Le président de la FIFA Gianni Infantino accusé de favoritisme

Le président de la FIFA Gianni Infantino accusé de favoritisme

Gianni Infantino fait l'objet d'accusations de favoritisme d'une femme qui aurait été sa maîtresse, du temps où il était à l'UEFA, selon un article du Telegraph. Le président de la FIFA est fortement contesté depuis le retrait de son projet d'ouverture à des investissements privés fin juillet.

L'affaire remonte au passage de Gianni Infantino à l'UEFA, dont il a été secrétaire général entre 2009 et 2016. Selon l'enquête du quotidien britannique Telegraph, il aurait entretenu une liaison avec une employée de l'organisation. Celle-ci aurait ensuite été promue à un poste de direction, assorti d'une importante augmentation de salaire.

>> Le sujet du 19h30 :

L'UEFA aurait payé la maîtresse présumée de Gianni Infantino

L'UEFA aurait payé la maîtresse présumée de Gianni Infantino / 19h30 / 1 min. / aujourd'hui à 19:30

Antoine Grynbaum, spécialiste de la FIFA et de l'UEFA et coauteur d'une enquête sur Gianni Infantino publiée dans "So Foot", précise dans l'émission Forum de la RTS qu'il s'agissait de son assistante personnelle. "Je vous le dis, tout le monde connaît cette histoire-là dans l'écosystème du football européen à l'UEFA".

Cette ascension rapide aurait suscité des interrogations en interne. Selon plusieurs sources citées par le "Telegraph", Michel Platini, alors président de l'UEFA, aurait finalement posé un ultimatum à son secrétaire général. La collaboratrice aurait quitté l'organisation en bénéficiant d'une indemnité de départ à six chiffres.

>> A lire : La Fédération norvégienne réclame le départ de Gianni Infantino

L'UEFA confirme le versement d'une indemnité

L'UEFA confirme qu'une indemnité a bien été versée, sans valider les autres éléments de l'enquête. "Ce versement était conforme à la réglementation en vigueur à l'époque concernant le personnel quittant l'entreprise", indique l'organisation. Interrogée par l'agence allemande Sport-Informations-Diens (SID), l'UEFA ajoute que ces règles ont été durcies depuis 2016.

Cité par le Telegraph, un porte-parole de la FIFA a affirmé que Gianni Infantino réfutait "fermement ces allégations", "catégoriquement fausses". "Toute insinuation de conduite inappropriée ou de violation de statuts ou de règlements est diffamatoire", et "aucun employé de l'UEFA et de la FIFA n'a jamais déposé de plainte concernant le comportement de M. Infantino, car il n'y a jamais eu d'incident impliquant ce dernier", a assuré la FIFA.

>> Les explications de Forum avec l'interview d'Antoine Grynbaum :

Le Ministère public fribourgeois ouvre une procédure pénale contre Gianni Infantino. [Keystone - Martin Meissner - AP Photo]Keystone - Martin Meissner - AP Photo

Un nouveau scandale ébranle Gianni Infantino: interview d’Antoine Grynbaum / Forum / 5 min. / aujourd'hui à 18:03

Un président déjà fragilisé

Le Haut-Valaisan de 56 ans, candidat à sa succession en mars prochain, est déjà embourbé dans une crise depuis la divulgation fin juillet de son projet controversé, et finalement abandonné, d'ouverture de la FIFA à des investisseurs privés.

Gianni Infantino tente de consolider ses soutiens au sein des 211 fédérations membres de la FIFA. Plusieurs fédérations sud-américaines lui ont récemment apporté leur appui, tout comme la Confédération africaine de football et ses 54 membres.

En Europe, la contestation reste en revanche forte. La Fédération norvégienne de football a explicitement réclamé vendredi la démission du président de la FIFA. L'UEFA maintient par ailleurs, la possibilité d'un boycott de la Coupe du monde, dans le contexte de la polémique liée au projet avorté de vente de parts commerciales du Mondial.

Antoine Grynbaum décrit un président de plus en plus isolé au sein des instances: "Tout le monde le lâche. Son numéro deux l'a lâché, son numéro trois l'a lâché." Selon le spécialiste, plusieurs pays et confédérations se mobilisent contre Gianni Infantino.

>> A lire également : Des cadres de la FIFA prennent leurs distances avec Gianni Infantino

Il estime également que le moment choisi pour faire émerger cette ancienne affaire n'est pas anodin, après la polémique autour du projet de privatisation de la Coupe du monde. "Certains ont intérêt à faire fuiter ce genre d'informations et c'est le bon moment", analyse-t-il.

Infantino ne répond pas sur la crise

Présent vendredi en Colombie pour l'investiture du président Abelardo de la Espriella, Gianni Infantino a préféré afficher son rôle de rassembleur. "Le football est joie, le football est bonheur, le football est unité", a-t-il déclaré. Interrogé par un journaliste pour savoir s'il considérait les problèmes internes à la FIFA comme terminés, le Haut-Valaisan n'a pas répondu, rapporte SID.

Sujet TV: Loïc Delacour

Adaptation web: Raphaël Dubois avec SID et ATS