"Ce n'est pas un métier, c'est toute ma vie", s'exclame Ludovic Rob, agriculteur à Hotton
Premier jour de foire 2026, entre effervescence et échanges chaleureux, les éleveurs préparent leurs vaches laitières à concourir. L'Hottonais Ludovic Rob vient d'obtenir une cinquième place avec sa génisse : "c'est pas mal car c'est une bête plus petite que les autres et elle a encore tout un avenir devant elle", affirme-t-il sourire aux lèvres.
En s'exprimant, l'éleveur va et vient pour veiller à ce que ses bêtes ne manquent de rien : "ce n'est pas un métier, c'est toute ma vie ", confie-t-il après avoir remis de la paille à ses veaux. Outre le plaisir de se rendre chaque année depuis 10 ans à la foire de Libramont, il exprime les difficultés du métier : "quand on a une belle génisse qui sort, c'est vraiment le fruit de mon travail car j'insémine moi-même. Les inséminateurs deviennent de plus en plus rares à trouver".
"Je sais quand je pars, je ne sais pas quand je rentre"
L'été est particulièrement intense, en plus de l'entretien des bêtes il y a le fauchage, planter le maïs, la moisson, etc. : "je sais quand je pars, je ne sais pas quand je rentre", dévoile-t-il. Quand il se rend à la foire de Libramont, Ludovic Rob ressent du stress mais ce n'est rien de comparable à ce qu'il vit au quotidien à la ferme : " il y a un peu de stress mais ça reste très convivial, j'échange avec les éleveurs alors qu'à la ferme, la météo doit jouer en notre faveur et on n'est jamais à l'abri d'une panne", regrette-t-il.
À l'exploitation, le travail quotidien de l'agriculteur s'accompagne d'une préparation des vaches qui débute un mois et demi avant la foire : "il faut changer leur alimentation, les faire marcher aussi", explique-t-il.
Un quotidien qui coûte cher
L'éleveur s'intéresse à l'innovation mais dénonce les coûts engendrés : "quand on voit le prix du lait, est-ce qu'il faut être irraisonné et mettre des milliards dans des étables flambant neuves. Il faut un bon rapport qualité prix ", déclare-t-il. En plus des investissements, il craint les décisions européennes : "ils peuvent toujours aller chercher des litres de lait moins chers d'autres pays s'ils veulent. Mais nous on a besoin d'une projection de cinq à six ans afin de savoir si on continuera à produire juste à nos coûts de production ou si on va pouvoir avoir un salaire rémunérateur", redoute-t-il.
Un salaire qui varie chaque mois reste la crainte majeure du métier : " je ne sais pas d'un mois à l'autre combien je vais gagner", déplore-t-il.
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