Nouvelle-Zélande : McKenzie - Barrett, les "papas" font de la résistance
Confronté à des blessures aux postes clés, Dave Rennie avait fait le choix de replacer Damian McKenzie en 10 et de relancer Beauden Barrett en 15. Les deux trentenaires ont été déterminants dans le succès des leurs.
Sur le papier, la Nouvelle-Zélande était évidemment favorite de cet énième choc face au voisin australien. Sur le papier, aussi, figuraient de nombreuses zones d’ombre côté all black : le XV composé par Dave Rennie pour cette levée de la Bledisloe Cup était loin de ce que le sélectionneur avait pu imaginer au début de cette interminable séquence internationale. Sans Ardie Savea (épaule), Luke Jacobson (coude), Ruben Love (cheville), Richie Mo’unga (mollet) et on en passe, les vice-champions du monde étaient affaiblis, privés pêle-mêle de leur capitaine, de leurs deux ouvreurs titulaires et de deux de leurs trois meilleurs troisièmes lignes.
A l’heure de coucher son équipe de départ, Dave Rennie s’était retrouvé confronté à son lot de dilemmes et problématiques. Pour ses lignes arrière, il avait décidé de miser sur du classique - et les certitudes d’une autre époque - en plaçant Damian McKenzie (31 ans) à l’ouverture et en relançant Beauden Barrett (35 ans) à l’arrière. Un double pari. S’il avait été aligné lors des trente-sept derniers tests de la sélection à la fougère, McKenzie n’avait plus porté le numéro 10 depuis près d’un an et un déplacement à Cardiff. Mais les réflexes, comme la magie, sont intacts. Heureusement pour les Blacks, d’ailleurs. Après une entame en faveur des Wallabies, l’étincelle néo-zélandaise est venue du joueur des Chiefs, parfaitement assisté par l'irrésistible Cameron Roigard. D’une percée magnifiée par une combinaison avec Peter Lakai sur le premier essai et d’une passe astucieuse pour Wallace Sititi sur le second, Damian McKenzie a montré qu’il avait encore les atouts d’un premier choix à l’ouverture.
Beauden Barrett, cap sur les 150
Des choses à prouver, Beauden Barrett en avait aussi beaucoup après une saison internationale jusqu'alors réduite à neuf minutes face aux Boks et à des apparitions face aux provinces sud-africaines. A l'Eden Park, l’icône aux 145 sélections avait une occasion à saisir. Il a globalement rassuré ses plus fidèles supporters et admirateurs. Plutôt discret au cours du premier acte, la légende aux 145 capes est monté en puissance au fil des minutes pour sceller le sort de la rencontre, indécise jusqu’au début de la seconde période (17-14 alors). A l’arrivée, il en ressort une impression rassurante à son sujet : l’attaquant des Blues a conclu la partie avec un nombre précieux de retours défensifs et un record de défenseurs battus – cinq à son actif. Les vieilles jambes ne demandent qu'un peu de rythme.
A défaut de pouvoir remonter le temps et même de chambouler la hiérarchie à court terme – le premier choix en 15 restant selon toute vraisemblance… Damian McKenzie, Beauden Barrett a légitimé sa présence dans le groupe actuel des Blacks. Il postulera pleinement pour la tournée de novembre qui se profile. Le cap des 150 sélections est un horizon accessible. La Coupe du monde, aussi, s’il poursuit sur sa lancée d'Auckland.