Crise migratoire à Ceuta : CRS, drones et avions arrivent en renfort pour les contrôles aux frontières des Pyrénées-Orientales

Crise migratoire à Ceuta : CRS, drones et avions arrivent en renfort pour les contrôles aux frontières des Pyrénées-Orientales

Après l’afflux massif de migrants dans l’enclave espagnole, le dispositif de contrôles a été musclé dès ce vendredi 31 juillet 2026 sur toute la ligne frontalière entre l’Espagne et la France du département. Une manœuvre d’anticipation prévue sur au moins 15 jours et qui sera prolongée "autant que de besoin".

Cas de force majeure. Les répliques sur le terrain ne se sont pas fait attendre ce vendredi en pays catalan après l’arrivée massive en l’espace de deux jours de 50 000 à 60 000 migrants à Ceuta, l’enclave espagnole frontalière du Maroc. À peine le Président de la République Emmanuel Macron avait-il passé ses consignes à la mi-journée au ministre de l’Intérieur, que le même Laurent Nuñez annonçait dans la foulée le renforcement immédiat des contrôles au niveau de la frontière entre l’Espagne et la France. Et, quelques heures plus tard, à la demande expresse de Beauvau, le préfet des Pyrénées Orientales Pierre Regnault de la Mothe se postait aux côtés de Charlotte Nouet, chef du service interdépartemental de la police aux frontières, à la grande barrière de péage du Boulou, le point de passage pour l’Espagne le plus important d’Europe, afin de présenter le nouveau dispositif mis en place sur le département.

Depuis 2015 et le raffermissement des contrôles aux frontières intérieures par dérogation de l’espace Shengen, 50 fonctionnaires issus de la direction de la police de Perpignan et 60 CRS sont déjà mobilisés au quotidien pour mener ces opérations de vérifications. À ces 110 personnels, soutenus par les services de douanes et de gendarmerie, viennent désormais en appui 60 CRS supplémentaires de Carcassonne et de Lannemezan. Mais également des drones ainsi que des avions, qui arriveront sur zone ce samedi, pour assurer une surveillance depuis les airs.

Ces moyens humains et matériels ne seront pas concentrés sur le seul péage du Boulou mais seront déployés sur toute la ligne frontalière et tous les points d’accès. À Cerbère (où le poste de police est ouvert H24 depuis mi-mai), sur des voies moins passantes en montagne, sur le col des Balistres, le col de Banyuls, le col de Coustouges, le col d’Ares, et en Cerdagne aussi… Où les patrouilles aériennes s’attacheront à repérer les mouvements irréguliers et toutes tentatives de contournements du quadrillage. L’organisation sera maintenue au moins durant dix jours et sera prolongée "autant que de besoin."

"Nous sommes prêts à faire face à cette situation éventuelle"

Une force à la fois de dissuasion et d’anticipation "même s’il n’y a pas à cette heure d’impact migratoire pour l’Europe et la France", précise le préfet. Selon le gouvernement espagnol, 48 000 migrants étaient repartis d’eux-mêmes ou avaient été expulsés de Ceuta ce vendredi soir. "Les migrants concernés ne sont pas remontés en Espagne. Mais le message très clair est que nous n’avons aucun laxisme, et qu’il y a un dispositif solide qui empêche les flux migratoires irréguliers d’arriver jusqu’en France. Nous sommes prêts. Prêts à faire face à cette situation éventuelle. Et nous travaillons en très étroite coordination avec nos amis espagnols pour organiser les choses de la manière la plus fluide possible."

L’autre défi de taille sera aussi la fluidité mais du trafic cette fois en cette période estivale et d’afflux de vacanciers (avec des pointes jusqu’à 3 000 véhicules par heure au péage du Boulou), notamment en ce week-end de chassé-croisé. "Nous aurons à cœur de trouver cet équilibre entre le contrôle qui doit être réalisé et qui doit être crédible, robuste et efficace, et la circulation qui doit être garantie. Donc nous veillerons par un ajustement permanent à ne pas laisser s’enkyster des perturbations de circulation trop gênantes", rassure le préfet. "On fera des contrôles aléatoires. Ce ne sera pas du 100 %" termine Charlotte Nouet. Une mission difficile mais une équation, dit-elle, "pas impossible."