Des centaines de personnes pour le cortège funèbre en hommage aux oiseaux des Marais d'Harchies : "Ce n'est plus une chasse, c'est un massacre"
La manifestation englobant une marche vers les Marais d'Harchies pour protester contre le massacre annuel de 500 oiseaux lors de l'ouverture de la chasse au gibier d'eau en France a rassemblé plusieurs centaines de personnes au départ du Centre Omnisports de Bernissart ce vendredi.
Huit associations belges et françaises de protection de la nature étaient à la manœuvre. Leur objectif était de marquer symboliquement le coup en organisant un cortège funèbre.
Le Préfet du Nord a adopté son arrêté sur la chasse 2026-2027 sans faire droit à la demande principale des associations, à savoir d'interdire tout acte de chasse à moins de 1500 mètres des Marais.
200 coups de fusil dès 6 h
"Ce n'est plus une chasse, c'est un massacre. Le but était de dénoncer ce massacre organisé par les chasseurs en France, souligne Alain Malengreau, volontaire chez Natagora. Ces oiseaux qui se reposent en journée sur les Marais d'Harchies vont se nourrir à la nuit tombée côté français. L'ouverture de la chasse au gibier d'eau en plaine a lieu en France le 21 août à 6 h du matin. Ce vendredi matin, nous avons déjà recensé près de 200 coups de fusil à 6 h. C'est une aberration. Rappelons que les oiseaux, eux, ne connaissent pas les frontières."
Guillaume Denonne, animateur et formateur au CRIE d'Harchies, est témoin lui aussi de cette problématique qui survient chaque année. "On vit ça tous les ans. Je suis très régulièrement dans les marais. L'été dernier, le soir de l'ouverture de la chasse, je faisais justement un bivouac dans un bois pas loin d'ici avec un groupe d'ados. C'était la clôture d'un stage. Un peu avant la tombée du jour, on préparait le repas et on entendait des tirs incessants et nous avons même eu une petite inquiétude, assure-t-il. Quand on repasse ensuite dans les marais, on voit directement après le premier jour de chasse qu'il y a moins de canards et d'oiseaux en général."
Le phénomène pointé du doigt qui a lieu à la frontière franco-belge décime globalement, les associations ne cessent de le répéter, plus de 500 oiseaux le jour de l'ouverture de la chasse.
Pendant la marche silencieuse le long de la frontière française, qui n'a pas été traversée pour éviter toute confrontation, les portraits de 500 canards ont été déposés symboliquement au pied d'une stèle en hommage aux oiseaux tués. Pour les associations, "ça suffit !"

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