Basket. « On rêve tous que ça marche » : la paire Wemby-Gobert, facteur X des bleus ?

Basket. « On rêve tous que ça marche » : la paire Wemby-Gobert, facteur X des bleus ?

En plus de faire un très grand pas vers la qualification pour la Coupe du monde 2027 (27 août-12 septembre au Qatar), les Bleus ont l'occasion, dans la capitale suédoise, de parfaire leurs automatismes, notamment entre joueurs évoluant en NBA.

En raison des contraintes du calendrier, les opportunités sont rares : le sélectionneur Frédéric Fauthoux a, sous la main, ses deux tours jumelles lors des quatre matches d'août (deux amicaux passés contre la Serbie, celui remporté face à la Slovénie, jeudi, et celui de dimanche, face à la Suède) pour la première fois, puisque tous deux étaient absents en 2025 et Wemby a fait l'impasse en juillet. Et ce sera aussi la dernière fois avant la préparation du Mondial l'été prochain.

«  C'est unique »

Le temps est compté, donc, pour tester l'association entre le meilleur défenseur de la dernière saison NBA, Wembanyama (2,24 m), et celui qui a décroché ce titre à quatre reprises (record égalé), Gobert (2,16 m).

Un binôme imaginé par Vincent Collet pour les Jeux olympiques 2024, avant d'être abandonné au cours de la phase de poules sur un constat d'échec. « On rêve tous que ça marche super bien, mais pour ça, il y a du travail » : Fauthoux, son successeur sur le banc des Bleus a repris l'idée, séduisante sur le papier, notamment pour verrouiller l'accès à la raquette ponctuellement, sur une courte durée ou plus longue face à un adversaire peu outillé dans le secteur intérieur.

Comme face à la Slovénie, jeudi 27 août, à Bercy (92-67), où Gobert et Wembanyama ont été alignés ensemble pendant cinq minutes dans le deuxième puis le dernier quart-temps. « On a eu des bons passages des deux côtés, on a pu vraiment les impacter physiquement. Quand on est tous les deux en synergie, c'est unique », a commenté Rudy Gobert, après la rencontre face aux Slovènes.

L'utiliser avec « parcimonie »

Wembanyama, lui, a dit espérer « partager le terrain pendant des années » avec son prédécesseur comme capitaine. Fauthoux voit cette association « avant tout comme une arme de dissuasion », défensive donc : la raquette ainsi occupée, l'équipe de France devient « très compliquée à attaquer » pour peu que les joueurs extérieurs « mettent de la pression » sur leurs opposants, qui se retrouvent dès lors piégés entre le marteau et l'enclume.

Or, « nos extérieurs ont la capacité à bien défendre sur le ballon », note l'ancien pivot des Bleus Frédéric Weis. L'actuel consultant pour beIN Sports et RMC Sport voit cependant dans cette association « un coup tactique intéressant, mais seulement à utiliser avec parcimonie », face à des équipes peu outillées en « bigmen ».

Car en attaque, « naturellement, les deux ont tendance à aller dans la peinture », la raquette, et à se marcher sur les pieds. « Et Victor se retrouve éloigné du cercle, là où statistiquement il est meilleur », complète Weis.

« Pas 20 points chacun »

Fauthoux, lui, a trouvé face aux Slovènes « un peu plus de fluidité sur le côté offensif » entre Wembanyama et Gobert, qui ont échangé deux passes. Un jeu intérieur-intérieur facilité, encore une fois, par le peu d'opposition dans la raquette.

Cependant, « on parle toujours de la connexion entre Rudy et Victor, mais c'est surtout les joueurs autour qui doivent leur permettre d'avoir des espaces intéressants », insiste Fauthoux.
De plus, leur présence en attaque doit libérer « des espaces » pour les autres.

« C'est ça qui est important, appuie le sélectionneur. Il ne faut pas attendre qu'ils marquent 20 points chacun quand ils sont ensemble. Ça arrivera peut-être un jour, mais je n'imagine pas comme ça (leur association). (Mon but) est que tout le monde soit connecté ensemble sur le terrain. Et pour ça, il faut du temps. »