DECRYPTAGE. Guerre au Moyen-Orient : bombardements américains, ripostes iraniennes dans le Golfe, Ormuz verrouillé... On vous résume une situation qui semble sans issue
l'essentiel
L’escalade militaire entre les États-Unis et l’Iran s’intensifie au Moyen-Orient malgré un protocole d'accord de paix signé il y a un mois entre les deux pays. Bombardements américains, ripostes de Téhéran qui cible ses voisins et situation très tendue dans le détroit d'Ormuz : la situation actuelle semble inextricable et pourrait conduire Donald Trump à lancer une offensive terrestre.
L'encre du protocole de paix signé le 17 juin n'a pas eu le temps de sécher. Un mois après avoir signé le document avec Washington, et alors que l'armée américaine a repris ses bombardements sur le pays depuis le 7 juillet, Téhéran a estimé ce lundi 20 juillet faire désormais face à "une guerre totale" menée par les États-Unis. Et que, par conséquent, les Iraniens devaient "accepter les conséquences naturelles de cette résistance", selon les mots du président Massoud Pezeshkian.
Depuis presque deux semaines, l'armée américaine a repris les hostilités au Moyen-Orient, en réponse à des "attaques iraniennes contre trois navires qui traversaient le détroit d'Ormuz", avait alors fait valoir le commandement de la première puissance militaire mondiale (Centcom).
U.S. Central Command forces have begun launching a series of powerful strikes against Iran to impose heavy costs for targeting and attacking commercial shipping crewed by innocent civilians in an international waterway. The U.S. strikes are in response to Iranian attacks on three…
— U.S. Central Command (@CENTCOM) July 7, 2026
"Factuellement, c'est vrai que les Iraniens s'en sont pris à des bateaux, abonde Didier Billion, directeur adjoint de l'IRIS et spécialiste du Moyen-Orient. La réaction quasi immédiate des États-Unis suggère qu'ils cherchaient un prétexte pour reprendre leurs opérations militaires." Soit le début d'une nouvelle escalade dans la région.
Un appareil diplomatique qui reste "actif", selon Téhéran
Dans la nuit de dimanche à lundi, le Centcom a ainsi annoncé mener des frappes contre le territoire iranien pour la neuvième nuit de suite. Depuis une semaine, les bombardements ne concernent plus uniquement les régions du sud du pays et s'étendent vers le centre et le nord-ouest de l'Iran où Washington affirme cibler des sites militaires. Aussi, des frappes ont été menées ce lundi sur la ville de Bouchehr, où se trouve la seule centrale nucléaire du pays en fonctionnement. La veille, dimanche, c'est la centrale en construction de Darkhovin qui avait été visée.
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En représailles, les Gardiens de la Révolution ne cessent de multiplier les attaques aériennes à l'encontre des pays du Golfe hébergeant des bases, radars et avions américains dans la région. Trois soldats de l'armée des Etats-Unis ont été tués : deux vendredi en Jordanie, alors qu'un militaire a également perdu la vie lors de la destruction contrôlée de munitions non explosées provenant d’un drone iranien abattu dans le nord de l’Irak. Donald Trump a ainsi affirmé dimanche soir que les États-Unis frappaient "très durement" l'Iran pour venger la mort de "trois grands patriotes".
En parallèle, le Koweït – où une centrale électrique et de dessalement d'eau a notamment été frappée selon les autorités locales – et Bahreïn sont particulièrement ciblés par Téhéran. Malgré l'escalade, "l'appareil diplomatique a été actif ces derniers jours", fait cependant valoir le porte-parole de la diplomatie iranienne ce lundi, assurant que les échanges avec la Maison-Blanche, via les pays médiateurs, se poursuivaient.
Vers une offensive terrestre ?
Mais, dans le même temps, le régime iranien n'entend pas relâcher sa pression sur Ormuz. Quatre navires ont notamment été "immobilisés" ce dimanche par les Gardiens de la Révolution, qui ont également annoncé hier avoir arrêté deux pétroliers ayant "explosé" en voulant franchir le détroit ce lundi.
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De quoi irriter au plus haut point l'administration américaine, qui, par l'intermédiaire du secrétaire d'État Marco Rubio ce dimanche, a exhorté la communauté internationale à s'engager aux côtés des États-Unis pour sécuriser le transport maritime dans la région. Outre le blocus des ports iraniens, d'autres options sont à l'étude à Washington : selon le Wall Street Journal, le déploiement de troupes au sol en Iran est envisagé par la Maison Blanche pour faire plier le régime sur le dossier d'Ormuz.