"La France est ma deuxième équipe préférée", Cordingley l'international australien qui a aidé les Bleus

"La France est ma deuxième équipe préférée", Cordingley l'international australien qui a aidé les Bleus

L'ancien international australien Sam Cordingley qui ajoué à Grenoble a gardé beaucoup d'affection pour la France. Il a d'ailleurs bien aidé le XV de France.

C’est à quinze jours de l’arrivée des Bleus en Australie que Mathieu Brauge, team manager des Bleus, a appris la mauvaise nouvelle : le terrain de la Grammar School de Brisbane, initialement réservé après les repérages effectués voilà plusieurs mois, était mis en réfection. Obligeant le XV de France à trouver d’extrême urgence un plan B, pour lequel l’ancien demi de mêlée des Wallabies et actuel directeur sportif des Queensland Reds Sam Cordingley a joué un rôle crucial. "C’était la moindre des choses : la France est ma deuxième équipe nationale préférée, expliquait celui qui est passé par Grenoble en 2004-2005, puis entre 2008 et 2010. Pour ma première sélection, j’étais titulaire au Stade de France face aux Bleus et nous avions gagné 18-13. Mon vis-à-vis ce jour-là était d’ailleurs Fabien Galthié, qui avait marqué le seul essai du match ! Sur ma première introduction, il m’avait bizuté en me marchant sur le pied…"

Pourtant, c’est sans rancune que Cordingley a consenti à accueillir le sélectionneur des Bleus et sa troupe voilà deux semaines, ainsi qu’à organiser une opposition vendredi matin entre les joueurs français non retenus et ses non-internationaux des Reds. Comme la monnaie d’une pièce rendue à ce rugby français qui, à l’en écouter, l’a énormément fait grandir. "J’ai toujours voulu profiter de ma carrière pour découvrir le monde et pour ça, je souhaitais un environnement différent de celui que je connaissais en Australie. Pour ça, Grenoble était la meilleure expérience possible, même si les premiers entraînements dans la neige et la boue m’ont surpris… Notre deuxième fils, Max, y est né. J’y ai gardé des amis comme Serge Leo, qui était mon voisin et mon prof de Français, et mon vin préféré est resté le Côte-du-Rhône ! Vraiment, hormis la Chartreuse, j’ai tout adoré de mon passage là-bas…"

"Si Grenoble me rappelle, j’y fonce sans réfléchir"

À tel point que, si Sam Cordingley avait dû mettre un terme à sa première expérience à Grenoble après la relégation du FCG en 2005, celui-ci n’a pas hésité une seconde à revenir au club, qui végétait alors en Pro D2, à la fin de sa carrière internationale… "J’ai terminé ma carrière internationale au stade de France en 2008, en entrant pour le dernier quart d’heure. On avait gagné sur le même score que lors de ma première sélection (18-13), grâce à une pénalité de Matt Giteau, et j’y avais forcément vu un clin d’œil du destin, juste avant de revenir à Grenoble ! Ce n’était pas une question d’argent : la descente de 2005 m’avait dévasté, et je voulais vraiment contribuer à ce que le club remonte." Un challenge malheureusement inabouti, une offre de reconversion des Rebels de Melbourne incitant Cordingley à rentrer au pays un an plus tôt que prévu. "Mais lorsque Fabrice Landreau m’a appelé pour me proposer d’assister au match de la remontée en 2012 contre La Rochelle, je n’ai pas hésité une seconde à faire le tour du monde, s’enthousiasme Cordingley. Ce jour-là au Stade des Alpes, c’était comme si on m’avait enlevé un poids… Ce club et cette ville sont toujours dans mon cœur et méritent le Top 14. Je serais vraiment très heureux de les y aider à le retrouver si l’opportunité se présente ! Bien sûr, avant ça, je compte aller au bout du chemin avec les Reds, et voir comment vont se dérouler les prochaines années avec Vern Cotter et son staff. Mais si une opportunité se présente un jour au FCG, je foncerai sans réfléchir. J’ai désormais cinquante ans et maintenant que mes enfants sont grands, ce serait plus facile…"

Avec Cotter, les nouveaux défis des Reds

La perche est tendue, qui méritera peut-être que certains s’y attardent tant, chez les Reds, le travail en profondeur réalisé par Sam Cordingley est salué par les connaisseurs du rugby australien, la franchise étant connue au pays comme un des rares clubs dans le monde à être "profitable", avec sept résultats positifs consécutifs. "Quand je suis arrivé ici en 2014, on avait dix millions de dollars de dettes, des problèmes culturels, des problèmes de drogue. Aujourd’hui, on a reconstruit des finances saines, 80 % de nos joueurs sont issus de notre académie et on est devenus l’équipe la meilleure en Australie. J’espère désormais que l’an prochain, nous allons franchir un cap et nous affirmer sportivement face aux provinces néo-zélandaises." Pas si facile, avec une masse salariale limitée à cinq millions de dollars (un peu plus de trois millions d’euros), qui oblige désormais le rugby australien à voir dans l’ouverture à l’étranger sa meilleure porte de sortie. "Contrairement au XIII et à l’Aussie Rules, la force du rugby à XV est sa nature mondiale. Nous avons des partenariats avec Trévise en Italie et avec les Panasonic Wild Knights au Japon, chez qui nous allons bientôt nous déplacer. À ce titre, je profite de vos colonnes pour lancer un appel : si des équipes françaises souhaitent affronter les Reds ces prochaines saisons, nous sommes ouverts à venir en Europe, alors contactez-nous !" Le message est désormais lancé…