« Ce que l’on est en train de faire ne peut être fait que tous les 50 ans » : alors qu’il fête ses 100 ans, le Majestic prépare sa rénovation totale

« Ce que l’on est en train de faire ne peut être fait que tous les 50 ans » : alors qu’il fête ses 100 ans, le Majestic prépare sa rénovation totale

Il est, depuis fin 2020, le directeur général du Majestic. À 59 ans, Charles Richez cumule douze années d’expérience au sein du groupe Barrière. Courchevel, Saint-Barth, Cannes : il a accompagné la croissance de plusieurs destinations jusqu’à être, depuis quelques mois, également responsable développement pour la zone du Moyen-Orient et de l’océan Indien. « Je suis très fier de ce que j’ai fait dans le groupe », confie-t-il à l’issue d’une « très belle saison » pour le palace de la Croisette.

C’est d’ailleurs ici, au Majestic, qu’un autre challenge s’offre à lui. « Vaisseau amiral » du groupe Barrière, l’établissement aux plus de trois cents chambres et 700 employés en pleine saison (« entre 300 et 350 toute l’année ») célèbre cette année ses 100 ans. Mais c’est davantage vers l’avenir que le groupe est tourné. À l’horizon 2029, l’hôtel fermera ses portes pour plusieurs années de travaux colossaux. Un défi à relever dès maintenant.

Très bien ! C’est phénoménal car il y a une histoire, une âme dans cet hôtel. Certains membres de l’équipe ont plus de trente-cinq ans de maison. Dans ce milieu du luxe, nos clients adorent reconnaître les gens et avoir ce sentiment d’être connus. Certains étaient enfants lorsqu’ils venaient en famille, maintenant ils viennent avec leurs enfants, c’est une histoire qui est continue.

L’établissement compte plus de trois cents chambres et 700 employés en pleine saison.
L’établissement compte plus de trois cents chambres et 700 employés en pleine saison.
Photo Justine Meddah / Nice-Matin

Une histoire qu’il faut entretenir tout en regardant vers l’avenir ?

Il faut continuer à développer, rester dans l’air du temps. On travaille beaucoup avec les équipes et on écoute nos clients, leurs besoins. On adapte nos services (comme avec le kids club et le club adolescents qui n’existaient pas par le passé). On rénove perpétuellement les chambres, on réinvestit chaque année dans différentes parties du bâtiment. On rafraîchit beaucoup de choses régulièrement au niveau technique, des infrastructures. C’est essentiel dans un bâtiment qui a cent ans.

Le 2 juin 2026, le Martinez est devenu le premier hôtel de la Croisette à devenir palace. À quand votre tour ?

L’objectif, c’est de travailler sur notre master plan [plan directeur]. On a prévu de fermer en octobre 2029 pour quelque temps afin de faire quelque chose de très bien et positionner l’hôtel en palace à la réouverture.

Aujourd’hui, le Majestic ne pourrait pas y prétendre ?

Techniquement oui, il a les atouts pour devenir palace. Mais un palace doit être flambant neuf et, aujourd’hui, on a besoin de refaire des choses d’ampleur.

Le bar du Majestic.
Le bar du Majestic.
Justine Meddah / PHOTOPQR/NICE MATIN/MAXPPP

Le projet est déjà bien avancé ?

Bien sûr. On a choisi le grand architecte Joseph Dirand. Tout est en train de se mettre en place. On y travaille avec les propriétaires, l’état-major du groupe. C’est un hôtel tellement flag ship [vaisseau amiral] que tout le monde est partie prenante et c’est tant mieux.

L’intérieur de l’établissement ne sera plus tel quel après les travaux ?

Tout va être repensé mais je n’en dirai pas plus parce que c’est encore à l’étude. Ce bâtiment n’avait au début qu’une seule aile, après on a construit la partie centrale, on l’a étendu et ensuite on a fermé avec la partie ouest. Il y a aussi eu des surélévations. Alors à un moment, il y a ce besoin de remettre tout à plat.

C’est-à-dire ?

Il faut retravailler les flux de production et de clients à travers le bâtiment avec les différentes clientèles (de loisir et d’affaire) qui se juxtaposent, développer de nouveaux services, il faut repenser l’ensemble des espaces, les back-offices [ce qui est invisible pour le public], etc. Les équipes sont aussi demandeuses de toute cette rénovation. L’objectif est d’améliorer encore plus le service rendu aux clients et le côté unique du Majestic.

En 2029, des travaux sont prévus au Majestic.
En 2029, des travaux sont prévus au Majestic.
Photo Sébastien Botella / Nice-Matin

Avec la particularité d’être dans une ville de congrès… D’où le besoin de réorganiser les flux de clientèle avec les travaux ?

Les clientèles loisir et business sont un peu opposées en termes de demandes, de besoins et de comportements. C’est pour cela qu’il faut pouvoir les isoler à l’arrivée, au départ, sur les zones de restauration, etc. C’est important de préserver les besoins des uns et des autres, surtout vu les prix aujourd’hui.

Ce chantier colossal est devenu indispensable ?

Il faut toujours rester dans le jeu. Il y a une émulation phénoménale à Cannes avec le Carlton qui a été entièrement rénové, le Martinez qui vient de devenir palace, la Ville qui va énormément entreprendre sur le Palais [des festivals], la Croisette qui va être refaite, etc. Cet embellissement de la destination nous est profitable. C’est un terrain de jeu phénoménal. Et ce que l’on est en train de faire ne peut être fait que tous les cinquante ans ! C’est passionnant et vraiment motivant.