« C’est tout ce que je voulais que mon mari sache quand j’étais enceinte » : la docteure Julieta Quesada signe un guide pour aider les futurs pères à trouver leur place

« C’est tout ce que je voulais que mon mari sache quand j’étais enceinte » : la docteure Julieta Quesada signe un guide pour aider les futurs pères à trouver leur place

C’est la promesse d’une « conversation franche », par pages interposées. L’offre d’un coup de pouce – et non d’un mode d’emploi très formel – pour qui s’apprête à être père.

« Ce livre s’adresse à toi, futur papa, que tu sois enthousiaste, curieux, stressé, un peu perdu ou totalement dépassé. Il ne s’agit pas de te transformer en père parfait (spoiler : ça n’existe pas) mais de t’aider à comprendre ce qui t’attend, et surtout à prendre pleinement ta place, dès maintenant », écrit ainsi l’autrice, Julieta Quesada, en introduction à La Fabrique des papas. Convaincue que le fait de devenir daron se joue bien avant la naissance.

Plus connue sous le pseudo de « Docteur urgences » sur les réseaux sociaux – où elle cumule près d’un million d’abonnés – la médecin urgentiste à l’hôpital La Palmosa signe là son deuxième livre après Petites frayeurs et gros bobos, c’est grave docteur ? Il sera disponible en librairie le 27 août, ou dès à présent en précommande.

« J’avais cette idée depuis longtemps. Quand j’étais enceinte de ma fille, mon mari était super inutile, ironise la Mentonnaise. Il voulait faire bien, mais toute la charge mentale de la grossesse, il ne l’avait pas. Alors je me suis dit : pourquoi ne pas faire un manuel ? »

Et surtout, pourquoi ne pas le faire elle-même. Car Julieta Quesada le confesse : pour se deuxième grossesse, elle a acheté un ouvrage disponible sur le marché à son compagnon… mais celui-ci ne l’a pas lu ! En cause, d’après elle, le manque d’informations réellement pratiques.

Alors quand les éditions Vuibert l’ont contactée sur les réseaux sociaux pour savoir si elle avait des projets, Julieta a sauté sur l’occasion.

« Ils ont été super cool, j’ai pu parler de tout. Et je dois dire que je suis assez fière, c’est vraiment moi dans ce livre. Pas uniquement le docteur, mais aussi la femme, la mère », commente-t-elle. Ravie d’avoir pu adopter un ton léger, d’avoir su caser une bonne dose d’humour. À son image.

« Je parle des modes de garde, de combien ça coûte d’avoir un bébé, des aspects physiologiques de la grossesse, de comment gérer une fausse couche, de la sexualité pendant la grossesse… », liste-t-elle. Évoquant également une grosse partie consacrée au dépistage de la dépression post-partum – à différencier du simple baby-blues.

« C’est bien souvent le ou la compagne qui peut repérer. Je donne donc des clés sur ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. D’autant que les mères ont parfois du mal à admettre qu’elles ont besoin d’aide. Tout le monde part du principe que l’on naît mère… mais non ! »

« J’ai réfléchi à toutes les questions qu’on m’avait posées »

Julieta Quesada a imaginé le livre qu’elle aurait aimé que son mari ait entre les mains avant d’avoir ses deux enfants.
Julieta Quesada a imaginé le livre qu’elle aurait aimé que son mari ait entre les mains avant d’avoir ses deux enfants.
Frantz Bouton / Nice Matin

Le livre se décline en trois parties. L’envie d’avoir un bébé. La grossesse. Puis les premiers mois de bébé. « Je me concentre surtout sur les trois premières semaines. L’arrivée du bébé à la maison, c’est le moment où la mère est le plus fragile. »

Page après page, on découvrira ainsi comment lire un test de grossesse, que faire si ça ne marche pas, comment réagir à l’annonce (et comment l’annoncer à son tour), comment faire quand ça se passe mal. On apprendra quelle alimentation la femme enceinte doit favoriser, quels sont ses inconforts.

On abordera les achats indispensables, les symptômes à l’approche de l’accouchement, la prématurité, les étapes d’un accouchement, le premier contact avec l’enfant, les premiers jours à la maternité, le retour à la maison, la récupération. Mais aussi comment porter son bébé, le baigner, le faire dormir, le soigner. Comment le nourrir, que faire quand la maman va mal émotionnellement, comment rester un couple.

Drôle, mais toujours scientifique dans son approche, Julieta Quesada n’hésite pas à casser quelques mythes ou idées reçues au passage. Tout en abordant les questions que l’on pourrait avoir honte de poser.

Pour bâtir son guide, la maman-médecin s’est appuyée sur son expérience personnelle : « C’est tout ce que je voulais que mon mari sache quand j’étais enceinte ». Mais aussi sur le vécu des gens qu’elle croise à l’hôpital ou à la maison.

« J’ai réfléchi à toutes les questions qu’on m’avait posées quand je bossais en gynéco. Et tous les hommes de mon entourage sont passés au crash test. À chacun, j’ai demandé : “Qu’est-ce que tu aurais aimé savoir ?” Et aux femmes : “Qu’est-ce que tu aurais aimé qu’il sache ?” »

La plupart du temps, les réponses des futurs papas tournaient autour de la préparation à la naissance. Et notamment quel matériel acheter sans se faire duper par les tendances. « On peut avoir l’impression que plus tu achètes, plus ça prouve que tu aimes ton enfant et plus tu seras un bon père. Dans les faits, c’est plutôt l’inverse… »

« Je ne voulais pas que ce soit imbuvable »

Les premiers retours ? Ses parents ont adoré. Mais ça, dit-elle, ça ne compte pas. Quant à son mari, il a rigolé et reconnu que ça aurait été utile. Première victoire. « Je ne voulais vraiment pas que ce soit imbuvable. Ce guide est fait pour se lire par petites touches, par exemple aux toilettes. »

Consciente que la population lit de moins en moins, Julieta entend publier parallèlement des petites pastilles sur les réseaux sociaux. « J’en ai déjà fait une pour présenter le livre. Les commentaires sont bons, exception faite de ceux émanant de la sphère boomers/masculinistes pour qui la mère sera toujours la mieux disposée pour tout. Et le père, juste là pour subvenir aux besoins », glisse-t-elle. Précisant que ces personnes ne traînent plus tellement sur ses comptes, quoi qu’il en soit, depuis qu’elle a publié une vidéo expliquant qu’elle porte souvent un pin’s LGBT.

Public qu’elle n’oublie pas, d’ailleurs, avec cette note en préambule : « Même si dans cet ouvrage je parle beaucoup de la maman et du papa, ce livre s’adresse à toutes les typologies de la famille ! »

Il ne faut pas hésiter à proposer un biberon d’eau  enrtre les tétées.

La Mentonnaise imagine déjà la nature de son lectorat-cible : le futur parent d’une vingtaine d’années « qui ne veut pas être un boulet ». Qui comprendra, aussi, que le soutien n’est pas uniquement émotionnel, et qu’il se joue autant dans la vie courante.

« C’est d’ailleurs hyper important de laisser la place au père, de le laisser faire quelques erreurs. Si tout de suite on les corrige, si on considère que ce qu’il fait n’est pas bien, il arrêtera. »