Territoire de Belfort. Faux « Prix Nobel » : interdit d'enseigner dans le supérieur, il est discrètement recasé dans un lycée
Le professeur de lettres franc-comtois qui s'était auto-attribué la « Médaille d'or de philologie » fait désormais partie des effectifs d'un lycée belfortain. Mais il ne sera pas devant les élèves, assure le rectorat.
La rédaction -
Aujourd’hui à 13:30 | mis à jour aujourd’hui à 15:39
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« Cela coûtait cher à l’Éducation nationale de le payer à rester chez lui », a réagi un de ses nouveaux collègues, passablement énervé : Florent Montaclair, ce professeur agrégé de lettres franc-comtois soupçonné par la justice d'une « gigantesque supercherie » et visé par une « interdiction d’exercer ses fonctions dans un établissement public d’enseignement supérieur », fait désormais partie des effectifs du lycée Condorcet de Belfort, a révélé mercredi L'Est Républicain. Enseignant depuis 25 ans à l'institut de formation des professeurs (Inspé), rattaché à l'université de Besançon, l'intéressé s'était prévalu en 2016 de la « Médaille d'or de philologie », décernée par la « Société internationale de philologie » et présentée comme « équivalent du prix Nobel » dans cette science du langage.
Après un signalement à la justice de l'université en 2025, l'enquête avait permis de constater qu'il n'existait pas de médaille d'or de philologie reconnue internationalement, et que la soi-disant société internationale ne reposait que sur un site internet « minimaliste ». D'où l'hypothèse, privilégiée par la justice, d'une « véritable supercherie à une échelle internationale créée par cet enseignant », comme le résumait en février le procureur de Montbéliard.
Florent Montaclair en 2023 à Montbéliard. Photo EBRA/L'Est Républicain/Lionel Vadam
L'homme avait été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête pour faux, usage de faux, escroquerie et usurpation de titre. Parallèlement, il avait fait l'objet d'une procédure disciplinaire au terme de laquelle il est interdit d'exercer à l'université depuis le 7 avril et a été réintégré au sein de l’académie de Besançon.
« Je vais là où on me dit d’enseigner »
Sur les premiers emplois du temps publiés en interne au lycée Condorcet de Belfort, il devait avoir la charge d’une classe de BTS, malgré cette interdiction. Finalement, il ne s'agit "que" de lycéens, et il ne leur fera pas cours, a précisé mercredi soir le rectorat à L'Est Républicain : « L’idée était de l’affecter à une mission de remplacement mais sans qu’il soit chargé de se présenter devant une classe. »
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« Je suis enseignant, donc je vais là où on me dit d’enseigner », a simplement réagi de son côté Florent Montaclair.
>> Lire l'article de L'Est Républicain.