CrossFit Heritage : physique ou mental, qu'est-ce qui fait vraiment la différence ?
"C'est les deux. Mais c'est d'abord mental ", résument Michaël et Gérome, fondateurs de la salle CrossFit Heritage. Une réponse qui dit beaucoup de la philosophie de cette discipline. Le physique est évidemment indispensable, mais il ne serait finalement que la conséquence d'une première décision : celle de se mettre en mouvement.
Le premier muscle à entraîner, c'est la tête
Dans le CrossFit, la difficulté ne commence pas nécessairement lorsque l'entraînement démarre. Elle peut apparaître bien avant, au moment où il faut enfiler ses baskets après une longue journée, franchir la porte de la salle et accepter de se confronter à un effort parfois inconfortable.
" Il y a la démarche de venir, la démarche de s'entraîner et la démarche de finir son entraînement jusqu'au bout ".

C'est là que le mental prend toute son importance. La motivation, la capacité à accepter la difficulté et surtout le dépassement de soi deviennent des éléments aussi importants que la condition physique. Car même lorsque le corps n'est pas au meilleur de sa forme, l'entraînement peut être adapté.
Et c'est précisément l'une des particularités du CrossFit : l'effort n'est pas nécessairement identique pour tout le monde. Les mouvements, les charges ou le nombre de répétitions peuvent être ajustés en fonction du niveau et de l'état du jour.
"Même si le physique n'est pas au rendez-vous aujourd'hui, on adapte. Si le mental est présent, l'entraînement sera effectué malgré que le physique ne suive pas aujourd'hui. "
Quand la tête entraîne le corps
Cette relation entre mental et physique fonctionne dans les deux sens, mais pas forcément à parts égales. Le mental aurait même tendance à donner l'impulsion.
L'idée est simple : lorsque la tête décide d'avancer, le corps peut souvent suivre. À l'inverse, une bonne condition physique ne garantit pas nécessairement l'envie ou la capacité mentale d'aller chercher cette répétition supplémentaire.

"Le mental influence le physique peut-être plus que le physique influence le mental ", résument Michaël et Gérome, fondateurs de la salle CrossFit Heritage.
Cela ne signifie évidemment pas que le corps devient secondaire. La force, l'endurance, la mobilité ou la technique restent essentielles pour progresser et surtout pour pratiquer dans de bonnes conditions. Mais le physique et le mental évoluent ensemble. L'un nourrit l'autre.
La force du collectif
Et puis, il y a un élément qui change considérablement la donne : les autres.
Le CrossFit se pratique rarement comme un simple tête-à-tête entre soi et son chronomètre. L'émulation du groupe joue un rôle important dans la motivation. On vient parfois s'entraîner parce que l'on sait que quelqu'un nous attend.
"Je n'ai pas envie d'aller m'entraîner, mais je sais qu'il y a telle ou telle personne qui vient. Du coup, ça me motive pour venir"
Cette dynamique se poursuit pendant le WOD. Lorsque la fatigue arrive et que l'envie de faire une répétition supplémentaire disparaît, le groupe peut devenir ce petit moteur extérieur qui permet de repousser ses limites.
Pas question pour autant de transformer chaque séance en compétition. Il s'agit plutôt d'une forme d'énergie collective : chacun travaille à son niveau, mais tout le monde participe à créer une atmosphère qui pousse à ne pas abandonner.

La réponse est finalement moins binaire qu'il n'y paraît. Le CrossFit est une discipline physique qui exige un engagement mental. Et plus on progresse, plus cette interaction devient évidente.
Le physique permet de réaliser le mouvement. Le mental permet parfois de décider de faire une répétition de plus. Le corps fixe certaines limites, tandis que la tête apprend à les repousser, ou à les accepter lorsqu'il faut adapter l'effort.
Au fond, le véritable entraînement ne se déroule donc pas uniquement sous les barres ou sur les rameurs. Il commence avant même de franchir la porte de la box.