"C'est l'apocalypse" : au Parc des expositions de Bordeaux, l'angoisse des évacués des incendies en Gironde
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Les milliers de personnes ont été évacuées dans plusieurs communes près de Bordeaux. Toutes acheminées aux Parc des expositions de la ville où ils décrivent "l'apocalypse".
Radio France
Publié le 25/07/2026 07:26
Temps de lecture : 3min
L'incendie qui sévit depuis mercredi 22 juillet en Gironde, a poussé la préfecture à demander l'évacuation "préventive" de sept communes de l'agglomération de Bordeaux, dans la nuit du vendredi 24 au samedi 25 juillet. Sont cocnernés les habitants des communes de Saint-Médard-en-Jalles, Le Haillan, Saint-Jean d'Illac, Martignas-sur-Jalles et Saint-Aubin de Médoc. Les communes de Mérignac et d'Eysines, limitrophe de la ville de Bordeaux, sont aussi partiellement concernées.
S'il fallait un mot pour résumer la situation dans laquelle se trouve les personnes évacuées, au Parc des expositions de Bordeaux, ce serait "le chaos". Il y a des gens partout, des milliers de personnes, des enfants, des bébés, des personnes âgées. Il fait chaud aussi, dans ce grand hall, où se trouve des lits de camp, tous occupés. Des gens dorment sur des petits matelas jetés sur le sol. Un monsieur très âgé a posé sa tête sur ses mains, sur la table parce que c'est le seul moyen qu'il a trouvé pour se reposer un peu.
Il y a aussi une longue file d'attente pour accéder à l'endroit où on distribue un peu de nourriture. Les volontaires gardent le sourire alors qu'ils sont épuisés. Ils sont là parfois depuis presque 24 h, en continu pour aider les gens, les évacués qui arrivent.
C'est un flux ininterrompu d'évacués qui arrivent au Parc des expositions de Bordeaux, puisque les évacuations se multiplient samedi 25 juillet, notamment dans la métropole bordelaise. À Mérignac, notamment, la partie Extra Rocade, selon les termes de la préfecture, a été évacuée à 3 h du matin.
Odile a 90 ans, elle est "tout à fait épuisée. Nous sommes partis de Saint-Médard avec ma fille qui habite le Haillan, et nous avons pris au passage avec nous un monsieur qui vit tout seul et qui a 99 ans et malvoyant.
"Nous sommes très, très fatigués et nous espérons que cette évacuation va prendre fin rapidement."
Odile, 90 ans, habitante évacuée de Saint-Médard
à franceinfo
Elle n'a pas pu trouver de lit de camp pour se reposer. "Nous n'avons pas dormi de la nuit, donc nous aurions bien bien aimé nous étendre un petit peu", explique-t-elle. En ce qui concerne la nourriture, "nous n'avons pas encore consommé, mais apparemment il semblerait que ce soit correct" poursuit la nonagénaire. Les volontaires en tout cas se démènent.
Alors que les flammes ne sont pas encore aux portes des communes évacuées, et bien qu'il y a parfois des fumées selon l'orientation du vent, une odeur de brûlé, Odile ne comprend "pas vraiment" pourquoi elle a été évacuée "parce que quand même, le feu n'était pas aux portes de Saint-Médard. Nous avons été évacués d'une manière un peu précoce" estime-t-elle. "Maintenant, je ne connais pas évidemment comment tout cela fonctionne". La préfecture parle d'évacuation préventive. Vendredi soir, une pluie de cendres tombait sur la métropole bordelaise.
Odile ajoute qu'"évidemment, il vaut mieux être plus trop prudent que pas assez. Mais vu l'affluence qu'il y a. Vu l'immensité de cette salle des expositions à Bordeaux", qui frôle déjà la saturation, "il eût mieux valu avoir plusieurs points d'accueil plutôt qu'une grande salle comme ça, où vraiment nous sommes tous perdus".
Parmi les autres évacués, Nathalie l'a été doublement. Elle était "en dialyse", vendredi. "Je suis partie quand le Cap-Ferret a été évacué. Il y avait énormément de monde sur la route. On se serait cru un dimanche soir en retour de plage. C'était un peu anxiogène déjà" témoigne-t-elle. À ce moment là, elle avait "grand espoir de rentrer chez [elle], parce [qu'elle] habite à Andernos". Nathalie 'na finalement pas pu rentrer chez elle, "non, j'ai été rapatrié chez mes cousines au Haillan. À 20 h on a reçu nos premières alertes et donc on a commencé à préparer les affaires. Les miennes étaient déjà prêtes puisque j'étais déjà rapatrié". Avec elle, "deux sacs, quelques mes médicaments, mes papiers et des rechanges".
"C'est l'apocalypse. C'est angoissant, stressant en même temps sécurisant bien sûr, parce qu'on est à l'abri de tout."
Nathalie, évacuée d'Andernos puis du Haillan en Gironde
à franceinfo
Nathalie insiste, "c'est très angoissant parce qu'on ne sait pas de quoi demain sera fait. Quand on va pouvoir rentrer chez nous. Le fait d'être malade en plus, ça rajoute du stress et de l'angoisse à la situation", conclue-t-elle.
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