Bâle-Mulhouse. Centre de gestion des opérations de l'EuroAirport : un service stratégique ouvert 24 heures sur 24

Bâle-Mulhouse. Centre de gestion des opérations de l'EuroAirport : un service stratégique ouvert 24 heures sur 24

C’est bien simple : moins on le voit, mieux l’aéroport se porte. Si l’Airport duty manager (ADM, ou responsable opérationnel) n’intervient pas ou que très peu dans une journée, c’est plutôt bon signe. Car quand il est à l’œuvre, c’est pour tenter de résoudre un problème, en informant les différents partenaires et en trouvant les solutions les mieux adaptées.

Les yeux rivés sur les différents écrans de contrôle, l’oreille toujours attentive ou à proximité du téléphone, il est en première ligne dès qu’un incident arrive. « On analyse, on coordonne, on échange, on valide, on optimise », détaille Pascal Van de Walle, qui occupe cette fonction depuis la création du service à l’EuroAirport en 2018.

Agir vite et efficacement

Les incidents susceptibles de perturber le bon fonctionnement de l’aéroport de Bâle-Mulhouse et d’engendrer des retards peuvent être nombreux : bagage abandonné, mauvaises conditions météorologiques, problème technique sur un avion, manque de personnel…

Au total, 37 irrégularités sont recensées dans un document qui donne la marche à suivre. « C’est ensuite à nous, les ADM, de nous assurer que les informations importantes sont diffusées aux services concernés puis de gérer l’irrégularité ou le dysfonctionnement en optant pour la solution la plus appropriée, en indiquant à nos partenaires ce qu’ils doivent faire pour y remédier », poursuit Pascal Van de Walle.

L’Airport duty manager doit être capable de détecter toute irrégularité et de trouver une solution efficace et rapide pour y remédier.   Photo Alexandre Tavani

L’Airport duty manager doit être capable de détecter toute irrégularité et de trouver une solution efficace et rapide pour y remédier.   Photo Alexandre Tavani

À l’AOM, on estime que partager l’information au plus grand nombre et la relayer le plus rapidement possible permet de gagner en efficacité et de rétablir une situation normale au plus vite. L’AOM, c’est un peu le centre de contrôle de l’aéroport, là où l’on sait jour après jour, heure par heure, si la machine fonctionne bien ou si un grain de sable peut venir la gripper.

« Centraliser les choses était devenu indispensable pour accompagner la croissance de l’EuroAirport qui est passé de 6,5 millions à 8,5 millions de passagers entre 2014 et 2018 et a atteint son record en 2025 avec 9,3 millions de passagers accueillis, souligne le responsable opérationnel (ils sont six à se relayer à ce poste). Avant 2018, on faisait déjà le même travail, mais chacun dans nos services respectifs. On perdait un temps colossal rien que pour essayer d’échanger des informations. Aujourd’hui, tout va plus vite. »

Suspendre le trafic aérien si nécessaire

En quelques secondes, le responsable opérationnel est en mesure d’informer les opérateurs qui travaillent sur la plateforme, les prestataires de certaines compagnies aériennes comme Swissport, les services de l’aéroport mais aussi les autorités comme la Direction générale de l’aviation civile, les douanes, la brigade de gendarmerie des transports aériens ou la police aux frontières.

Une réflexion est en cours pour étendre ces partenariats et intégrer d’autres services comme celui qui gère les parkings et les accès à l’aéroport. « Il y a quelques mois, on a été informé par la CEA [Collectivité européenne d’Alsace] d’un incident sur l’A35, un camion transportant des fruits et légumes s’était renversé et l’autoroute avait été coupée. On a pu réagir rapidement, informer les compagnies et les passagers pour que le problème soit géré au mieux », raconte Pascal Van de Walle.

L’accès au centre de gestion des opérations aéroportuaires est limité à un certain nombre de personnes et partenaires et il peut être fermé en cas d’incident en cours.   Photo Alexandre Tavani

L’accès au centre de gestion des opérations aéroportuaires est limité à un certain nombre de personnes et partenaires et il peut être fermé en cas d’incident en cours.   Photo Alexandre Tavani

Transport des passagers en bus, gestion des bagages, avions en approche, bulletins météo : l’Airport duty manager a un œil sur tout, dans un objectif bien précis : « La finalité, c’est le on time performance, faire en sorte que l’avion parte à l’heure, c’est cette règle qui nous oblige à faire le nécessaire mais sans aucun compromis sur la sécurité, toujours en respectant les règles. Parfois, il suffit de peu pour régler le problème, mais il nous arrive aussi de devoir suspendre les opérations et d’interrompre le trafic aérien », indique le responsable opérationnel.

Si le problème est plus important (décès, incendie, crash aérien…), l’ADM passe le relais et une cellule de crise est mise en place.

Avoir des connaissances et savoir anticiper

Au sein du centre de gestion des opérations aéroportuaires, l’Airport duty manager est présent sept jours sur sept et 24 heures sur 24. « En général, il n’y a pas de vol de minuit à 5 h, mais on doit être présent pour gérer l’imprévu s’il se présente : un vol sanitaire, un déneigement à effectuer d’urgence, une panne électrique… Le métier requiert beaucoup de connaissances aéronautiques et d’expérience. Il faut aussi savoir tirer un certain nombre de ficelles et savoir déclencher des choses et prendre des décisions au bon moment. »

L’anticipation fait aussi partie des qualités requises : « À force, on a un radar qui détecte les problèmes pour les résoudre avant qu’ils ne surviennent, poursuit Pascal Van de Walle. Notre plus grande satisfaction, c’est d’arriver à résoudre ces problèmes au fur et à mesure, sans que le personnel et les passagers ne s’en rendent compte. »