Cyberattaque contre le fisc : 700 000 Français concernés, cellule interministérielle... comment le gouvernement tente de faire face à la crise

Cyberattaque contre le fisc : 700 000 Français concernés, cellule interministérielle... comment le gouvernement tente de faire face à la crise

l'essentiel Après le piratage massif des données de 678 000 contribuables, l'exécutif réunit ce lundi une cellule de crise. Alors que la campagne d'information des victimes débute, le gouvernement fait face à de violentes critiques sur son retard de réaction.

L'exécutif ne parvient pas à se dépêtrer de la crise majeure provoquée par l'intrusion informatique sans précédent survenue au cœur de l'administration fiscale. Face à l'urgence et à la menace pesant sur les données personnelles de centaines de milliers de Français, le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué, ce lundi 17 août, une cellule interministérielle de crise (CIC), qu'il présidera en visioconférence sécurisée depuis la Gironde. L'objectif prioritaire de cette réunion au sommet est d'orchestrer la vaste campagne d'information destinée aux 678 000 particuliers et entreprises victimes de cette fuite massive.

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Reconnu vendredi par la Direction générale des finances publiques (DGFiP), le piratage a permis à des cybercriminels de s'introduire dans les systèmes de l'État pour y extraire des informations confidentielles telles que des adresses, des numéros de téléphone, mais aussi des revenus fiscaux ou des taux de prélèvement à la source. Dès lundi, chaque usager concerné doit être contacté individuellement afin de connaître le détail des données exposées et les consignes de vigilance à adopter.

Un temps de réaction vivement fustigé

Au-delà de la faille technique, c'est le retard de réaction de Bercy qui suscite une vive indignation. Détectée dès juin après l'usurpation du compte d'un agent, l'intrusion semblait pourtant maîtrisée selon la DGFiP. Mais en réalité, le pirate – dissimulé sous le pseudonyme "ZeroBytes" – s'est emparé de volumes massifs de données sans éveiller l'attention, avant de les mettre en vente sur le dark web le 12 août.

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Il aura fallu attendre cette revendication publique et la pression médiatique pour que l'administration informe officiellement les usagers et saisisse la CNIL. Une chronologie dénoncée par le syndicat Solidaires Finances Publiques ainsi que par le sénateur socialiste Thierry Cozic, qui s'insurge contre ces deux mois de silence et pointe la "passoire numérique qu'est devenue la France".

Enquête judiciaire et riposte politique

Visée par un dépôt de plainte, cette cyberattaque fait l'objet d'une enquête judiciaire ouverte par le parquet de Paris pour "extraction frauduleuse de données". Réaffirmant sa doctrine – "détecter, interrompre, poursuivre, informer, renforcer" – le gouvernement entend profiter de cette CIC pour faire le point sur le plan de sécurisation des administrations lancé au printemps dernier.

Mais la riposte politique s'intensifie. Les sénateurs socialistes réclament une commission d'enquête parlementaire. De son côté, la droite s'est engouffrée dans la brèche : rappelant que la France figure au deuxième rang mondial des pays ciblés, Bruno Retailleau a plaidé pour un "Plan Vauban" afin de bâtir une forteresse numérique.