"Ça devient récurrent" : à Strasbourg, les vols nocturnes de drones livrant des détenus empêchent les hélicoptères du SAMU d'atterrir en pleine nuit à l'hôpital

"Ça devient récurrent" : à Strasbourg, les vols nocturnes de drones livrant des détenus empêchent les hélicoptères du SAMU d'atterrir en pleine nuit à l'hôpital

l'essentiel À Strasbourg (Bas-Rhin), les livraisons nocturnes par drones visant la maison d'arrêt de l'Elsau empêchent les hélicoptères du SAMU d'atterrir sur l'hôpital de Hautepierre. Un détour obligatoire vers le centre-ville qui rallonge la prise en charge des urgences de 30 à 40 minutes.

Voilà un phénomène qui inquiète les autorités sanitaires du Grand Est. Voilà plusieurs semaines qu'à Strasbourg (Bas-Rhin), les hélicoptères de la Sécurité civile et du Samu ne peuvent plus se poser sur le toit du grand hôpital de Hautepierre pendant la nuit. La faute... à des survols clandestins de drones en direction de la maison d'arrêt de l'Elsau, située à quatre kilomètres de l'établissement de santé. Conséquences : les engins sont priés d'atterrir au sein du Nouvel hôpital civil (NHC) en centre-ville... entraînant parfois un délai supplémentaire de 30 à 40 minutes avant la prise en charge des patients, rapportent nos confrères de France 3 Grand Est.

Dans le détail, la présence de drones à proximité de la maison d'arrêt a été signalée à 19 reprises depuis le mois d'avril. Ces engins sont chargés de livrer illégalement des colis aux détenus contenant parfois des produits stupéfiants, de l'alcool ou de la nourriture. "Ça devient récurrent, c'est cinq à six vols par nuit pour des livraisons sur cette maison d'arrêt, explique Sylvain André, délégué départemental d'Alliance Police Nationale 67, auprès de Franceinfo. Et automatiquement, ça nécessite après l'intervention de forces de police pour pouvoir interpeller les personnes".

Un risque "vital" ou "fonctionnel"

De quoi impacter – aussi – la logistique du Samu et de la Sécurité civile lors des interventions de nuit. Pris en charge, les patients sont acheminés par hélicoptère au NHC. Ils doivent ensuite être amenés au grand hôpital de Hautepierre en ambulance. Deux patients se sont retrouvés dans cette situation.

Cela n'a certes pas entraîné de "perte de chance" pour eux, mais les autorités sanitaires redoutent un drame : "On ne peut pas exclure que (sur ce chiffre), il puisse y avoir des patients pour lesquels ce retard supplémentaire de 30-40 minutes fasse courir un risque, soit vital, soit fonctionnel, soit une récupération prolongée, soit des soins un peu lourds ou plus longs", commente Julien Pottecher, chef du pôle anesthésie/réanimation à l’hôpital de Hautepierre, auprès de Franceinfo.

Une réunion doit prochainement être organisée à la préfecture du Bas-Rhin pour tenter de trouver une solution. Il s'agirait de trouver une solution pour permettre aux équipes du Samu ou de la Sécurité civile d'atterrir plus près du CHU.