) et des Engagés (10 %) que les socialistes récupéreraient des mécontents. Quant au PTB/PVDA (tau de fidélité de 91 %), du côté francophone, ce sont des déçus du MR (7 %) et des Écolos (6 %) qui viendraient ainsi garnir leurs rangs – de quoi conforter les analyses selon lesquelles plusieurs électeurs historiques du PTB avaient plébiscité le MR en juin 2024, appâtés sans doute par le différentiel de 500 euros promis par le parti réformateur.

Georges-Louis Bouchez
Le MR de Georges-Louis Bouchez peine à fidéliser ses nouveaux électeurs : 7% d'entre eux seraient enclins à voter PTB lors d'un prochains scrutin ! ©EDA

Le centre à la peine

Dans ce contexte de polarisation politique de plus en plus marquée, les partis catalogués au centre ont du mal à se faire une place.

C'est le cas côté francophone d'Écolo, lequel peut compter sur un taux de fidélité important (89 %), mais qui peine à accueillir les mécontents des autres partis (à peine 3 %). Le constat est plus alarmant encore pour DéFI, qui risque de connaître un nouvel exode d'une partie importante de son électorat (31 %), sans là encore parvenir à convaincre les mécontents des autres formations politiques (6 %).

Présidence Ecolo
La tâche des nouveaux co-présidents d'Ecolo Marie-Colline Leroy et Gilles Vanden Burre s'annonce compliquée sur un échiquier politique plus que jamais polarisé. ©EDA

Conclave budgétaire : le MR affaibli ?

En marge du conclave budgétaire qui vient de s'ouvrir, plusieurs personnalités du paysage politique au niveau fédéral ont récemment montré les muscles. À commencer par le Premier ministre Bart De Wever (N-VA), lequel n'a pas exclu une chute du gouvernement faute d'un accord d'ici le 15 octobre.

Budget fédéral ou la chasse aux 10 milliards: laisser une trace ou sa place

Dans ce rapport de force entre les différentes composantes de l'Arizona, la N-VA peut capitaliser sur un taux de fidélité important (83 %) de ses électeurs. Si le CD & V (89 %) et Vooruit (88 %) apparaissent en meilleure posture encore que les nationalistes flamands, ces derniers semblent donc en mesure d'aborder l'exercice avec davantage de sérénité que les deux partis francophones de la majorité fédérale, et en particulier donc le MR.

Le président des réformateurs a pourtant déjà entamé le bras de fer, martelant certaines de ses lignes rouges, notamment lors de son meeting de rentrée face aux militants, réunis début du mois au pied de la butte du lion, à Waterloo. Mais si le MR apparaissait au soir du 9 juin 2024 comme le grand vainqueur des dernières élections, le sondage Dedicated commandité par LN24 apparaît comme une confirmation supplémentaire de la dynamique compliquée dans laquelle semble s'enliser le MR.

On se souvient en effet que, avant l'été, un sondage de nos confrères de la VRT, de la RTBF et du Standaard avait mis en lumière la chute du MR en Wallonie (-8 %) et à Bruxelles (-7,3 %). Deux semaines plus tard, lors du gala commémorant le 180e anniversaire du parti libéral, Georges-Louis Bouchez avait pourtant affiché une totale confiance : "En 2029, nous gagnerons les élections". Mais qu'en sera-t-il si les Belges sont appelés à retourner anticipativement aux urnes ?

BRUSSELS, BELGIUM - NOVEMBER 24 : The federal government ARIZONA (PM Bart De Wever (N-VA) & David Clarinval (Minister for Employment, the Economy and Agriculture (MR) & Maxime Prévot (Minister for Foreign Affairs, European Affairs and Development Cooperation (Les Engages) & Frank Vandenbroucke (Minister for Social Affairs, Public Health and Combating Poverty (VOORUIT) & Vincent Van Peteghem (Minister for the Budget and the Administrative Simplification (CD&V) & Jan Jambon (Minister for Finance, Pensions, the National Lottery and Federal Cultural Institutions (N-VA)) has reached a budget agreement (in total, spread across revenue and expenditure, an effort of ¬9.2 billion will be made by 2029) on November 24, 2025 in Brussels, Belgium, 24/11/2025 ( Photo by Didier Lebrun / Photonews
Bart De Wever a entamé cette semaine les premières négociations bilatérales dans le cadre du conclave budgétaire. Un accord en conseil des ministres restreint est attendu pour le 15 octobre. ©DLE

De Wever, la carrure d'un Premier élu

Alors que la France est entrée récemment en campagne dans le cadre de l'élection présidentielle du printemps prochain, Dedicated a simulé plusieurs scénarios dans l'hypothèse où les Belges seraient amenés à élire au suffrage direct leur Premier ministre.

Parmi les personnalités proposées dans le cadre du sondage, c'est Bart De Wever (18 %) qui recueille le plus de suffrages auprès de l'ensemble des personnes interrogées.

Foire de Libramont 2026
Bart De Wever Premier ministre : l'homme semble avoir convaincu les électeurs de sa compétence à exercer la fonction. En cas d'élection directe, 18% de Belges plébisciteraient l'homme fort de la N-VA. ©EDA

Si l'on observe uniquement les réponses côté wallon, Raoul Hedebouw (PTB, 22 %) arrive en tête devant Paul Magnette (PS, 15 %). Yvan Verougstraete (Les Engagés, 10 %) complète le trio de tête, juste devant Bart De Wever (N-VA, 9 %). Georges-Louis Bouchez (MR, 6 %) n'arrive qu'en cinquième position.

Manifestation nationale Bruxelles
Apprécié par une frange de l'électorat des deux côté de la frontière linguistique, Raoul Hedebouw (PTB/PVDA) arrive en 3e position des "Premier-ministrables" (9%) au niveau national. Côté wallon uniquement, le président du PTB arrive en deuxième position, talonnant Paul Magnette (PS) ©EDA

Convaincre son propre camp ? Pas toujours facile…

L'actuel Premier ministre est par ailleurs celui qui recueille le plus de suffrages (78 %) auprès des électeurs de son propre parti. Parmi les partenaires de l'Arizona, seul Conner Rousseau (Vooruit, 51 %) parvient à convaincre une majorité des électeurs de son propre camp ! Sammy Mahdi (CD & V, 48 %), Yvan Verougstraete (Les Engagés, 44 %) et Georges-Louis Bouchez (MR, 26 %) peinent quant à eux davantage à convaincre dans leurs propres rangs.

Notons que, dans l'opposition, Raoul Hedebouw (PTB/PVDA, 64 %) et Paul Magnette (PS, 58 %) font mieux que la plupart des présidents des partis de l'Arizona. Mais c'est le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, qui obtient le meilleur score (77 %).

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