Coupe du monde 2026: après la banderole sur les Malouines, la presse espagnole met la pression sur la Fifa avant la finale Espagne-Argentine

Coupe du monde 2026: après la banderole sur les Malouines, la presse espagnole met la pression sur la Fifa avant la finale Espagne-Argentine

La presse espagnole a multiplié ce jeudi les articles sur la banderole en référence aux Malouines brandie par des joueurs argentins après la qualification pour la finale de la Coupe du monde 2026.

Au lendemain de la leçon infligée par l’Espagne à la France (2-0), l’Argentine a décroché son billet pour la finale de la Coupe du monde 2026 au terme d’un scénario renversant contre l’Angleterre (2-1). Victorieuse après deux buts dans les derniers instants du match, l’Albiceleste a dignement célébré son succès mais les coéquipiers de Lionel Messi ont peut-être dépassé les bornes au moment de brandir une banderole en référence aux Malouines.

Interdite par la Fifa, l’évocation du territoire revendique par l’Angleterre et l’Argentine a provoqué la colère des Britanniques alors qu’en Espagne on verrait bien l’instance présidée par Gianni Infantino s’emparer du dossier. Depuis la fin de la seconde demi-finale du Mondial, la presse ibérique multiplie les articles pour rappeler que la Fifa interdit les messages politiques sur le terrain.

Les articles ne manquent pas en Espagne

En posant fièrement avec la banderole "Les Malouines sont argentines", notamment le trio composé de Giovanni Lo Celso, Cristian Romero et Lisandro Martinez, les protégés risquent une sanction comme l’a rappelé ce jeudi le quotidien As.

"L'Argentine a pris un risque avec la banderole ‘Malouines'", prévient le journal madrilène. "Le règlement de la Fifa interdit aux participants d'utiliser ou d'afficher le moindre message politique."

Même son de cloche du côté de Marca où on signale que l’Albiceleste s’expose à conséquences disciplinaires après ce geste hautement symbolique: "La Fifa a interdit les drapeaux à l'effigie des Malouines dans le stade en raison de leur signification politique."

"L'incident sera probablement signalé aux autorités."

Plusieurs précédents et des sanctions… variables

Dans différents articles y compris en Catalogne avec Sport ou Mundo Deportivo, les médias espagnols rappellent aussi volontiers que plusieurs sportifs ou sélections ont déjà été sanctionnés pour des faits similaires. L’Argentine, elle-même, avait écopé d’une amende d’environ 25.000 euros en marge d’un amical contre la Slovénie…déjà à cause d’une banderole avec la mention "Les Malouines sont argentines".

Sauf que cette fois, la presse espagnole n’oublie pas de préciser que le règlement de la Fifa prévoit potentiellement de sanctionner les joueurs auteurs d’un message politique par une exclusion… comme Park Jong-Woo en 2012. Après la victoire de la Corée du Sud contre le Japon lors du match pour la médaille de bronze aux JO de Londres, la Commission de discipline de la Fifa l’avait sanctionné de deux matchs de suspension a posteriori.

En 2018, les Suisses Granit Xhaka et Xherdan Shaqiri avaient célébré un but contre la Serbie en affichant leur soutien au Kosovo et à l’Albanie puis avaient écopé de sanctions financières. Du côté de l’Espagne aussi on n’est pas sans reproche puisque Rodri et Alvaro Morata avaient savouré leur titre à l’Euro 2024 en entonnant le chant "Gibraltar est espagnol". Les deux joueurs de la Roja avaient pris un match de suspension par l’UEFA. Une décision qui ne devrait pourtant pas faire jurisprudence du côté de la Fifa et pourrait ainsi permettre à l’Argentine de s’en tirer sans sanction sportive. Sauf si, bien sûr, l’entreprise de lobbying réalisée par la presse espagnol porte ses fruits.

JGL