DÉCRYPTAGE. Après un été caniculaire, doit-on s'attendre à des intempéries extrêmes en automne ? Une météorologue n'exclut pas de "grosses dégradations orageuses"
l'essentiel Après les chaleurs extrêmes qu'a connues la France depuis juin, l'automne ne s'annonce pas de tout repos. En effet, cet été caniculaire laisse craindre la formation d'orages et de tempêtes dans les semaines qui suivent, favorisée par l'humidité et les températures élevées.
Après un été caniculaire, nombreux sont ceux qui craignent un automne marqué par la multiplication des intempéries. En cause : les chaleurs extrêmes qui ont fait chauffer la mer et l'océan, fournissant ainsi le carburant idéal pour la formation d'orages et de tempêtes. Les pluies diluviennes qui se sont abattues à plusieurs reprises sur le territoire français ces derniers jours donnent un avant-goût de ce à quoi pourraient ressembler les prochaines semaines.
À lire aussi : Orages : "Des phénomènes tourbillonnaires sont possibles"... La vigilance orange étendue à 39 départements dont le Lot et l'Aveyron
Le mécanisme est d'ailleurs connu et documenté. Lorsque la température de l'eau augmente d'à peine un degré, l'humidité bondit quant à elle de 7 % et favorise les orages violents, rapporte TF1. Or, cet été, la température de l'Atlantique a été enregistrée 1,4 degré au-dessus des normales. En Méditerranée, la situation est encore plus préoccupante, avec une mesure supérieure de 2 degrés aux relevés habituels à la même période. "Les vagues de chaleur peuvent se terminer par des grosses dégradations orageuses", affirme Christelle Robert, prévisionniste chez Météo-France. Avant d'ajouter : "L'air chaud et humide, c'est l'ingrédient principal à l'origine des perturbations atmosphériques". La spécialiste précise que les vagues de chaleur ne donnent pas systématiquement lieu à des orages très violents, mais entraînent donc généralement de fortes averses à caractère orageux.
À lire aussi : Orages : pluies diluviennes, rafales violentes, arbres tombés et grêlons de 8 cm... Les images impressionnantes de l'épisode qui a traversé une partie de la France
Le risque d'intempéries extrêmes est bien réel
En effet, durant les périodes de forte chaleur, le soleil chauffe la surface de la Terre. Cette chaleur est ensuite transférée à l’air, dont la température augmente. L’air chaud commence alors à s’élever dans l’atmosphère, indique Météo-France. Si l’air environnant est humide, l’eau qu’il contient se transforme en vapeur. Celle-ci s'élève également avec cet air chaud. En montant, cette vapeur d’eau refroidit et se condense. Elle forme alors des gouttelettes d’eau ou des cristaux de glace, et crée un nuage. Réunies à grande échelle, ces conditions peuvent conduire à la formation d’un cumulonimbus, associé aux orages.
À lire aussi : Orages : "Gros comme des balles de ping-pong", la grêle est violemment tombée au cœur de la nuit sur le Villeneuvois et le Fumélois
Le risque d'épisodes météorologiques extrêmes cet automne est donc bel et bien présent. La chaleur et l'humidité, favorisées par la canicule, peuvent donner suffisamment d'énergie à l'atmosphère pour engendrer des dégradations orageuses extrêmes. Dans l'immédiat, Christelle Robert précise toutefois que les orages vont "se calmer". Elle prévoit "quelques coups de tonnerre" mais indique que "l'axe orageux s’évacue vers l’est". Si plusieurs perturbations sont donc encore annoncées dans le sud ou sur les littoraux la semaine prochaine, elles ne seront pas aussi intenses que celles qui ont touché le territoire il y a quelques jours.