Carney met l’accent sur l’approche «Équipe Canada» avec les chefs de…
Les chefs des partis d’opposition ont discuté mardi avec Mark Carney de l’état des négociations commerciales avec les États-Unis.
Le cabinet du premier ministre a publié un compte rendu des entretiens, indiquant que M. Carney avait informé les chefs de l’opposition des nouvelles mesures prises par le Canada en réponse à l’escalade de la guerre commerciale avec les États-Unis.
« Le premier ministre et les chefs de l’opposition ont discuté de la riposte en cours et ont souligné l’importance d’une approche unie, celle d’Équipe Canada, alors que le Canada s’efforce de protéger les emplois, de stimuler l’économie et de défendre ses intérêts », peut-on lire dans le communiqué.
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Avi Lewis, qui n’occupe pas de siège au Parlement, a également reçu un appel, comme l’a confirmé son bureau.
Dans une déclaration publiée mardi, il a affirmé avoir réitéré l’appui du NPD à la décision du Canada de « se retirer d’un accord défavorable » et avoir salué les mesures de soutien du gouvernement comme une première étape pour aider les travailleurs et les industries.
« Cependant, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour garantir que les travailleurs et travailleuses reçoivent le soutien dont ils et elles ont besoin et que nous soyons capables de réagir à la fois à grande échelle et avec la rapidité requise face aux attaques économiques des États-Unis », a-t-il dit.
M. Lewis a indiqué que le NPD réclame une taxe à l’exportation sur les minéraux et les ressources énergétiques essentiels dont dépendent les États-Unis, ainsi qu’un renforcement de l’assurance-emploi et des mesures de soutien substantielles pour aider les travailleurs des secteurs touchés par les droits de douane.
« Cela devrait notamment inclure des subventions salariales assorties de mesures de protection rigoureuses afin d’empêcher leur utilisation abusive par les employeurs, a-t-il affirmé. Nous ne pouvons pas nous permettre de revivre ce qui s’est produit pendant la pandémie, lorsque des entreprises ont reçu des subventions salariales pour ensuite verser des primes à leurs p.-d.g. et des dividendes à leurs actionnaires. L’argent doit servir à maintenir les travailleurs et travailleuses en emploi. »
Le chef conservateur, Pierre Poilievre, s’est adressé aux journalistes à Windsor vendredi, avant son entretien téléphonique prévu avec M. Carney. Il a déclaré qu’il collaborerait avec le gouvernement et les autres partis pour répondre aux droits de douane « injustifiés » du président américain, Donald Trump.
Il a ajouté que la réponse d’Ottawa à l’agression commerciale américaine devait être évaluée à l’aune de son coût pour les familles et l’emploi des travailleurs.
M. Poilievre a réitéré ses appels aux libéraux pour qu’ils convoquent le Parlement et publient le texte de l’accord proposé, que l’équipe commerciale canadienne a rejeté la semaine dernière.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a indiqué dans une déclaration que M. Carney lui avait fait savoir qu’il préférait ne plus discuter d’aucun compromis concernant la gestion de l’offre.
Il a ajouté que le Bloc entamerait, dès la reprise des travaux parlementaires, des discussions sur le financement durable de la radiodiffusion et de la production culturelle au Québec et au Canada.
Vendredi, le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, et d’autres ministres du gouvernement ont annoncé de nouveaux droits de douane de rétorsion sur une gamme de produits américains et ont porté à 50 % les droits existants sur l’acier et l’aluminium. Ils ont également dévoilé un plan de soutien de 7,5 milliards $ destiné aux entreprises touchées par les droits de douane américains ou les droits de douane de rétorsion.
Vendredi, M. Poilievre a également fait référence à l’ancien premier ministre Stephen Harper en appelant Ottawa à élaborer un nouveau « plan d’action économique » — le même slogan que l’ancien chef conservateur avait utilisé pour promouvoir son programme économique.
Dans son argumentaire en faveur de ce plan, M. Poilievre a préconisé notamment l’abandon de la taxe industrielle sur le carbone et d’autres taxes sur les carburants, et il a réitéré un engagement de campagne des conservateurs pour les élections fédérales de 2025 : exonérer de l’impôt sur le gain en capital tout produit réinvesti au Canada.
Pierre Poilievre a fait valoir que l’on ne peut plus se contenter de « bricolages et d’ajustements administratifs, enrobés dans de grands discours et d’annonces ronflantes », mais que le Canada avait besoin d’actions concrètes.