Chalon-sur-Saône. Déjections sur le canapé, morsures la nuit : des rats s’incrustent dans des logements aux Aubépins

Chalon-sur-Saône. Déjections sur le canapé, morsures la nuit : des rats s’incrustent dans des logements aux Aubépins

Retraitée, Maria vit depuis presque onze ans, au numéro 15 de la rue Louis-Pergaud. Et elle est formelle : « J’ai déjà vu des rats autour du bâtiment, mais là, c’est la première fois qu’ils arrivent dans les appartements. » La septuagénaire, qui occupe seule son logement T2, n’est pas un cas isolé. Selon elle, plusieurs locataires (entre six et dix appartements, selon nos informations) ont eu une ou plusieurs visites inopinées de ce rongeur qui se multiplie à vitesse grand V. D’autres quartiers ont aussi été touchés.

Lundi, certaines se sont réunies chez Dominique Cordier, au rez-de-chaussée de cette barre d’immeuble. Dominique n’a pour l’instant pas de souci car ses deux chats veillent au grain. « Les rats n’osent pas venir », rigole-t-elle.

« C’est anormal, en 2026, que des rats entrent chez des gens »

Mais elle s’est fait porte-parole de Maria et Nicole. « On en a tous un peu marre car rien n’est fait, l’Opac [bailleur social chargé de la gestion de l’immeuble, NDLR] ne réagit pas et la situation dure depuis maintenant trois semaines », affirme Dominique. Un peu plus haut dans les étages, Nicole a découvert un trou vers sa fenêtre de cuisine. Elle en déduit que le principal suspect passe par ici. Il laisse ses déjections sur le canapé, et des traces, dont une qui va marquer la retraitée encore pour quelques mois. « Une nuit, je dormais, et je me suis réveillée en sursaut. Quelque chose m’avait piqué le doigt et je saignais. C’était une morsure. » Nicole a pu bénéficier d’antibiotique et d’une injection antitétanique, mais elle est traumatisée.

« Maintenant quand je me couche, j’ai peur. J’ai 70 ans, et je dors avec ma fille. » Maria, elle, a mis des pièges vers son frigidaire. Et elle a pu en attraper. « C’est anormal, en 2026, que des rats entrent chez des gens. Ils parviennent à se faufiler dans les murs. Sur la façade extérieure, il y a des endroits abîmés et on voit des trous dans la laine de verre. On pense qu’ils passent par là. En tout cas, le cabinet du maire est prévenu », conclut Dominique, qui ne compte pas se laisser faire. Et qui attend vivement des nouvelles du bailleur.

En bas à gauche de l’immeuble, « plusieurs désordres ont été constatés sur un bâtiment, notamment au niveau du bardage et des grilles anti-rongeurs en soubassement », affirme l’Opac.  Photo Geoffrey Fleury

Chalon-sur-Saône - Présence de rats rue Pergaud : l’Opac va mener une opération de traitement lundi et mardi

Le bailleur social, chargé de la gestion des logements concernés par la présence de rats, confirme que des interventions ont été réalisées. Et d’autres sont à prévoir. Il appelle aussi les locataires à la prévention.

Évidemment sollicité pour une réaction et connaître son programme d’action, le bailleur social Opac confirme qu’une intervention a déjà eu lieu sur les espaces extérieurs, où la présence de rats a également été constatée. « Un désherbage et un nettoyage de cette zone ont été partiellement réalisés afin de limiter les espaces susceptibles de favoriser leur présence et leur circulation », précise l’Opac. Le bailleur, qui ne nie pas l’ampleur du phénomène, a souhaité « agir au-delà du seul périmètre des bâtiments concernés ». Il poursuit : « Une opération conjointe entre la Ville, l’Opac et HDA est ainsi programmée les 31 août et 1er septembre pour procéder au traitement des réseaux à proximité.»

« Une nouvelle analyse de la situation prévue à la mi-septembre »

Concernant l’aspect communication, l’Opac affirme que « les locataires ont été informés par courrier de l’ensemble des mesures engagées et de cette nouvelle intervention. Une nouvelle analyse de la situation est par ailleurs prévue à la mi-septembre afin d‘évaluer l’évolution de la présence des nuisibles et de déterminer, si nécessaire, les mesures complémentaires à mettre en œuvre ». Il fait également de la prévention car il a constaté à plusieurs reprises la présence de nourriture laissée à l’extérieur des bâtiments ou dans les sous-sols, notamment pour nourrir des animaux errants. « Ces pratiques favorisent la présence des nuisibles. C’est pourquoi le courrier adressé aux résidents rappelle l’importance de ne pas laisser de nourriture dans les parties communes ou aux abords des immeubles et de ne pas jeter de nourriture ou de déchets par les fenêtres ou dans les espaces verts. »

Enfin, l’Opac confirme que des bâtiments de la rue Louis-Pergaud ont été contrôlés afin d’identifier d‘éventuels points de passage des rongeurs. « Plusieurs désordres ont été constatés sur un bâtiment, notamment au niveau du bardage et des grilles anti-rongeurs en soubassement. Une entreprise a été mandatée pour procéder aux réparations nécessaires. »

Enfin, concernant l’information faisant état d’une éventuelle morsure de rat, le bailleur n’a reçu aucun signalement en ce sens.

Geoffrey Fleury