Champagney. Alerte sur les ressources en eau potable : « On peut tenir encore deux ou trois semaines »
« Si on est optimistes, on peut tenir encore quinze jours ou trois semaines », révèle Marie-Claire Garnier, du syndicat des eaux de Champagney. La structure, qui alimente 18 000 personnes abonnées au sud des Vosges saônoises et qui vend de l’eau à Héricourt et Belfort, voit ses ressources sérieusement atteintes par la sécheresse exceptionnelle en cours.
« On sera peut-être obligé de ralentir le débit, voire d’envisager l’approvisionnement par camions », ajoute l’employée. « Mais cette solution exige que nos voisins aient de l’eau à fournir », s’inquiète Michel Claudel, le président du syndicat. Malheureusement, le niveau des nappes continue de s’effondrer et les consommations ne diminuent pas dans le secteur.
L’usine de production d’eau potable d’Eau du Pays de Montbéliard (Veolia) de Mathay pourrait être mise à contribution pour alimenter d’autres territoires par camions-citernes, selon le syndicat des eaux de Champagney. Photo Lionel Vadam
« Les nuits sont compliquées »
« On est légèrement mieux qu’en 2022 à la même date, ajoute le président, mais le niveau descend plus vite. Les consommations étaient très hautes pendant les fortes chaleurs, on craint qu’elles remontent avec la canicule à venir , ajoute Michel Claudel. J’avoue que les nuits sont compliquées : ça pèse de voir les niveaux d’eau diminuer. »
Et la météo ne devrait pas changer la donne. « Ce qui m’inquiète le plus, c’est en cas d’incendie. Les pompiers devront puiser dans les réseaux même si nous sommes sujets à des restrictions », s’alarme Marie-Claire Garnier.
Les sources qui alimentent le syndicat se situent sur les communes de Plancher-les-Mines et Plancher-Bas, au pied du ballon de Servance et ses records de précipitations. Mais la diminution de l’enneigement et l’intensification des périodes de pluie et de sécheresse chamboulent le cycle de l’eau.
Face à ce constat angoissant, le syndicat envisage plusieurs pistes, comme l’interconnexion des réseaux pour emprunter ou prêter l’or bleu aux voisins, mais aussi le stockage de l’eau durant l’hiver. Les nombreuses gravières de la vallée du Rahin ou le réservoir de Champagney constituent des pistes envisageables, selon le président.
« On ne peut pas laisser les gens crever de soif »
« Mais ces solutions ne peuvent pas être mises en place à court terme », rappelle Michel Claudel. « On compte sur les maires pour appliquer leur pouvoir de police , car il y a encore des consommations de remplissage de piscines ou de bassins », appelle Marie-Claire Garnier, devant ces pratiques interdites par les derniers arrêtés préfectoraux pour la sécheresse.
« Certains nous reprochent de vendre de l’eau à Belfort, poursuit la salariée. Mais si on ne le fait pas, qu’est-ce qu’on doit dire aux Belfortains ? On ne peut pas laisser les gens crever de soif. » « La solidarité entre les territoires sera l’avenir », conclut Michel Claudel.