Une frappe aérienne de l’armée sur un monastère fait 14 morts en Birmanie

Une frappe aérienne de l’armée sur un monastère fait 14 morts en Birmanie

20 Minutes avec AFP

20 Minutes avec AFP

Publié le 22/08/2026 à 12h32 • Mis à jour le 22/08/2026 à 12h32

Quatorze personnes ont été tuées vendredi dans une frappe aérienne de l’armée birmane contre un monastère où des civils participaient à une retraite de méditation, selon deux témoins qui se sont rendus sur les lieux après les faits.

« Ils ont intentionnellement attaqué un monastère »

L’attaque s’est produite vers 9 heures locales (2h30 GMT) aux abords de la commune de Myaung, dans le centre du pays, ravagé par la guerre civile. Onze hommes et trois femmes ont péri, d’après Nway Oo Myaung, un combattant prodémocratie qui a pris part à l’évacuation des victimes.

« Comme le veut notre tradition pour le carême bouddhique, des personnes âgées étaient entrées pour trois mois au centre de méditation », a-t-il expliqué vendredi. « Les victimes avaient entre 50 et 70 ans », a-t-il ajouté. « Ce n’était pas une erreur de cible, ils ont intentionnellement attaqué un monastère ».

« L’appareil est revenu bombarder une seconde fois »

Un second combattant local, s’exprimant sous couvert d’anonymat pour des raisons de sécurité, a confirmé samedi le bilan humain de la frappe aérienne. « Cinq des morts venaient de notre village et les neuf autres de villages voisins », a-t-il déclaré. « Alors que nous tentions de secourir des gens, l’appareil est revenu bombarder une seconde fois », a-t-il poursuivi. Il n’a pas été possible dans l’immédiat de joindre l’armée birmane pour un commentaire.

Plus de 100.000 personnes ont été tuées, tous camps confondus, depuis le début de la guerre civile en Birmanie, déclenchée en 2021 par un coup d’Etat militaire qui a renversé le gouvernement élu d’Aung San Suu Kyi.

L’armée intensifie les frappes contre les civils

Des enquêteurs de l’ONU ont publié la semaine dernière un rapport accusant les militaires d’avoir intensifié leurs frappes aériennes contre les civils. « La fréquence et l’intensité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis par l’armée birmane et par divers groupes armés n’ont cessé de s’aggraver », ont-ils souligné.

Le gouvernement birman a rejeté ces « allégations unilatérales », basées selon lui sur « des informations invérifiables et inexactes ».

L’ancien chef de la junte Min Aung Hlaing est devenu président en avril à l’issue d’un scrutin restreint dénoncé à l’étranger comme une manœuvre pour donner au pouvoir militaire un déguisement civil.

Il cherche depuis à relancer les relations diplomatiques de son pays, largement marginalisé par la communauté internationale après le coup d’Etat de 2021. L’Inde, la Chine, le Laos et la Thaïlande l’ont tous accueilli ces derniers mois, suscitant les critiques de militants des droits humains.

Min Aung Hlaing s’est également rendu cette semaine en Russie et en Biélorussie, qui ont toujours affiché leur soutien à la Birmanie, même sous la junte.