Ce qu'il faut retenir de la deuxième journée du Championnat des Nations
Les favoris n'ont commis aucun faux pas dans cette deuxième journée du Championnat des Nations. Souvent mis en difficulté, à l'image des Sud-Africains ou des Irlandais, ils ont tous réussi à repartir avec la victoire. Voici les enseignements à retenir.
Cette deuxième journée du Championnat des Nations ne restera pas dans l'histoire comme la plus riche en suspense. Si on a pu croire à des surprises au cours de certaines rencontres, les favoris ont tous réagi pour finalement l'emporter. Assez largement de surcroît. Sur les six rencontres, l'écart le plus faible a été de 14 points.
Un XV de France en mode diesel
Les Bleus ont fait le job. Plus que ça, ils se sont montrés rassurants. Malmenés dans le premier acte par une équipe australienne qui voulait se rattraper après sa défaite inaugurale face à l'Irlande, les joueurs de Fabien Galthié ont mis du temps à trouver des automatismes. Quarante minutes, en fait. Le temps pour tout le monde de s'adapter à l'arrivée des finalistes du Top 14, eux qui n'ont eu que deux entraînements avec le groupe pour se mettre dans le bain. Mais dans le deuxième acte, Lenni Nouchi et ses partenaires ont livré un récital. Derrière au score (21-12 à la pause), ils ont complètement renversé la table en infligeant un cinglant 30 à 5 aux Wallabies au retour des vestiaires. À noter les grosses prestations d'Aaron Grandidier-Nkanang, auteur d'un doublé pour sa première sélection, et de Romain Ntamack, dont le retour et l'association avec Matthieu Jalibert se sont avérés réussis. Les Français s'imposent avec le bonus offensif 26-42 et confirment les signaux positifs aperçus en Nouvelle-Zélande.
- Lire aussi : Les notes des Bleus : Romain Ntamack en patron, Aaron Grandidier-Nkanang étincelant, les avants à mi-temps
Les All Blacks ont d'ailleurs eux aussi mis du temps pour prendre la mesure de l'Italie. Face à une Squadra azzurra qui les mettait en difficulté avec leur rush défense, il a fallu attendre la deuxième période pour voir les Néo-Zélandais dérouler. Alors que les Italiens n'avaient pas quitté le vestiaire, les coéquipiers d'Ardie Savea ont fait le break avec quatre essais plantés entre la 41e et la 53e. Tommaso Menoncello n'a donc pas suffi. Malgré une prestation XXL du centre transalpin et futur toulousain, c'est bien la troupe de Dave Rennie qui repart avec la victoire (47-17), bonus offensif en poche. Le grand bonhomme de la rencontre se nomme Will Jordan. Le joueur des Crusaders a inscrit un triplé et est devenu, à 28 ans seulement, le meilleur marqueur de l'histoire de la fougère argentée avec 50 réalisations.
La Rose sort les épines
Un peu plus tard dans la journée, l'Irlande a pris la mesure du Japon. Dans une rencontre délocalisée en Australie et sans grand rythme, les hommes en vert ont su imposer leur jeu face à de vaillants Japonais. Si les Cherry Blossoms ont cru pouvoir créer la surprise en revenant à six longueurs à l'heure de jeu, le XV du Trèfle a finalement mis fin à la discussion grâce à une pénalité de Harry Byrne (71e) et un essai de Tom Stewart après la sirène. Score final : 20-36. Avec 10 points au compteur à l'issue des deux premiers matchs, les Irlandais se placent en tête de la poule Nord.
En ce qui concerne l'Angleterre, celle-ci a bien digéré le revers concédé en Afrique du Sud lors de la première journée. Dominants de A à Z, les sujets de Sa Majesté ont livré un récital et giflé les Fidji 8 à 73. À Liverpool, le XV de la Rose n'a pas fait dans le détail, inscrivant pas moins de onze essais à des Fidjiens toujours plus décevants. Déjà menés 3-35, les choses ont encore empiré après le coup de sang de Simione Kuruvoli, sanctionné d'un carton rouge pour avoir donné un coup de pied dans le ventre d'Ellis Genge. À l'image de Will Jordan, Henry Pollock y est lui aussi allé de son triplé après sa sortie du banc.
L'Afrique du Sud, la force de l'habitude
L'Afrique du Sud, elle, s'en sort toujours. Et cette fois-ci, c'est l'Écosse qui en a fait les frais. Après un départ canon et deux essais inscrits en trois minutes par Embrose Papier (17e) et Evan Roos (20e), les Britanniques se sont rebellés pour recoller à égalité au terme des quarante premières minutes. Mais, malgré une composition remaniée, les Springboks sont trop solides. Les doubles champions du monde en titre appuient sérieusement sur l'accélérateur et punissent leurs adversaires d'un 21-0 entre la 59e et la 67e minute. Et, même si le XV du Chardon n'a pas dit son dernier mot et plante à son tour deux essais coup sur coup, ce n'est pas suffisant. Jesse Kriel assène le coup fatal et permet à son équipe d'empocher les cinq points de la victoire bonifiée (42-28).
- Lire aussi : Face à une valeureuse équipe d'Écosse, encore une fois, à la fin, c'est l'Afrique du Sud qui gagne
Enfin, en baisser de rideau, l'Argentine a fait face au pays de Galles. Sans franchement briller, les Pumas se sont tout de même remis la tête à l'endroit après la claque subie à domicile en ouverture contre l'Écosse. À San Juan, l'Albiceleste s'est extirpée du piège gallois et a pris le dessus 35-21 sur de valeureux mais trop faibles Dragons rouges. Les Perpignanais et Montpelliérains Joaquin Oviedo et Justo Piccardo ont été les hommes forts de leur équipe. De quoi regagner un peu de confiance avant la dernière rencontre face à l'Angleterre.