Cloud Temple prend la tête d'un consortium dédié au cloud de confiance - Le Monde Informatique
Soutenu par France 2030 à hauteur de 20 M€, le consortium piloté par Cloud Temple doit développer des services de cloud et d'IA de confiance pour les données sensibles.
Cloud Temple passe à l’offensive sur le cloud de confiance. L’entreprise s’allie à Thales, Bull, Vates et au CEA pour développer une offre française de services cloud dans le cadre de l’appel à projets « Renforcement de l’offre de services cloud », opéré par Bpifrance pour le compte de l’État. Soutenu par France 2030 à hauteur de 20 M€, ce consortium mobilisera 47 M€ d’ici fin 2028, le complément étant financé par les partenaires industriels. Cette initiative vise à renforcer les alternatives françaises aux grandes plateformes internationales, en particulier pour les organisations qui doivent héberger des données sensibles et garder la maîtrise de leurs environnements informatiques. Les administrations et les entreprises soumises à des exigences élevées en matière de sécurité figurent parmi les premières concernées.
Pour Sébastien Lescop, directeur général de Cloud Temple, l’enjeu est désormais de passer à l’échelle industrielle afin de faire émerger une offre européenne compétitive sur les usages les plus sensibles : « L’Europe dispose des compétences technologiques nécessaires. L’enjeu est désormais l’échelle. France 2030 nous permet d’accélérer une dynamique engagée et de consolider une capacité industrielle européenne sur le terrain où elle peut gagner : celui des usages critiques. »
Une chaîne technologique sous contrôle
Le consortium rassemble des compétences couvrant plusieurs couches de l’infrastructure numérique. Cloud Temple apporte son expertise de l’exploitation de services cloud sécurisés. Thales contribue à travers ses savoir-faire en cybersécurité et dans les systèmes critiques. Bull intervient sur les infrastructures de calcul, tandis que Vates apporte ses solutions logicielles, notamment dans le domaine de la virtualisation. Le CEA complète le dispositif avec ses capacités de recherche et développement.
Cette association vise à développer une offre cohérente, en maîtrisant davantage les composants technologiques qui sous-tendent les services cloud. Au-delà de l’hébergement des données en France ou en Europe, la question porte sur le contrôle des logiciels, des opérations d’administration et des mécanismes de sécurité. La maîtrise de cette chaîne est devenue un enjeu stratégique à mesure que le cloud s’impose dans les systèmes d’information des organisations. Elle doit aussi permettre de limiter les dépendances technologiques vis-à-vis de fournisseurs étrangers, tout en préservant les possibilités d’évolution et d’interopérabilité des infrastructures.
Le cloud de confiance à l’épreuve de l’IA
Le développement de l’IA renforce les besoins en infrastructures sécurisées. L’entraînement et l’exécution des modèles nécessitent des ressources de calcul importantes, mais aussi des garanties sur la confidentialité des données utilisées et sur les conditions d’exploitation des services. Pour les entreprises manipulant des informations sensibles, l’accès à des capacités d’IA dans un environnement maîtrisé représente un enjeu majeur. Le cloud de confiance doit ainsi permettre de concilier innovation, protection des données et exigences réglementaires.
Le projet associe donc des expertises complémentaires, depuis les infrastructures matérielles jusqu’aux couches logicielles et à la sécurité. Cette approche doit contribuer à faire émerger des solutions adaptées aux environnements critiques, dans lesquels la disponibilité des services et la maîtrise des risques sont aussi importantes que les performances.
France 2030 veut structurer une filière européenne
Le projet s’inscrit dans la stratégie nationale de soutien au cloud, qui associe développement industriel, innovation et souveraineté numérique. L’État cherche notamment à renforcer l’offre française et européenne de services cloud, dans un marché où les fournisseurs américains occupent une place prépondérante. La stratégie s’appuie entre autres sur le dispositif SecNumCloud de l’ANSSI, destiné à identifier les offres répondant à des exigences renforcées de sécurité et de protection des données. Pour les membres du consortium, le défi ne consiste pas uniquement à développer de nouvelles technologies. Il faudra également transformer ces travaux en services commercialisables, capables de répondre aux besoins des entreprises et du secteur public, à des conditions économiques compétitives.