Besançon / Billet. Conseil municipal : les difficultés de lecture du maire Ludovic Fagaut

Besançon / Billet. Conseil municipal : les difficultés de lecture du maire Ludovic Fagaut

Willy Graff -

Aujourd’hui à 07:00 | mis à jour aujourd’hui à 08:54

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Ludovic Fagaut a cru lire - à tort - dans L'Est Républicain qu'Anne Vignot l'accusait de lui avoir « coupé la parole ». Photo Léa Didier
Ludovic Fagaut a cru lire - à tort - dans L'Est Républicain qu'Anne Vignot l'accusait de lui avoir « coupé la parole ». Photo Léa Didier

Dans une ambiance surchauffée, les élus de la majorité et ceux de l'opposition ont partagé durant huit heures la salle du conseil municipal, ce jeudi à Besançon, sans retenir leurs coups, avec une chamaillerie par-ci, une provocation par-là... Bien que cet aspect n'amuse pas forcément les Bisontines et Bisontins, lassés que la forme prenne trop souvent le pas sur le fond, ces joutes oratoires font partie du jeu politique.

La scène vécue à cinq minutes du coup de sifflet final, en revanche, mérite un carton jaune. Qu’un élu cite voire critique notre journal publiquement n’est ni inédit, ni gênant. Mais qu’un maire déforme la réalité objective d’un article pour servir ses intérêts politiques laisse davantage songeur.

Enième étincelle qui s'embrase entre l'actuel et l'ancienne maire

Lors d’une énième passe d’armes avec Anne Vignot portant sur une séquence survenue plus tôt dans la soirée, Ludovic Fagaut est sorti de ses gonds.« Je viens de lire le billet de L’Est Républicain (publié sur notre site internet, N.D.L.R.), où vous auriez soi-disant demandé la parole ? À quel moment ! ? », s’agace le maire. Anne Vignot explique avoir en vain appuyé sur le bouton, conformément au règlement, soucieuse alors de s'exprimer. Le maire, lui, prétend qu'il n'a simplement pas vu la lumière du micro s’allumer : « Dans l’article, je vous aurais coupé la parole, et vous vous en offusquez ?! »

Chahutée, Anne Vignot tient sa ligne - « Je n’ai pas dit que vous avez coupé la parole » - mais Ludovic Fagaut n’en démord pas : « Ce qui est marqué, c’est que je vous ai coupé la parole ! Il faudrait être juste dans vos propos… Ou alors c’est Monsieur Georges, assis au fond de la salle, qui a mal rédigé vos propos ? »

« Couper la parole » ou ne pas la couper, là est la question

Le problème, ici, n’est pas le professionnalisme de notre confrère nommément désigné, mais les capacités de lecture du maire. Jamais dans l’article évoqué par Ludovic Fagaut, n’est écrit ni suggéré le terme « couper la parole ». Comment expliquer cette erreur ? Nous n’osons imaginer qu’un élu de la République use de mauvaise foi, pour faire d’une pierre deux coups : décrédibiliser son adversaire politique en distordant la réalité, tout en tentant de décrédibiliser notre confrère.

Accordons donc à Monsieur Fagaut la faiblesse de ne pouvoir à la fois mener une séance publique, tout en lisant, dans le même temps, la presse de manière convenable. Peut-être présentera-t-il ses excuses à notre confrère, de manière privée ou d’une manière tout aussi publique que celle privilégiée ce jeudi pour questionner son éthique, mais s’il venait à faire l’impasse sur cette élégance, que Ludovic Fagaut se rassure : on lui pardonnera. Pour cette fois.

Pour revivre en intégralité les débats du conseil municipal de ce 18 septembre : site de la Ville