Dans l’affaire Le Scouarnec, une information judiciaire ouverte pour 10 nouveaux viols et 40 agressions sexuelles
France 19/08/2026 19:56 Actualisé le 19/08/2026 20:08
Lors de son procès en mai 2025, l’existence de nouvelles infractions « est apparue ou a été confirmée » et le parquet a reçu « des plaintes complémentaires ».
Par Maïwenn Furic avec AFP

BENOIT PEYRUCQ / AFP
Croquis réalisé le 5 mars 2025 montre l’avocat Maxime Tessier et l’ex-chirurgien Joël Le Scouarnec lors du procès de ce dernier, accusé d’avoir agressé ou violé 299 patientes, au tribunal correctionnel de Vannes.
Une information judiciaire a été ouverte pour 40 nouvelles agressions sexuelles et 10 viols contre Joël Le Scouarnec, ex-chirurgien condamné en mai 2025 pour près de 300 viols et agressions sexuelles.
Lors de son procès, « l’existence de nouvelles infractions est apparue ou a été confirmée » et le parquet a reçu « des plaintes complémentaires », a indiqué la procureure de Lorient, Laetitia Mirande, dans un communiqué ce mercredi 19 août. Il ajoute que le parquet « a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire en mai 2025. À l’issue de ces nouvelles investigations, ce parquet a décidé de saisir un juge d’instruction. »
Une information judiciaire a été ouverte pour « 40 faits d’agressions sexuelles » et « 10 faits de viols », dans les deux cas « sur mineur de 15 ans ou par personne usant de l’autorité que lui confère sa fonction », selon le communiqué. « Les faits retenus, non prescrits, datent de 1987 à 2017 » et « concernent 48 victimes », a précisé la procureure.
Joël Le Scouarnec, 75 ans, a été condamné fin mai 2025 à la peine maximale de 20 ans de réclusion par la cour criminelle du Morbihan pour des viols et agressions sexuelles de 1989 à 2014 sur près de 300 victimes, la plupart des patients mineurs et en « état d’endormissement » au moment des faits.
Déjà condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion
Au cours de son procès à Vannes, l’ex-chirurgien avait également avoué devant son fils aîné avoir commis des « abus sexuels » sur la fille de ce dernier, quand elle était âgée d’environ deux ans.
L’arrestation de Joël Le Scouarnec en 2017 après une plainte pour viol sur une très jeune voisine de six ans à Jonzac (Charente-Maritime) avait permis la découverte dans ses ordinateurs de ses journaux intimes, listant ses nombreuses victimes. Les avocats de Joël Le Scouarnec n’ont pas répondu à l’AFP dans l’immédiat.
« On sait que cette affaire est une sorte de puits sans fond », a réagi auprès de l’AFP Manon Lemoine, porte-parole du collectif des victimes de Joël Le Scouarnec. « La justice continue à notre sens de maltraiter les victimes » en n’ayant pas alerté leurs avocats de ces nouveaux éléments avant de communiquer par voie de presse, a-t-elle poursuivi.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin rencontrera vendredi à Vannes des victimes de Joël Le Scouarnec, a fait savoir Manon Lemoine. « Cela fait un an qu’on demande à le rencontrer », alors que le collectif a déjà rencontré plusieurs ministres et parlementaires, « pour travailler concrètement sur les défaillances et sur ce qui doit changer ».