Chaque jour, ces quatre enfants de 1,5 à 10 ans vont à vélo à l'école: "Dangereux? Il faut leur faire confiance", expliquent les parents
"Je vous jure, pour arriver à l'école, il y a quand même unemontée de dingue, interminable et j'y arrive souvent tout essoufflée." Le papa de Nola, sa fille de 10 ans, qui se rend à vélo à l'école Saint-François Xavier de Vedrin (Namur) tous les jours confirme. "Ils sont très courageux et surtout habitués à faire du vélo depuis qu'ils sont petits. C'est vrai que cette côte pour arriver à l'école n'est pas évidente. Moi, ça va car j'ai une assistance électrique… Elle fait bien 500 mètres. Et quand les voitures klaxonnent, c'est pour les encourager et les féliciter" confirme Jehan Boreux, le papa de Nola mais aussi d' Octave (8 ans), Timéo (3 ans) et Colin (1,5 an). Avec sa femme, Pauline Meyer, ils ont adopté le vélo pour pratiquement tous leurs déplacements. Pour aller travailler, conduire les enfants à l'école ou à la crèche, pour leurs loisirs. "Car le vélo est ce qui convient le mieux à notre famille. École, boulot, loisirs,... tout se situe autour de Namur. Et pour les balades, les petits sont trop lourds à porter. Et ils sont trop lents pour le plus grands qui s'ennuieraient si on allait marcher. Les plus petits sur les sièges, les plus grands sur leurs vélos, c'est la formule idéale" explique Pauline.
Une rentrée des classes à vélo: trop dangereux? Votre avis nous intéresseDu vélo en famille, un cadeau
Aujourd'hui, ils ne se posent même plus la question. Le vélo est devenu une évidence pour tous. "Quand je pense à tout le temps perdu, quand j'étais jeune, à attendre parfois tard ma mère pour rentrer à la maison qui ne se trouvait pourtant qu'à 3 kilomètres. Le vélo aurait changé ma vie" poursuit Pauline, la maman, prof de math à l'institut Saint-Louis de Namur où des collègues l'ont incitée à faire du vélo son moyen de déplacement. "J'ai adoré tout de suite, j'ai vendu ma voiture, acheté un vélo électrique, et depuis, je ne me pose plus de questions puisque je n'ai plus d'autres possibilités. Même si c'est un peu plus compliqué de porter des jupes et d'avoir des cheveux longs… Non franchement, toutes les personnes que je connais qui ont essayé le vélo au quotidien n'ont jamais fait marche en arrière."
La première étape de "Ring Ring Bike Check" en Fédération Wallonie Bruxelles passe par Haillot : les petits cyclistes sous la loupe de TouringLe retour des bonnes habitudes
Ce lundi, cette rentrée des classes a sonné le retour des bonnes habitudes. Sans aucun stress. " Les enfants étaient plutôt contentsde reprendre le vélo pour aller à l'école. Et pour nous, c'est beaucoup moins stressant. Le trajet fait toujours 17 minutes, qu'il vente, qu'il pleuve ou qu'il grêle poursuit Pauline. Car à vélo, il n'y a pas de bouchons ni d'embouteillage près des écoles. On ne doit pas non plus faire la file aux feux rouges. Et surtout, aucun problème pour le parking. Et puis, faire du sport ensemble en famille est un cadeau."
Le Papa, Jehan, qui travaillait auparavant sur Bruxelles ou au Luxembourg a changé de travail pour se rapprocher de son domicile et profiter mieux de sa famille. Et le vélo au quotidien, même si c'est avec une assistance électrique, lui permet de faire du sport pratiquement tous les jours. Pour les conduire ou les reprendre à l'école ou à la crèche, pour aller travailler aussi. "Et quand on a pris l'air ou même la pluie, on arrive au boulot ou à la maison avec une énergie incroyable. "
Rouler à vélo, c'est bon pour la planète, c'est bon pour la santé et bon pour le portefeuille. "Mais il ne faut pas lésiner sur le prix pour avoir du matériel de qualité (de bons freins, un bon dérailleur, une selle bien confortable, un éclairage performant,...) C'est indispensable si on veut pratiquer le vélo au quotidien.Nos enfants, quel que soit leur âge, ont des vélos légers et bien équipés. Pour qu'ils aiment se déplacer ainsi, il faut qu'ils prennent du plaisir sur de bons et beaux vélos, parfaitement adaptés à leur taille."
Des élèves de Bossière vont à l'école en vélobusApprendre à lâcher prise
Côté sécurité, le déplacement entre le domicile et l'école de Vedrin est celui de tous les dangers. Non seulement il y a cette "côte de dingue" de Nola, mais aussi deux ronds-points et de nombreuses priorités de droite. C'est un axe principal de Vedrin avec beaucoup de trafic aux heures de pointe. Donc, se déplacer à vélo ne s'improvise pas.
"Je n'ai jamais peur car j'ai confiance en mes enfants. Avec Pauline, on les a formés pour qu'ils roulent en respectant le code de la route. Chaque scénario en arrivant dans un carrefour ou un rond-point a été testé avec eux à plusieurs reprises, pour qu'ils aient les bons gestes au bon moment poursuit Jehan. Quand je m'arrête, par exemple, ils savent qu'ils doivent se placer à ma droite. C'est devenu un réflexe. Le plus difficile est de leur apprendre comment tourner à gauche en prenant bien leur place sur la route."
Imaginent-ils parfois le pire ? "Les voitures représenteront toujours un danger, même quand ils seront ados. Alors autant prendre les bonnes habitudes le plus tôt possible. J'essaie de lâcher prise et de me dire que plus tu roules à vélo, plus il y aura un impact sur la circulation et plus les cyclistes se trouveront en sécurité."
A partir de 10 ans
À partir de 10-11 ans, l'enfant a acquis les capacités motrices et cognitives (capacités de concentration, perceptions visio-spaciales, etc.) qui lui permettent de maîtriser son vélo, d'anticiper et d'évaluer la vitesse des autres véhicules, par exemple. Compétences qu'il doit combiner pour pouvoir prétendre rouler seul à vélo. Selon Pro Velo, sur le chemin du retour, 31,6 % des élèves de 5e et 6e reviennent de façon autonome vers leur domicile. Seulement 18 % des élèves se déplacent de façon autonome vers l'école le matin. En effet, le chemin du retour offre aux élèves un cadre qui est "libéré" de la contrainte horaire de l'école et permet donc d'adopter un trajet "moins direct" mais qui privilégie le passage par des voies apaisées et sécurisées.
Le bon moment
Le vélo a le vent en poupe, mais il est encore peu utilisé par une catégorie de la population : les enfants. Une étude (sur Bruxelles) montre que 52 % des élèves préfèrent le vélo pour se rendre à l'école (27 % pour la voiture, 11 % les transports en commun et 10 % la marche). Et 85 % des parents estiment que le vélo est un mode de transport efficace pour un trajet d'1 à 5 km !
Mais quand opérer le changement ?
- Lors d'un déménagement, changement de lieux de travail ou d'école qui s'accompagne d'une réflexion sur la mobilité de la famille.
- Passage à l'école secondaire : un passage "symbolique" vers plus d'autonomie de l'enfant.
- Après que votre enfant ait suivi la formation "Brevet du Cycliste ®" de Pro Velo : l'occasion de lui proposer d'aller à l'école à vélo avec vous.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.