C’était vieux avant : juillet 1986 – L’été meurtrier

C’était vieux avant : juillet 1986 – L’été meurtrier

Les faits-divers ne prennent pas de vacances. Ceux qui secouent la Somme sont terribles, entre le sacrifice d’une jeune femme et le coup de folie du maire d’une commune rurale.

Ajouter Courrier Picard sur Google

L’affaire Mesnage ne connaîtra son épilogue judiciaire que 36 ans plus tard, devant la cour d’assises d’appel de l’Aisne.
L’affaire Mesnage ne connaîtra son épilogue judiciaire que 36 ans plus tard, devant la cour d’assises d’appel de l’Aisne.
Par Tony Poulain Publié: 25 Juillet 2026 à 07h23

Temps de lecture: 3 min

Qu’elles commencent mal, ces vacances de 1986. On voudrait parler plage, loisirs, soleil, mais on titre : « Isabelle 20 ans, sur le chemin de la mort », à côté de la photo d‘une jeune fille aux cheveux courts, Isabelle Mesnage. Ainsi finit une vie à peine entamée ; ainsi commence une procédure qui n’aboutira que 36 ans plus tard devant les assises de Laon.

Son corps a été retrouvé le jeudi 3 « dans un chemin reliant Fouilloy à Cachy », près de Corbie, à l’est d’Amiens, informe l’article de Christophe Verkest. Corbie où l’informaticienne originaire du Pas-de-Calais avait préféré vivre plutôt qu’à Amiens, où elle travaillait au CHU. Elle avait peur des grandes villes : elle a fini violée et tuée en pleine cambrousse, alors qu’elle partait en randonnée. Quand le destin décide de faire dans l’ironie, c’est toujours cruel…

Ce que l’article ne dit pas, c’est qu’en raison d’une chaleur caniculaire et de la proximité d’un bois, le corps d’Isabelle est retrouvé en état de putréfaction cinq jours après sa mort. Les conclusions des médecins légistes sont hésitantes mais elles suffiront à intriguer en 2017 Me Corinne Hermann, spécialiste française des cold cases (future partie civile dans l’affaire Kulik). On est alors en pleine affaire Rançon, dit le tueur de la gare de Perpignan. Jacques Rançon, originaire de Hailles, au sud d’Amiens, est un violeur et tueur en série qui pratique sur certaines de ses victimes des sévices post mortem spécifiques : il découpe leurs seins et leur zone génitale. Me Hermann percute : Isabelle a subi les mêmes outrages ! Rançon, qui niera jusqu’au bout, sera condamné en appel à la perpétuité.

Coup de folie

« Deux morts pour une vengeance » : c’est le titre, façon Série Noire, de l’édition du 22 juillet. Le titre intérieur est plus explicite : « Drame de la folie dans la Somme : un homme tue une femme puis se suicide ». L’homme, c’est Jean-Bernard D., 52 ans, maire du village de Dancourt-Popincourt depuis 1977. Or cet homme réputé colérique « mais pas foncièrement méchant », influencé par l’alcool et les médicaments, a sombré dans la dépression, au point de devoir être interné à Pinel. Il a dressé la liste des personnes responsables de son hospitalisation et entend bien se venger. Il commence par son ex-maîtresse, Marie Thérèse, 43 ans, qu’il abat froidement d’un coup de fusil de chasse chez elle, à Villers-les-Roye.

Il s’enfuit. Les gendarmes de Montdidier organisent les recherches, appuyés par des chiens et un hélicoptère. La voiture du meurtrier est retrouvée accidentée. C’est en tracteur qu’il poursuit un périple qui pourrait faire d’autres victimes (il en avait dressé la liste). Finalement, à la sortie de Marcelcave, les militaires le croisent. Il s’enfonce dans un champ. Trois détonations retentissent : il s’est tué.

Faut bien rire un peu

Avec une pareille actualité, pas facile de donner le sourire à nos lecteurs. Heureusement, il y a Intervilles, présenté par Guy Lux et Léon Zitrone, qui pose ses valises et ses vachettes à deux reprises en Picardie. « Amiens mord la poussière », regrette-t-on amèrement le 12, car Toulouse a été la plus forte. Heureusement, « Victoire pour Fort-Mahon » proclame-t-on le 19. La station balnéaire « a battu Marignane 13 à 11 ».

Un canard dans le canard ! L’affiche du festival de Saint-Riquier, cru 1986, est due au graphiste Alain Bullot.
Un canard dans le canard ! L’affiche du festival de Saint-Riquier, cru 1986, est due au graphiste Alain Bullot.
juillet 86 (39).jpg
Entre Delta et Auchan, il y eut Mammouth, qui écrasait les prix en une contrepèterie qui fit la joie des cours d’écoles primaires.
Entre Delta et Auchan, il y eut Mammouth, qui écrasait les prix en une contrepèterie qui fit la joie des cours d’écoles primaires.

Lire aussi

Jacky Lamborion, ici fin juin au bar Le Carillon à Saint-Quentin, est décédé subitement vendredi 24 juillet 2026 sur la plage de Valras dans l’Hérault.

Jacky Lamborion, ancien journaliste au Courrier picard, est mort à 80 ans

Florence Jamault, maraîchère bio à Corbie, a témoigné devant des eurodéputés à Bruxelles sur les conséquences d’une exposition aux pesticides.

« La culpabilité doit changer de camp » : le combat d’une maraîchère de la Somme pour la reconnaissance des victimes de pesticides

Lin d’hiver et lin de printemps sont récoltés entre juin et juillet.

Le lin d’hiver, « solution miracle » face au dérèglement climatique ? Oui mais non, explications

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :

C'était vieux avant

Contenus sponsorisés

Juste pour vous