Balle perdue : critique faste et furieuse

Balle perdue : critique faste et furieuse

Par Simon Riaux

18 septembre 2026

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Le bruit courait depuis quelques mois, et la première bande-annonce lâchée par Netflix lui avait donné un bel écho. Avec Balle perdue, on se prenait à espérer que le cinéma français nous délivre un bel uppercut. Guillaume Pierret y est-il parvenu ?
NB : la critique de Balle Perdue a été remise en avant pour sa diffusion sur TFX ce 18 septembre.

Balle perdue : critique faste et furieuse

© Netflix

FRENCH BOUM-BOUM 

Depuis les efforts d’Eric Valette, la trilogie musclée de Fred Cavayé (Pour elle, À bout portant et Mea culpa) ou l’énervé Nuit blanche, le cinéma français avait laissé orphelin les amateurs d’action, poussant même plusieurs de ses ambassadeurs à se tourner vers la comédie pour continuer à tourner. C’est dire comme le plaisir est grand de retrouver une production du genre, aussi maîtrisée et affûtée techniquement. Car ce qui frappe dans Balle Perdue, sitôt que le film laisse libre cours à l’énergie qui l’habite, c’est bien son sens du spectacle. 

Pensé non pas pour concurrencer les cadors du cinéma américain (n’espérez pas retrouvez l’art de la virevolte chorégraphiée made in John Wick), le métrage opte pour une conception à la fois modeste et organique de l’action, à l’impact souvent ravageur.

Plutôt que d’orchestrer de gigantesques fusillades, ou des poursuites permettant de renouveler le parc automobile hexagonal, Guillaume Pierret veille à concevoir des séquences autour d’une poignée d’éléments clefs (un décor, un accessoire, un principe, un mouvement), qu’il utilise selon une dynamique extrêmement ludique. 

Que ses personnages se collent une peignée homérique dans un commissariat, ou démantibulent littéralement des voitures lancées à pleine vitesse, la précision de ces scènes, l’engagement de la caméra au cœur de l’action et la vitalité du montage assurent systématiquement un rendu ébouriffant. Toujours consciente de l’effet recherché, la caméra ne se dérobe jamais, offre systématiquement un angle idéal, transformant chaque montée d’adrénaline en petit festin de bourrinerie. 

Balle perdue : Photo Alban Lenoir
Un Alban Lenoir qui déploie son gros moteur

LES BOURRINS DE LA GALAXIE 

Si Balle perdue s’avère aussi attachant, c’est également grâce à son casting. Alban Lenoir en tête, définitivement à son aise hors de la comédie, dont l’implication physique est impressionnante. Comme si son jeu se musclait au même rythme que ses deltoïdes, il retrouve ici la fureur cool qui l’habitait dans Antigang, et s’impose une nouvelle fois comme un des comédiens les plus polyvalents du cinéma français. Une surface de transfert qui offre instantanément au spectateur une électricité jubilatoire qu’on croyait disparue de nos écrans. 

Mais il n’est pas seul, et à ses côtés Stéfi Celma fait des étincelles à en calciner une forêt de séquoias. Invraisemblablement charismatique, elle impulse une nervosité remarquable, qui trouve un contrepoint idéal avec la dynamique plus floue de Duvauchelle. Entre épate trouble et prédation affirmée, il offre aux scènes de baston quelques goûteuses tatanes. Si bien que quand se termine le film, on se languit déjà de retrouver ces comédiens à l’affiche de productions aussi intenses et ambitieuses, capable de leur fournir une partition aussi puissamment populaire et divertissante. 

Balle perdue : Photo Stéfi Celma
Stéfi Celma n’est pas du tout là pour plaisanter

On regrettera toutefois que malgré son tempo soutenu et sa durée ramassée (une petite heure et demie), Balle Perdue ait un peu de mal à l’allumage. C’est dans son premier tiers, le plus bavard et mécanique que le métrage trahit quelques faiblesses, hélas centrées sur le personnage de Ramzy Bedia. Le choisir dans le rôle d’un flic entre sarcasme et bravade menaçante était pourtant une excellente idée, mais son personnage et le premier acte souffrent de rouages trop épais pour convaincre.

On espère donc que Guillaume Pierret bénéficiera dès son second long-métrage d’un script un peu plus affiné, qui lui permettra de nous pulvériser tout à fait les rétines. 

Balle perdue est disponible sur Netflix depuis le 19 juin 2020

Balle perdue : Affiche

Rédacteurs :

Balle perdue est un délicieux coup de boule, qui vient secouer la dentition d’un cinéma français en mal d’action spectaculaire et de divertissement populaire ambitieux.

Tout savoir sur Balle perdue

  • Balle Perdue 3 : bande-annonce explosive pour le retour du Fast and Furious français de Netflix

  • Balle perdue 2 : une bande-annonce musclée pour la vendetta de Netflix

  • Balle perdue 2 : la suite se dévoile dans une bande-annonce explosive

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